‹ ClaudieChapitre 8 sur 83 · LA MÈRE FAUVE AU, FAUVE AU, ROSE · texte numérisé non relu

LA MÈRE FAUVE AU, FAUVE AU, ROSE

FAUVEAU, à la mère Fauveau qui entre du fond et qui se dirige vers la porte de gauche. Elle porte un grand panier couvert d'une serviette.

Eh bien, femme? vous ne dites donc rien à notre maîtresse ? vous ne lui demandez point ses portements ?

LA MÈRE FAUVEAU, qui a déposé son panier près du puits, allant à Rose et lui prenant les mains.

Oh ! je l'avais vue avant vous, et les portements de notre bourgeoise sont écrits tout en fleurs sur sa figure.

FAUVEAU» passant à la gauche de Rose, à sa femme.

Ça c'est bien dit. Mais écoutez donc , femme ! c'est-il pas vrai que , depuis un tour de temps, notre Sylvain est tout chose... comme contrarié, comme chagriné, dis?

LA MÈRE FAUVEAU

C'est la vérité qu'il n'est pas bien... et j'ai grand' crainte qu'il ne prenne les fièvres après moisson.

ROSE, qni se trouve au milieu.

Qu'est-ce qu'il a donc ?

LA MÈRE FAUVEAU

J'en ignore; c'est un garçon qui ne se plaint ni ne s'écoute.

FAUVEAU

Ça ne serait-il point qu'il aurait une amour chagrinante dans la tête ?

ROSE, bas à Fauveaù.

Tais-toi donc !

LA MÈRE FAUVEAU

J'en ai quasiment souci. . . à vous dire vrai !

FAUVEAU, à Rose.

Là , je ne lui fais pas dire ! Et vous voyez si pourtant que je ne lui fais pas de questions... (A sa femme.) Dites donc, femme...

ROSE

C'est assez, ça ne me regarde point, vos secrets de famille. Ah ça, où est-il donc, le Sylvain ?

LA MÈRE FAUVEAU

Il est sur le charroi, le dernier charroi de blé de la gerbaude , et il ne tarde que l'heure d'arriver avec la musique et le bouquet.

ROSE, remontant vers le fond.

Je m'en vas au devant d'eux !

FAUVEAU

Allez, allez-y, notre maîtresse, ça vous divertira. Excusez-moi si je vous y conduis pas, vous savez que cette jambe cassée ne me porte pas encore aussi bien que Tauire.

Page 1