‹ Clavijo. Avec une préfChapitre 22 sur 38 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

SCS saurs. Elles y établirent un magasin de modes. Le mari, qualifié architecte du roi d'Espagne, devint fou et mourut. Sa veuve retourna enFrance, en 1772, sans fortune, avec deux enfants. Beaumarchais lui fit, jusqu'à sa mort, une pension qu'il continua aux enfants, dont le dernier cessa de vivre en 1785. La seconde sœur de Beaumarchais, Marie-Louise Caron, qu'on nomme Lisette dans la correspondance de famille, est la fiancée de Clavijo, l'héroïne de l'épisode roma^ nesque raconté dans les Mémoires contre Goëzman, et dont Gathe a fait un dranie. Les documents laissés par Beaumarchais offrent peu de renseignements sur Lisette. Elle était, à ce qu'il paraît, spirituelle et jolie. Après sa rupture avec Clavijo, il fut question de la marier avec un ami de son frère; niais le mariage n'eut pas lieu. Elle revint, je crois, en France avec sa sœur aînée, et se retira avec elle dans le couvent des Dames de la Croix, à Koye, en Picardie '. »

Les inductions du biographe de Beaumarchais sur l'âge que pouvait avoir en 1764, époque de

I. Beaumarchais et son temps, par M. de Loraénie, l. I, p. 35.

NOTICE XXVIl

son aventure avec Clavijo, la sœur en faveur de laquelle le futur auteur du Barbier de Séville déploya un dévouement peut-être plus romanesque qu héroïque, ne sont pas faites pour donner tort, en apparence du moins, aux sceptiques qui en trouvent l'exaltation un peu factice, puisque, d'après ce témoignage, elle devait avoir, à cette époque, au moins trente-trois ans.

Mais Vâge ne fait rien à l'affaire : Marie-Louise Caron pouvait, même après la trentaine, être jolie et aimable; seulement elle était un peu lasse d'attendre et pressée d'être épousée. De là le bon accueil fait aux hommages de Clavijo, et, lorsqu'il faillit à ses serments, le désespoir de l'abandonnée et la fureur de son frère, qui sentait la nécessité pour elle de renoncer à toute chance d'établissement si Vaffront de la retraite du prétendant n'était pas réparé ou vengé. Bien loin donc d'être un motif de suspicion contre la fidélité et la sincérité du récit de Beaumarchais, l'âge de sa sœur explique et excuse précisément l'ardeur implacable qu'il apporta dans la revendication des droits de celle dont il avait la naturelle protection.

Quant à l'épisode de Clavijo en lui-même, il n'offre rien que d'assez ordinaire. Une promesse

Page 1