‹ Claudie drame en trois actesChapitre 31 sur 37 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

IIKMY, CLAUDIE. (lit redescendent le théâtre. Claudie est morne et absorbée.) claudie. Mon père, pourquoi est-ce que vous m'avez ramenée ici?

*ÉMY. Eh bien, tna fille, est-ce que ce

CLAUDIE

n'était pas aussi ton idée? Est-ce que j’ai' jamais eu une autre idée que la tienne?

claudie. Mais ce n’était point mon idée, cher père ! Et c’est tout b fait malgré moi que vous avez cédé b madame Rose.

RfeMY. Tu étais malade !

claudie. Je ne suis pas malade. D’ailleurs nous serions rendus chez nous b cette heure.

Qu’cst-ce que nous venons faire ici, mon Dieu f ce n’est point notre place!

RfeMY, la regardant. Que veux-tu? madame Rose est si bonue ! elle criait, elle pleurait ! fallait- il résister b son bon cœur? j’ai cm que tu serais bien aise de lui pardonner et de revoir la mère Fauveau qui t’aime tant.

claudie. Je pardonue à tout le monde, mais je ne voulais pas revenir. El vous ne m'écoutiez pasl

RfeJtfY. Ne me gronde pas, Claudie. Que veux-tu? à mon âge, et quand on sort tout d’un coup d'une maladie, on retombe, on perd son courage I

claudie. Non, grâce au bon Dieu, vous êtes guéri comme par miracle ! ( Le regardant à son tour.) Vous avez l'air tranquille et fort, et tout reverdi! mon cher père! allonsnous-en l

RfeMY. Je ne me sens point de mal, mais je suis las, bien las, ma fille ! (Il s’assied à gauche et dépote son bâton et son chapeau sur la table.)

CLAUDIE, s’agenouillant devant lui. C’est vrai, mon Dieu, vous devez l'être ! Ah I mon pauvre père! je suis la cause qu’on vous tue 1

RfeMY. Eh bien, est-ce que je me plains!

de quelque chose ? Pourquoi me dis-tu ça ?

Est-ce que je t’ai jamais fait un reproche, moi?

claudie. Oh ! vous I vous êtes te bon Dieu, pour moi !

RfeMY. Je uc suis pas le bon Dieu, Claudie !

Je suis un pauvre homme que le malheur a tordu comme un brin de paille ; mais h qui, tout de même. Dieu a envoyé un grand secours en lui donnant uuc fille comme toi!

claudie, sombre. Une fille qni l’a déshonoré I

RfeMY, te levant aveceile. Fais-toi, Claudie, tu n’as point le droit d'accuser et de maudire la fille que j’aime ! Ta faute n'a perdu que toi, et mon devoir est de te la faire oublier. Le sauveur des pauvres humains a pris la brebis égarée sur ses épaules, et ce que le bon pasteur a fait pour son ouailic, un père ne le ferait pas pour sa fille? Tu as eu assez de repentir, tu as assez souffert, assez pleuré, assez travaillé, assez expié, ma pauvre Claudio. D’ailleurs notre péché est le même, nous avons eu trop de confiance, nous n’avons pas connu les mauvais cœurs. Nous en avons été assez punis, puisque nous avons perdu notre pauvre petit ! Tu n’as donc plus que moi, comme je n'ai plos qne toi sur la terre! Et nous ne , nous aimerions pas ! Va, il y a assez longtemps que tu le déchires le cœur, je veux que tu te pardouncs à toi-même. Entends-tu, Claudie, c'est ma volonté. [Sur la fin de ce récit, Rémy a défait Us cordons de la cape de Claudie et ' lui fait signe de la mettre sur une chaise à droite, Claudie obéit . )

claudie. Mon père, je n’aime que vous, je n’aime que vous au monde !

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