LA MÈRE FAUVEAU, FAUVEAU
LA MÈRE FAUVEAU, à Fauveau qui s'est assis adroite. Lui tapant
sur l'épaule.
Qu'est-ce que c'est donc que toutes ces questions-là que vous me poussiez devant la bourgeoise ?
FAUVEAU, se levant et se tâtant le front.
Femme! j'ai une idée!,..
LA MÈRE FAUVEAU
Tant pis ! tu en as toujours trop, et ça te dérange de ton chemin plus que ça ne t'y avance.
FAUVEAU
Tais-toi, femme, tu n'entends rien aux affaires... Qu'est-ce que ta dirais si je faisais marier notre garçon avec notre maîtresse ?
LA MÈRE FAUVEAU
ïe voilà encore dans tes foUetés ! innocent, va !
FAUVEAU
Je te dis que j'y abotterai ! (imitant sa femme qui remue la
tête.) Faut pas dodeliner de la tête ! La bourgeoise en tient et elle en veut !
LA MÈRE FAUVEAU
Non , mon homme , vous songez I La bourgeoise verra bien vite que Sylvain ne veut point d'elle.
11 ne veut point d'elle ! ma fine , il est bien dégoûté !
LA MÈRE FAUVEAU
La bourgeoise est jolie, avenante et brave femme s'il en fut» Mais elle a fait un peu parler d'elle, entre nous soit dit.
FAUVEAU
Bah ! des bêtises !
LA MÈRE FAUVEAU
Des bêtises si vous voulez ; mais vous connaissez l'humeur de Sylvain. Il a ses idées, il ne veut point entendre causer sur la femme qu'il regarde , et si on dit un mot de travers , il tourne sa vue d'un autre côté. Il est plus fier là-dessus que porté sur l'argent. Faites attention à ce que je vous dis, mon vieux, et ne vous fourrez point dans des trigauderies qui ne nous profileraient point.
FAUVEAU, avec humeur.
Oh ! toi! tu ne crois jamais à rien ! tu me prends pour une bête!
LA MÈRE FAUVEAU
Non pas; mais pour un rêveux, un peu finassier, un