‹ ClaudieChapitre 4 sur 83 · FAUVEAU, ROSE · texte numérisé non relu

FAUVEAU, ROSE

FAUVEAU, assis à la table ; devant est une ardoise encadrée, et près de lui est une grande bourse en cuir. 11 est en train de compter de Targent. Il aperçoit la Grand'Rose qui entre du fond à gauche et qui se dirige vers son logement. — Étonné.

Ah ! c'était bien l'heure que vous arriviez, notre maîtresse.

ROSE^ sur les marches et se retournant.

Ah ! c'est toi, père Fauveau !...

FAUVEAU, se levant. Il boite un peu de la jambe gauche.

Le temps me durait, depuis quinze jours qu'on ne vous

a point vue? C'est vrai, je me trouve étrange quand vous n'êtes point à la maison.

ROSE? ôtantson manteau.

Que veux-tu, mon vieux? j'avais ce restant d'affaires à la ville pour la succession de mon mari.

(Elle va déposer son manteau dans l'intérieur et revient de suite.) FAUVE AU.

Ces affaires-là ne prendront donc point fmissement? depuis trois ans que vous êtes veuve !

ROSE

Tu sais bien, père Fauveau, qu'il faut patienter quand on se met dans les procès! mais, par la grâce de Dieu, m'en voilà débarrassée, j'ai gagné le mien.

FAUVEAU

Bien gagné ? là, en appel ?

ROSE

En appel !

(Elle descend les marches et s'assied du même côté.) FAUVEAU.

Diache! vous voilà riche, à cette heure... madame Rose? une métairie comme celle-ci! (Regardant autour de lui avec complaisance.) Et je dis qu'elle est sur uu bou pied la métairie des Bossons, et qu'il y a du plaisir à en être métayer ! Avec les trois locatures qu'on vous contestait... ça vous fait pas beaucoup moins de trois mille bonnes pistôles au soleil.

ROSE

Oui, trente mille francs approchant. Ah çà, où en êtesvous de la moisson ? avez-vous rentré le tout ?

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