Eus.,//. E., V
2. Dans II, Strom., 67, 68, il mentionne deux interprétations de Ps., I, 1. Il les tient de deux hommes qu'il a entendus; dans Ecloga prophet., 56, une opinion de Pantène est citée ; dans Ecloga, 50, celle d'un rp£a6ÛTT]ç ; dans Ecloga, 11, il s'agit de ot 7:pea6ÛT£poi dont l'opinion sur la souffrance physique est relevée; dans Ecloga, 27, il est dit : oùx. È'-j-pacpov 8È oî -psaSûispoi. Clément paraît avoir souvent cité la tradition orale des TzpeaôÛTspoi dans ses Ilypotyposes ; voir Eus.,//. E.,y\, 14, 4 : w? ô [Aaxàpioç ïki-^z JtpsaSuiepo;, et§ 5; voir encore Adumhrat, in /., Joh., i, 1 : quod ergo dicit « ab inilio » hoc modo preshylev crponchat. etc. Eusèbe raj)portc que Clément dit dans son traité sur la Pàque que ses amis ont insisté auprès de lui pour qu'il consignât par écrit a; stu/e rapà twv àp/aîo)v T^pe^Suiipo)»' àxrjxowî napaSo'asiç; //. /i., VI, 13, 9. Voyez l'énumératiou complète dos passages où mention est faite des np£a6ÛT£poi dans A. Harnack, Geschichte der altchristUchen r.itlcrafur his Eusehiiis, (. I, p. 292.
30 CLÉMENT d'aLEXANDHIE
toutes sortes de raisons. C'est justement parce qu'ils n'ont pas écrit cjue Clément se sent le devoir de prendre la plume. Il voudrait fixer leur enseignement avant qu'il s'effaçât de sa mémoire.
Ces « anciens » dont se réclame Clément avec tant de modestie devaient être les chrétiens les plus distingués de leur temps. Leur connaissance de la tradition chrétienne comme leur piété les désignaient à l'attention et faisaient d'eux les représentants respectés du christianisme. A ceux qui venaient les consulter, ils racontaient une foule de traits de l'histoire évangélique ou apostolique qui se sont, en grande partie, perdus; ils interprétaient les passages difficiles de l'Ecriture et sur des points importants de doctrine ou de conduite donnaient un avis qui faisaient règle '. L'épître de Barnabas peut nous donner une idée assez juste de cet enseignement exclusivement oral qui laissa un si touchant souvenir dans la mémoire de Clément.
On comprend l'importance du fait que celui qui devait écrire les Stromates ait été disciple des hommes qui passaient pour des autorités chrétiennes et qui étaient des représentants reconnus de la tradition. C'est donc dans le pur terroir chrétien que le christianisme de Clément plonge ses racines. Il en avait pleinement conscience. 11 aime à rappeler que ces hommes rares dont il se réclame ont reçu, de génération en génération, l'enseignement des Apôtres eux-mêmes. C'est par eux que la vraie semence chrétienne et apostolique est parvenue jusqu'à lui ^
Telles sont les origines du christianisme de notre docteur et jamais, à aucun moment, il n'a cru leur être devenu infidèle. 11 est resté convaincu que, dans ses écrits, il n'a