ACTE II, SCENE IV
mais ne me fréquentez plus dans l'idée de m'épouser, je vous le défends.
Vrai?
Vrai.
DENIS
ROSE
DENIS
Voilà-t-il pas ! parce que j'ai eu dans le temps une connaissance ! comme si c'était une faute contre vous que je n'avais jamais vue ! comme si c'était un mal pour un garçon de se divertir un peu devant que de songer à s'établir ! comme s'il fallait damner tous ceux qui ont eu des maîtresses de bonne volonté ! Voyez-vous ça ! Vous faites bien la renchérie, dame Rose! (Avec intention.) Et si, vous êtes fautive comme une autre ; je ne vous reproche point, moi, quelques petites aventures que vous avez eues pendant et depuis votre mariage ! Allez 1 allez ! nous ne sommes pas des anges, ni vous, ni moi, ni les autres ; et vous pourriez bien avoir pour moi la tolérance que j'ai pour vous !
ROSE
Vous voulez faire l'insolent, ça ne servira qu'à me dégoûter de vous davantage.
DENIS
Non, ça n'était point dans mon intention.
ROSE
Si fait; vous autres beaux garçons à la mode, vous tirez gloire de vos faiblesses, et vous tenez les nôtres à déshonneur. Mais je sais, moi, que personne ne peut venir me dire que je lui ai fait du tort, que je l'ai mis dans la peine et laissé dans la honte. Mes fautes, si j'en ai commis,
n'ont nui qu'à moi, tandis que la vôtre a été tout profit pour vous, tout dommage pour le prochain. Allez-vous-en là-dessus^ et ne me parlez point davantage.
DENIS
Voilà donc mon congé expédié ! On tâchera de s'en consoler ! (à part, en se retirant.) Je dois ça à Glaudie. Ah ! par ma foi, Glaudie, tu me le payeras !
(Il sort.)