NOTICE XIX
encore, que justifiait la mort mystérieuse et subite de ses deux femmes.
Le 8 mai 1778 seulement, Beaumarchais, déshonoré et ruiné, recevait la grâce dérisoire de son élargissem.ent, après une détention de deux mois et demi qui l'avait livré pieds et poings liés à la calomnie et à la saisie.
Il sortit de prison « se faisant honte et pitié à lui-menie », dit-il; et pourtant, après une crise de découragenient bien excusable, pendant laquelle dut se présenter à lui plus d'une fois la sinistre tentation du suicide, il résolut d'engager une lutte suprême, la seule à laquelle tout autre que lui n'eût pas osé seulement songer, en prenant à partie devant le parlement, et surtout devant l'opinion, qui?. . . son adversaire ?. . . Non, son juge lui-même, ce conseiller Goëzman sur le rapport duquel il avait perdu son procès.
(.(. Soutenu par M'"^ du Barry, qui dominait le roi et qu'animait le ressentiment du duc d'Aiguillon, flétri par un arrêt du parlement de Paris, le chancelier Maupeou avait enfin arraché à l'hésitation de Louis XV Védit du 7 décembre 1770, qui changeait toute l'organisation des parlements. Celui de Paris avait protesté et repousse Védit. Le