INTIMATION DU BREF
est (loinus negotiationis. Qui vendebant , ab harum mercium prorsus ignai-is emptoribus , quantum voletiant , aut'erebant'. l'ræliniti eraut dies octo, quUius transactis de veteri possessione disct-deiidum erat.
« Ego me recepi in secretiorem collegii partem , ubi tôt üdiosarum rerum occureum aspectumque vitaiviu. Scisporro quaiii partem dicam, quæ et secret ior et sacratior est, ubi S. Aluisius, ubi V. üercbmans, ubi tôt SS. l’P., ubi tôt illus* très Cbristi martyres diversati quoudam l'uerunt. Ibi solus inamliulausad omnia ad versa ob Cbristi amorem pcrierenda, quomorlo in ilia ægritudine poteram , memet coniirmabam. Aliquüil levamentum ilia solitudo oflerre videbatur; sed nova inde ægritudo, Onde solatium mihi suadebam conquirere. Ilia enim sanctorum monumenta siocis oculis aspicere non poteram, qui bus carare in posteriim necesse erat... Quinto e& octoprætinitisdiebus, tandem aliquando ex tanta ilamma, sive potius incendio, evolavi. Sacros postes amplexus sum, oscula foribus infixi et lacrymans ploransque e collegio noctu disceasi , etc., etc »
Les mauvais traitements ne s’arrêtèrent pas là. Le college romain fut désigné pour y as.sembler ceux d’entre les pères qui , âgés et infirmes, voudraient en habits de prêtres séculière y vivre en commun, et pour ceux encore qui, malades, ne pourraient aller ailleurs. Déjà on les y avait réunis des diverses maisons, lorsque après quelques semaines la congrégation des cinq cardinaux donna l'ordre de les transférer immédiatement au Cesù. Cet ordre fut exécuté par Alfani, avec une rare cruauté. Sans aucun égard, il fit transporter sur des civières les malades et les mourants : et c’est tellement vrai, que l’une des civières , sur laquelle était étendu un moribond , dut êh-e suivie par un prêtre , de peiu’ que le malheureux malade ne mourût dans le court trajet.
Par les soins du cardiiud de Bemis , le cardinal Marefoschi
> Ex tulogr.
lX)CCitENTS. CllàP. IX.
avait été désigné , comme supérieur de la maison du Gesù , mais dégoûté de la brutalité avec laquelle on procédait contre les jésuites, le cardinal s'en excusa par la lettre suivante écrite de sa main : « Ce soir, Msf de Macedonio me répéta de nouveau les ordres de Sa Sainteté au sujet de la surintendance du Gesù , et ayant trouvé eu moi des sentiments de soumission , il ajouta que Sa Sainteté , connaissant mon bon vouloir pour M*' Sersale , lui avait destiné ime charge convenable; mais qu’elle désire qu’en attendant je me serve de Mp Alfani. Comme je ne puis ignorer combien ce prélat s’est rendu odieux aux ex-jésuites que je dois gouverner, j’ai répondu ijue je suppliais Sa Sainteté de me permettre de ne me servir de la coopération d aucun prélat, au moins jusqu’à ce que M«f Sei-sale soit jwurvu ; ne pouvant, sans lui donner de déplaisir, lui préférer quelqu’un, après avoir eu recours à lui dans toutes mes charges. J’es|)èreque Sa Sainteté agréem ce moyen terme, et ne m’obligera pas à me servir d’un prélat qui , comme le sait fort bien Votre Éminence , s’est attiré la haine des pierres mêmes à Rome. Je crois de mon devoir de rendre compte de tout cela à Votre Éminence , à laquelle je professe avoir tant d’obligations, et de laquelle je suis l’humble et dévoué serviteur. M. Cardinal Marefoschi, 19 novembre 1775 ‘. »
Depuis ce moment il s’éloigna de la congiégation ; et , de contraire ({u’il était , il devint bienveillant pour les jésuites.
Indépendamment de tout cela , une lettre encyclique de la congrégation , envoyée par elle en tous lieux, interdit aux jésuites l’exercice de toute fonction du ministère spirituel quelconque , et pour comble d’humiliation, on força tous ceux qui habitaient Rome.A pi-ésenter tous les trimestres, sous peine de se voir retirer la pension alimentaire , un certificat de bonne vie et de Ixirme conduite, signé parles curés de leurs paroisses resjioctives. Les nombreuses arrestations qui
I Ex autogr.
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lurent faites, dans ces première jom’S, des hommes île la aiiupagnie les plus connus pour leur bonté et la pureté de leurs doctrines, sont un fait de notoriété publique, ainsi que les arrêts d’exil qui bannirent tant d’autres de Home et des États de l’Église. Ils étaient arrêtés pai' les aitihers et conduits au milieu d’eux par les places et les rues de Home , pour ainsi dire avec pompe, jusqu’aux prisons secièteS du château Saint-Ange. Les arrestations et les longues détentions qui Buixirent, étaient motivées pour les uns, pai^e qu’avant la suppression de l’oixlre, ils avaient écrit et imprimé des ouvrages pour sa défense; et pour les auti-es paioe qu’ilt pourraient le faire dans la suite/ Et c’est jwur ces critnes-là qu’on les retint prisonniers jusiju’à l’avénement de Pie VI à la chaire de saint Pierre. Ce pontife congétlia la congiégation des cinq cai-dinaux , et ordonna la mise en liberté des innocents. Heureusement les ridicules procès qui leur furent faits existent encore. Mais ce n’est pas ici le lieu de m’étendre plus au long sm- cette matière. Je pense que ce qui précède sufiU pour faire connaître la modératim et la charité dont on usa , contre les intentions du souverain pontife, à l’égard des jésuites à Rome jiour et après l’intimation du bref de suppression de leur ordre.
DE l’eMPIUSONNEMEST de P. RICCI.
{Extrait du P. Boëro, Osservazioni , t. II, p. 77.)
I..e U. P. Theiner, parlant à la page 381, t. Il, de l’arrestation et de l’emprisonnement du P. général Laurent Ricci, affirme qu’on n’arriva à cette résolution extrême qu’ après la décour verte de plusieitrs correspondances séditieuses. Puis à la page 389, il cite une dépêché du duc d’Aiguillou, dans laquelle celui-oi
BOCCMELNTS. CHAP. IX.
exprime le désir qu’a Louis XV de voir l’instruction que le général Hicci avait pi'éparée pour tous les supérieurs, dans le cas où Sa Sainteté se déterminerait à abolir la compagnie; l’auteur fait suivre cette dépêche de la réjionse de Bemisj qui insinue (jue la publication de choses semblables ne convenait pas à la générosité du pape.
Tout ce qui précède donne à entendre et à soupçonner qu’on avait vraiment des torts graves à reprocher au général; enfin l’auteur ajoute ici et ailleiu^ qu’on usa de toute espèce d’éganls envers le P. Ricci dans la prison du collège anglais et dans celle du château Saint-Ange.
Observations.
L’arrestation du général et des autres chefs de la compagnie, après l'abolition de l’ordre, était fermement résrdue par les ministres et surtout par Moîîino, pour faire croire au public que leure instances et demandes pour l’abolition de la compagnie n’étaient que trop fondées sur de graves délits. Plusieurs mois à l’avance déjà on avait fait réparer, sous prétexte d’y conserver des vivres, plusieurs chambres secrètes au château Saint-Ange. Les prisonniers devaienf y être transportés le soir même de la suppression. Puis, pour éviter un éclat, on trouva plus s;ige de différer l’arrestation et de la faire précéder pro forma par quelques examens des criminalistes, et par là, de laisser se répandre dans le public que l’emprisonnement était motivé par quelque crime secret. Par suite de cet arrangement, le cardinal Corsini, préfet de la congrégation, envoya le 17 août , à la tombée de la nuit , sa voiture avec son auditeur, à la maison du Ciesù, faisant gracieusement prier le P. Hicci de venir au collège anglais, contigu au palais de Son Kminence , et où, par consécpient, elle pour rait avec plus de loisir le consoler dans son allliction. Le bon P. Ricci, qui ne soupçonnait aucune tromperie, surtout de la part d’un compatriote, et qui venait de refuser, le matin
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EMPRISOXÎTEMENT DU P. Rlf.CI. 437
même, l’asile sùr que lui olTrail auprès de lui le ministre de Toscane , accepta volontiers la courtoisie du cardinal , et se laissa oonduire au collège anglais. Durant les premiers jours, il put circuler dans toute la maison ; mais bienWt il fut renfermé dans trois petites chambres, et des gardes placés à l’intérieur comme à l’extérieur du collège. Le général y resta plus d’un mois, et y subit les premiers interrogatoires judiciaires dont nous parlerons tout à l’heure. Le 23 septembre, il fut transféré an château Saint-.\nge , où on le fit suivre de près par le secrétairi; Gabriel Comolli et pai' les cinq assistants, qui tous furent renfermés sépai’ément.
Le bref d’ab(diliou avait à peine été intimé an F. Ricci, que déjà on mit sous le scellé tous ses papiere, on intercepta toutes les lettres venant par la poste, et on les remit entre les mains de Monino pour qu’il en composât une espèce de procédure. On espérait y trouver quelque chef d’accusation ; mais les recherches furent vaines. J’ai vu et lu cette petite procéilure faite par Mohino : c’est la chose du monde la moins concluante , et qui prouve jusqu’à l’évidence la colère , la mauvaise foi du ministre et l’innocence du P. Ricci. On fut également honteux d’imprimer ce pcwès, et de le communiquer manuscrit. On ne parla donc que de deux lettres, aussi méchamment interprétées que possible, comme nous allons le voir. Et on ne fit même pas mention des autrcs papiei's; ce qui n’empêche pas le R. P. Theiner de les appeler papiers séditieux.
Mais ce qüi prouve mieux que tout cela la méchanceté et la haine des uns, la simplicité et l’innoccnre de l’autre , c’est le procès légal cxvmmencé au collège anglais et ctintinué au château Sa i nt- Ange. Nous en avons un sommaire tidèle , que le P. Ricci put écrire et envoyer au de.hors sous le pontificat de Pie VI, afin qu’il fût imprimé après sa mort et servit de réparation à la réputation de la compagnie de Jésus. Nous le transcrivons ici mot à mot,
BOCt METTS. CHAP. IX.