SCÈNE VIL
SYLVAIN, GLAUDIE, ROSE, DENIS RONCIAT, REM V, FAUVËAU, LA MERE FAUVEAU.
ROSE, entrant la première.
Eh bien! si vous voulez vous expliquer, ça se passera devant moi et devant loute la famille.
DENIS, la suivant.
Ça ne me fait rien, je n'ai peur de personne.
FAUYEAU, entrant avec Rémy.
Père Rémy, soyez calme! pas de bruit chez nous, hein?
(Il va à gauche et s'assied sur le coin de la table; la mère Fauveau le suit et s'approche de Sylvain avec inquiétude. Rémy se place derrière la chaise de sa fille et la regarde sans rien dire.)*
DENIS, au milieu du théâtre.
Par ainsi, différemment, vous êtes étonnés de me voir.
ROSE
Oui, car je vous avais prié de ne plus revenir. Vous avez
' Fauveau, Sylvain, la mère Fauveau, Rose, Denis, Rémy, Claudiè.
encore l'intention d3 faire du mal, mais vous ne le ferez plus en cacheite, et les gens que vous accusez seront là pour se défendre,
RONCIAT.
Si je reviens, malgré que vous m'avez chassé, comme je ne reviens pour vous, la belle Rose, vous pouvez bien me souffrir parler à ce vieux dans la demeurance à vos métayers... Pour lors je me présente dans des intentions... simplement pour causer, à seules fins de s'entendre. Vous voulez appeler tout votre monde en témoignage de ce que je vas dire, ch bien ! j'y donne mon consentement. La ! y sommes-nous ?
FAUVEAU, de sa place.
Nous y sommes, sous la condition ^qu'on ne se disputera point. Il y en a eu assez comme ça, aujourd'hui, des paroles !
PiÉMY, très- calme.
Soyez donc tranquille, pèreFauveau, c'est moi qui vous réponds de M. Denis Ronciat.
RONCtAT^ s'enhardissant.
Pour ça, vous avez raison, pèreRémy !... Et tiem, mon vieux, d'après ce que j'ai à te dire, nous allons nous entendre vilement, je l'espère.
(I! lui frappe sur l'épaule.) RÉMY, raillant.
Ah ! vous me donnez du tu, monsieur Ronciat ? Vous me touchez sur l'épaule? C'est bien de l'honneur que vous me faites !
RONCIAT, interdit.
Vous êtes gai , à ce soir, père Rémy ! Ça va donc mieux î j'en suis content!