‹ ClaudieChapitre 30 sur 83 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

» pouvais parler! si tu pouvais dire combien il t'a fallu de » gouttes de notre sueur pour t'arroserl pour te lier l'an » passé, pour séparer ton grain de ta paille avec le fléau, » pour te préserver tout l'hiver, pour te remettre en terre » au* printemps, pour te faire un lit au tranchant de l'ar- » rau, pour te recouvrir, te fumer, te herser, t'héserber, » et enfin pour te moissonner et te lier encore, et pour te )) rapporter ici, où de nouvelles peines vont recommencer » pour ceux qui travaillent... (En s'exaltant.) Gerbe de blé ! » tu fais blanchir et tomber les cheveux, tu courbes les » reins, tu uses les genoux. Le pauvre monde travaille » quatre-vingts ans pour obtenir à titre de récompense » une gerbe qui lui servira peut-être d'oreiller pour

«mourir et rendre à Dieu sa pauvre âme fatiguée

» (A Ronciat, avec colère.) C'est qu'il y a des mauvais cœurs, » Denis Ronciat, il y a de mauvais cœurs ! Je ne dis ') que ça ! »

DENISj au cornemuseux.

Vingt sous, si tu fais brailler ta musette !

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