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deste et la plus délicate, en sorte que les examinateurs ne savaient que lui dire. L’Electeur étonné leur demanda leurs avis ; mais MM. les Docteurs et examinateurs s’en excusèrent, en priant son Altesse Electorale de vouloir bien avoir encore un peu de patience, jusqu'à ce que l'esprit de l’homme se fût mieux expliqué, qu'ils ne l'avaient pas encore compris, mais qu'ils espéraient qu'il serait un peu plus clair une autre fois; mais que, pour le moment, il leur était impossible de dire leur avis.
MM. les Docteurs lui ayant fait subir un autre interrogatoire, J. B. leur fit subir un contreexamen, auquel ils répondirent avec modestie, sans aigreur et sans jalousie, qu'ils avaient été comme pétrifiés, de trouver dans un homme aussi simple et non lettré des choses aussi sublimes, auxquelles ils ne s’attendaient nullement ; qu'ils ne l’avaient aucunement injurié, et quoique le candidat ait dit à MM. les Théologues de fortes et belles vérités, et qu'il leur ait fait distinguer le vrai du faux, qu'il ait attaqué toutes les erreurs, et qu'il leur ait montré leur origine comme avec le doigt, il leur avait toujours témoigné le plus grand respect, et les égards qui leur étaient dus. Mais il avait expressément dit aux astrologues : Voilà, Messieurs, jusqu'où va la science de vos mathématiques, jusqu'où elle est fondée dans le secret de la nature, le reste n’est qu'une invenlon, une folie et un aveuglement des payens, que nous autres Chrétiens devons fuir.
Là dessus ils l'ont renvoyé en paix, et l'Electeur
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était si satisfait de lui, qu'il eut plusieurs conférences secrètes avec lui, après quoi il le congédia comblé de bontés, et Jacob Bœhme reprit la route de Goœrlitz.
Lettre de M. le Baron Abraham de Frankenberg, auteur de la vie de J. B., du 21 octobre 1641.
Que la”noble Sophie d'en haut réjouisse le cœur de tous ceux qui l’aiment, et produise en eux une volonté sainte et agréable à Dieu.
J'ai appris avec un plaisir inexprimable, qu'il n'y à pas partout des ennemis et des railleurs de la noce céleste, comme il n’y en a malheureusement que trop dans notre patrie sans cela affligée ; mais qu’il y a encore dans les pays lointains des amateurs qui, quoiqu’en petit nombre, s'appliquent sans cesse à la sagesse secrète, et qui, s'ils continuent à s’y livrer, jouiront enfin, dans l'esprit et dans la vérité, de l’amour divin, bienheureux et pur, avec une joie et une satisfaction indicibles.
Nous sommes appelés et invités à cette manne mystérieuse, et à ce neclar et à cette ambroisie vraiment divine et naturelle, au commencement de notre siècle, AUR (eæ H) ORA benediciæ, par le son de la trompette victorieuse du grand Jehovah, dans l'instrument et témoix de Jésus-Christ, particulièrement élu à cela de Dieu, mais rejeté à la vérité des hommes, Jacob Bœhme, natif de Vieux- Seydenburg, ensuite établi à Gœrlitz, qui a assez montré dans ses écrits profonds, dans quelle époque nous allons entrer, quelles grandes merveilles et quelles choses surprenantes étonreront nos
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descendans : il nous reste donc encore assez de temps pour quitter la coupe énivrante de la grande Babel, et aller au devant de l'époux qui appelle et frappe.
Cet homme bienheureux en Dieu est, sans contredit, une lumière flamboyante, et peut-être même a-t-il été ce nouvel astre merveilleux, qui parut au Ciel, l'an 1572 (deux ans avant la naissance du défunt) dans la constellation de Cassiope et de la voie lactée, pour prédire aux peuples de l'Europe une naissance toute nouvelle des eaux supérieures ignées lumineuses, et pour y rendre attentifs les grands hommes, qui aiment à scruter les secrets de la nature. Attendu qu'il a aussi commencé, comme il me l’a dit souvent, de vive voix, son ouvrage le plus important, le Grand Mystère, un livre mystérieux, sur la Genèse, l’an 1604 et l’an 1607, à la reparution des nouveaux astres, avec la 7.2 plus grande conjonction ou septuple triagonale, et qu'il l’a fini heureusement sous la 8:e sous le septième commencement central. Ensuite il est rentré, en l’an 1624, dans l’année de son Jubilé, ou dans la 50.€ année de son âge, selon le mystère, dans sa tombe, ou dans son principe magique et mental.
Ce n’était peut être pas sans raison, qu'il avait commencé à écrire d’abord son ouvrage intitulé : l'Aurore naissante, c’est-à-dire la racine ou la mère de la Philosophie, de l’Astrologie et de la Théologie, etc.; ainsi que son traité appelé le Chemin pour aller à Christ, lequel traité commence, selon l’ordre du Nouveau Testament, de
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la pénitence et de la foi de l’entrée Sainte dans le royaume de Dieu. Non-seulement: tous ses ouvrages, mais aussi sa personne, même morte, et enfin son misérable tombeau avec une croix en bois noir, furent indignement calomniés et attaqués par un zèle bien déplacé. Cependant toutes ces choses n’ont jamais été bien examinées, et Jacob Bœhme n’a jamais été convaincu d’une erreur ; mais au contraire, il est toujours resté fidèle, jusqu’à son dernier soupir, aux dogmes de son Eglise (comme on peut s’en convaincre par les derniers actes de son agonie, ainsi que par ses écrits : du choix de la Grâce, des deux Testamens, de la Passion, de la Mort et de la Résurrection de Jésus-Christ). Sans parler de ce qu’il a suffisamment démontré dans son apologie sur le mal et sur le jugement injuste, rendu par ouï-dire, de Grégoire Richter.
Et la contestation touchant le tombeau imité du Christ et de son témoin fidèle, Jacob Bœhme, fut à Gœrlitz, d’une importance égale à celle d’un livre de M. Luther, qui fut proscrit et blasphémé par les peuples septentrionaux et méridionaux, je passe sous silence ceux de l’Orient et d’Occident, lequel livre fut ensuite chèrement acheté et remis sous la protection et dans le trésor électoral, afin que les témoins fidèles et précieux de la lumière et du droit véritables, clairs, non-falsifiés et évangéliques, restassent intacts, comme Moïse resta intact dans le tombeau, et que la chrétienté évangélique eût un signe merveilleux particulier et irrécusable, pour reconnaître la
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grâce particulière de Dieu et de son esprit en Jésus-Christ, leur chef et sauveur unique et éternel.
C’est pourquoi il faut encore remarquer au sujet de ces écrits merveilleux immédiatement manifestés de Dieu à notre siècle, que ces écrits ne sont pas des pièces rapportées à la mosaïque, qu'ils ne sont pas écrits dans un esprit mondain, qu'ils n’ont jamais été ni corrigés «ni retouchés, qu'ils sont, pour ainsi dire, d'un seul jet, qu'ils sont de la main propre de l’auteur, ce que plusieurs témoins peuvent prouver avec moi ; mais il faut lire et examiner ces livres avec d’autres yeux que ceux de la raison.
Il ne faut pas se cacher non plus, que l’accomplissement du temps n’est pas encore arrivé, où l’on puisse, à sa satisfaction, reconnaître les différentes merveilles cachées jusqu'à présent. Un tel ouvrage ne se laisse pas non plus manipuler avec des mains impures ; mais il faut que cela se fasse à la sueur de son front, avec un cœur,|un esprit el une volonté soumis à Dieu.
Leltre d'un Magistrat de Gœrlitz, touchant la personne et les écrits de Jacob Bæœhme.
Il y a des gens qui nient qu'un cordonnier ait été l’auteur des livres en question, et ils donnent à entendre par là, qu’ils ne croient pas que Dieu puisse opérer dans des laïcs ignares des écritures et des langues, c’est-à-dire dans des personnes non savantes dans les lettres ; mais qu'il faut qu'il
opère par des gens au fait du latin et des autres langues, et que Dieu veut particulièrement prononcer son Verbe et manifester son esprit par des hommes qui ont cherché leur esprit, et leurs pointes sur les hauteurs d'Israel : mais ils n’enlèveront pas à Dieu sa puissance, ils sont en trop petit nombre. S'ils ne voulaient pas être prudens de soi-même, c'est-à-dire, s'ils n'apportaient pas l’esprit et le jugement des écoles, ou une certaine forme de logique bien ampoulée, dans les Ecritures, et dans les ouvrages et dans les écrits des autres hommes, et s'ils portaient au contraire les Ecritures, comme le témoignage de Dieu, dans leur école : ils s’en désabuseraient peut-être, et ils croiraient, ce qu'ils ne veulent pas à cause de leurs rêveries d'école trop enracinées, et ils mettraient en première ligne le don de l'Esprit saint, au lieu d’oser le mettre en doute, et veulent néanmoins passer pour prêtres. Il n’y a pas encore si long-temps, que Jacob Bæœhme a vécu, et sa personne fut assez connue ici. Quant à moi, je ne l’ai pas connu, étant, au temps où il écrivit, encore trop jeune : et lorsqu'il reprit, après une défense de plusieurs années, la plume, et que le premier pasteur le fit passer pour hérétique du haut de sa chaire, j'étais absent. Mais en 1624, peu de temps après sa mort, je fis la connaissance de ses amis les plus intimes et des amateurs de sa science, qui avaient vécu avec lui dans une familiarité particulière. M. Jonas Liebing, juge à Weissenæde (à 4 lieues de Nuremberg) chez lequel j'avais séjourné pendant quelque temps,
(xlij ) m'avait écrit et demandé plusieurs fois, de lui procurer quelques renseignemens certains sur J. Bœhme, pour pouvoir les communiquer à M: Chrestien Beckmann, recteur du Gymnase d'Amberg : attendu qu'ils ne pouvaient pas croire qu'un idiot possédât une connaissance si profonde et si extraordinaire de Dieu et de la nature. Voici entre autres quelques passages de la lettre de Beckmann à Liebing : superiori hyeme scripserat ad me amicus : Gœrlitit esse virum plebeium et alias Jacob Bæœhme nomine, qui singulari spiritus gratiàâ delibalus et varias linguas proloquatur, et insuper libros mullæ sapientiæ plenos conficiat. Ex illo lempore non deslili sollicitè inquirere an ita sit, etc. Tandem antè pauculos dies Egram veni, et inter alia inibi apud amicum, vidi libros tres manuscriplos el salis, quidem grandes Bœhmii üllius. Quid dicam ? Ut legi, ut osbtupui ? Itane virum e mullis, in schola non eruditum, tam profunda misleria aggredi, el tam polilè scribere ! Enimvero ista methodus el rerum abditarum expositio facil, ul dubitem de authore. Dicilur esse idiola Bæœhmius. Nondum credere possum : nisi certior adhuc fiam lalem esse Gœærlitit, lalia eum scripsisse.: idque unius et allerius viri sincerioris lestinonio. Parmi les anciens amis de Jacob Bæœhme il y en avait un, que je fréquentais beaucoup, et qui racontait, qu'un certain médecin, nommé Tobie Kober, que je connais beaucoup, avait plusieurs fois mis à l’épreuve la connaissance de la langue de la nature que possédait J. Bœhme, savoir qu'à la promenade, qu'ils firent souvent ensemble comme amis
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intimes, ils s'étaient montrés mutuellement les fleurs, les plantes et les herbes, que lui (J. B.) avait aussitôt indiqué de leur empreinte et forme extérieures, la puissance, la vertu et la qualité internes, par les lettres, syllabes et mots de leur nom insoufflé et attribué. Mais il aimait préférablement à toutes les autres langues entendre prononcer leur nom en hébreu, cette langue étant la plus proche de la nature : et quand on n’en savait pas le nom en hébreu, il le demandait en grec. Et le médecin donnant exprès un faux nom, Jacob Bœhme, après avoir comparé la qualité de la plante avec sa forme et couleur, s’aperçut aussitôt de la tromperie et dit : que cela ne pouvait pas être le vrai nom, et qu'il le prouvait jusqu'à l'évidence. D'où il est peut-être venu qu'on a dit de lui, qu’il savait parler des langues étrangères, ce qui n’était cependant pas, et il ne s’en était jamais vanté non plus. A les entendre parler, il a bien pu les comprendre, M. David de Schweinick en a rendu un témoignage éclatant quelque temps avant sa mort. Ce gentilhomme pieux et brave, connu par ses cantiques spirituels qu’il a fait imprimer, a raconté un jour dans une société de gens de condition et de savoir : qu'ayant fait venir J. B. à sa terre, où il y avait beaucoup de monde, et qu'on parlait à table différentes langues, il avait compris le latin aussi bien que le français, et il aurait compris toute autre langue qu’on eût voulu parler, par le moyen de la langue de la nature. Il y a encore d’autres gentilhommes qui en rendent témoignage, principalement M. de
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Frankenberg, qui a fait imprimer ici, à Gœærlitz l’an 1622, son livre de la pénitence, de la résignalion el de la vie sur-sensuelle (sous le titrex Le Chemin pour aller à Christ), Je pourrais fournir encore d’autres preuves que ce fut Jacob Bœhme, et non pas un autre sous son nom, chez lequel les merveilles de Dieu se sont manifestées. Je passe sous silence ceux de ma connaissance, qui, par l'assistance de cet homme et par les discours persuasifs de son esprit, ont changé soudainement de conduite et ont mené une vie toute nouvelle : ensorte qu'étant adonnés auparavant à la vanité de ce monde, aux voluptés de la chair, et ne s'étant jamais montrés à leurs sujets que comme des loups dévorans, ils sont devenus, au grand étonnement de tout le monde, ennemis de la volupté, et doux comme des agneaux pour leurs sujets, et qu'ils avaient pleuré avec une vraie contrition leur vie précédente scandaleuse. Je n'ai jamais ouï dire à aucun de ceux qui l’ont connu, qu'il n’ait pas été l’auteur des ouvrages qui parurent ensuite sous le titre de Philosophe teutonique, en Allemand, en Anglais et en Latin. Car s’il en était autrement, il n'aurait pas été visité ici par tant d'étrangers, et il n’en aurait pas été prié de se rendre chez eux : car certainement il y avait parmi tout ce monde des gens qui possédaient l'esprit de l’examen, qu'il a pu convaincre de ses talens sublimes, et leur rendre raison de ses écrits : comme il l’a aussi fait, et tout ce qu'il a écrit, il l’a prouvé de vive voix, à ses auditeurs, avec une vertu et une force admirables.
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Lorsqu'il passa quelque temps chez le conseiller intime de l’Electeur, à Dresde, qu’il y écrivit, et qu'à cette occasion il était obligé de subir un examen; un autre n’a sans doute pas pu répondre pour lui. Que cet examen ait eu lieu, c’est généralement reconnu. On trouve aussi dans le Diario du Bourguemestre Bartholoméé Sculter, fameux mathématicien et théosophe, qu'en l’an 1613, jul. 26, Jacob Bœhme, cordonnier, demeurant entre les portes derrière le maréchal de l’hôpital, avait été mandé devant le magistrat, qu'il avait été interrogé touchant sa croyance enthousiaste, qu'il avait été retenu en prison, que son livre écrit in-4° avait été apporté par le sergent de la ville, et qu’ensuite il avait été mis en liberté avec l’ordre de ne plus se mêler d'écrire. On y lit encore, que le 30 juillet, Jacob Bœhme, le cordonnier, avait été appelé dans le presbytère du premier prédicateur Richter, où il subit un examen sévère sur sa profession de foi; et que déjà bien avant ce même prédicateur avait tonné du haut de la chaire contre lui, en parlant du faux prophète de l'Evangile.
On voit donc par là, que dans aucun temps on n'a pris un autre que le cordonnier pour le soidisant enthousiaste, et pour l’auteur du livre appelé l’Aurore ; et qui, à ce que j'ai appris dans d’autres endroits, a été envoyé, par notre Magistrat, à Dresde, à un endroit sûr. Je lis encore dans les annales de l’ancien Bourguemestre, Jean Emmerich « les paroles suivantes, l’an 1624, le 7-17 novembre mourut le cordonnier, que Grégoire
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Richter a souvent et beaucoup calomnié, mais ce que le cordonnier avait assez réfuté; il aurait mieux valu le laisser tranquille, cette affaire a fait peu d'honneur à Richter, etc. Il auraït sans doute beaucoup mieux valu, que le prédicateur eût laissé tranquille le cordonnier, dont je n’ai jamais rien appris de malhonnête, il n'aurait pas eu besoin, pour sauver sa réputation, de faire une apologie contre ses calomnies, et de publier la propre honte du pasteur. »
Mais le prédicateur l’avait fait connaître au public par le moyen des langues médisantes, et avait dû contribuer à son honneur auprès des personnes impartiales, et cela à son propre désavantage. Bref, du vivant de Jacob Bœhme, il n’y avait personne qui ne le regardât comme l’auteur véritable et unique, ou pour le vrai instrument des livres en question : ce ne fut qu'après sa mort que le monde nouveau postérieur, qui ne l'avait pas connu, se plut à tirer en doute les connaissances sublimes d’un homme simple. |
M. Abraham de Frankenberg a fait une courte notice de la vie de l’auteur, ainsi que la liste’de tous ses ouvrages, en latin, et a remis le tout à un de ses amis, qui l’envoya, l’année suivante, en 1638, à Amsterdam, après l’avoir traduit en Allemand, pour un de ses amis ; cette vie fut ensuite ajoutée aux ouvrages qui parurent, mais à l'insu de l’auteur qui, s’il avait su qu'elle aurait le sort d’être imprimée, l’eût mieux travaillée, ajouté ou retranché, et aurait peut-être supprimé les grands secrets de la personne, qui lui étaient particulié-
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rement connus, Les ouvrages qui rendent témoignage de l’homme secret et de l’âme de Dieu, c’est-à-dire ses ouvrages connus en différens endroits, sont assez décriés par leurs adversaires.
L'an 1639, Abraham Wilhemson van Beyerland, citoyen et négociant d'Amsterdam, a traduit ces livres avec beaucoup de soin et avec une grande application dans sa langue maternelle, c’est-à-dire en Hollandais, et les a fait imprimer à ses frais et à ses dépens, lesquels écrits j'avais, pour la plupart, vus dans les années 1624 et 1625, et les années suivantes entre mes mains avant qu'ils partissent pour la Hollande. Les manuscrits de l’auteur, ou la plus grande partie de ses manuscrits les plus importans,se sont retrouvés, 1l y a onze ans, lors de mon retour d’une absence de 25 ans, dans la succession d’un de mes anciens amis : son cousin, un jeune homme les avait remis à un autre jeune homme, et celui-ci les vendit à un marchand de Lauben 3 ou 4 écus, qu'il n’avait jamais reçus. Ce marchand les offre maintenant pour 100 ducats, et les a pour cet effet déposés à Leipsik. J'avais pris des mesures pour les sauver des mains indignes, ou pour les sauver de la destruction ; maïs peut-on arracher quelque chose d’un avare ?
Il n’existe plus aucun des fils de Jacob Bœhme. Le livre du jugement dernier n’existe plus, il a été la proie des flammes à Gros-Glogau. Celui des derniers lemps, que je n’ai pas encore, j'espère le trouver en Silésie.
Goœrlitz, le 21 février 1669.
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