‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 19 sur 145 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

• les trouverez dans la Genèse; pour les lois et la morale, € vous avez l’admirable Imi du Seigneur. Abstenez-vous « donc avec le plus grand soin de toutes ces productions « étrangères et diaboliques »

Deux siècles plus tard, avec des intentions bien dilTêrenfes, Julien l’Apostat invoquait les mêmes raisons et employait presque le même langage pour interdire aux chrétiens l’enseignement et l’élude des lettres humaines. « Les chrétiens, disait-il, doivent se montrer conséquents avec eux-mèmes et ne pas étudier des écrivains dont ils condamnent les doctrines. Qu’ils se contentent d’apprendre et d’explicpier Luc et Matlhien dans leurs églises. » Cette défense, que les chrétiens du iv' siècle regardèrent avec raison comme la plus perfide, lapins redoutable des persécutions, et qui ne trouva pas grAce devant les païens eux-mèmes, n’d'it été aux yeux d’un grand nombre dos contemporains de Clément qu'une mesure sage et utile au christianisme. L’hostilité des philosophes et les excès des Gnostiques leur avaient inspiré une telle horreur de la .science profane, que quelques-uns, dit Clément, reculaient d’effroi devant elle comme les enfants devant les spectres*.

\ütre .saint docteur ne partagea pas ces terreurs chimériques; il eut le mérite de pensera cet égard comme pensf-rent, plus de deux siècles après, saint Grégoire et saint Basile. 11 lit tous ses efforts pour ramener à une manière de voir plus vraie, et certainement plus utile au christianisme, les ennemis absolus des lettres et des sciences profanes. Non-seulement il n’hésita pas, comme il le dit lui-

' Const. apost., lib, 1, c. G, p. ÎÜl.—Cf. liecognit. S . lib.X, c. xv

et XLii.

* .Sirom. VI, 10, p. 780. A/uî/* outtrm non ac pueri hirvas timeuf

gr^rnin phUotophiam, fium veretilnr ne ton nhâucnt.

V) fl-KMENT D'AI.EXANDRIK.

iiK'mp ' , il faire usage de son érudition dans les lettres grecques, mais il prit hardiment la défense de la philosophie contre les attaques exagérées des siens, en même temps qu’il vengea la foi du mépris des philosophes et des (inostiques.

Cette controverse, où un docteur chrétien de la primitive Église traite et résout les mêmes questions qui ont le privilège de nous émouvoir si vivement au xix* siècle, nous a semblé digne d’être remise en lumière. Mais avant de nous engager dans cette exposition, nous devons dire un mot de la vie et des ouvrages de Clément d'Alexandrie.

' iS/rom. /, p. 3ift.

('IlAFlTUi: IV

Vi« d« Glém«nt.

Titus Flavius Clément, surnommé Alexandrin, llorissait à la fm du second siècle et au commencement du troisième, environ de l’an IHt) à l’an 31 A après .lésus-Christ. Les années de sa jeunesse sont demeurées ensc\ elles dans le plus profond oubli. 11 n’en a rien dit lui-mème, et ses disciples aussi bien que ses contemporains ont négligé d’en instruire la postérité. Sa patrie ne nous e.st même pas connue d’une manière certaine, et nous trouvons que les anciens étaient partagés touchant le lieu de sa naissance. Saint Kpiphane témoigne que les uns plaçaient son berceau à Alexandrie, tandis (pie les autres le faisaient naître à Athènes et n’attribuaicjit le surnom qu’il avait reçu et qui lui est resté qu’au long séjour qu’il avait fait dans la cité des Lagides L

11 paraît certain qu’il naquit de parents païens, qui l’élevèrent dans les principes et la pratique du polythéisme ; niais il eut en même temps le bonlieur de recevoir dans une instruction .solide et variée le moyen de s’arrjicher plus tard aux préjugés religieux de son enfance^. Knflammé du désir qu’avait éprouvé saint .Tustin le martyr, de connaître la vérité et le principe divin des choses, il embiussa dans

* KV/’u/,; Ij JiXït ?£V»i ’ A/ îÇ'/V^'©î2t, ïri'.'it Cl , {II.TV. XXXIl, Ü.)

* Ku«., Pr.vp. erang. II, c. ir.

62 OLKMENT D’ALEX ANDUIE,

SCS études le domaine entier de la science grecque ; et noatrouvons dans ses écrits, tout pleins d'une immense énidition, des révélations qui prouvent qu’à l’exemple des plus grands philosophes, il s’élait fait initier aux mystères les plus secrets des sanctuaires de la Grèce et de l’Égypte'. Les maîtres en science divine ne lui manquaient pas. Taudis que Sextus Empiricus, recueillant l’héritage d’ÉiuVimède, invitait sans succès les âmes inquiètes et fatiguées à chendier le repos dans un doute insupportable à la nature humaine, d’autres en plus grand nombre, et plus favorable ment écoutés, les conviaient à se réfugier dans l’exaltation du mysticisme religieux et dans les pratiques de la Ihéiirgie. Fondant, à l’exemple de Plutarque, dans un même syncrétisme la morale et la théorie religieuse de Platon avec la philosophie de Pythagore et d’Aristote, l’Africain Apulée se donnait la mission de réconcilier, par des interprétations al légori([ues, la raison avec les traditions mythologiques et la religion de l’empire. Savant, crédule et aventureux, il allait de ville en ville, haranguait dans les amphithéâtres, se vantant, comme un autre Apollonius de Tyane, d’unir la sagesse des philosophes à la piété des initiés*. D’un autre côté, avec des intentions différentes, l’école juive représentée par Numénius d’Apamée, et les sectes gnostiques florissantes en Syrie et on Égypte, aflichaient les mêmes prétentions et déployaient le même zèle lie prosélytisme.

Clément put consulter et entendre tous ces oracles qui, à des titres si divers, prétendaient posséder le secret de la

\ oi àvxpxv&iv ôf rtcov/.ujih

(Coh. ati gmifs, c. il, p. 13.) ~ Cf. Kus., Pr.rp. Krang., lib 11

c. II.

* Cf. A. -F Ozanam : Eitidrn xur ht (it'cndeurf romnwe. ('orrof*po»'l*Di du 10 1R53.

UVHE I.

vérité et les mystères du monde divin. Mais son esprit et son cœur ne purent trouver la lumière et le repos dont ils sentaient l’impérieux besoin. Heureusement, au milieu de ces voix enthousiastes, mais discordantes, de théurges et de philosophes, il lui fut donné d’entendi e et de reconnaitre

• un chant j)lus pur et plus harmonieux que celui d’Ani- « phion de Thèbes et d’Arion de Méthymne, une doc- « Irine plus vraie, plus sainte que celle de Platon, le chant

• sacré des prophètes véritablement inspirés et la divine

• doctrine du Verbe révélateur*. • 11 s’attacha sans retour à ce précepteur divin, raison substantielle et incréée, source de toute lumière et de toute sagesse, qui, existant dès le commencement et avant l’aurore dans le sein du Père, a paru dans le temps et s’est manifestée aux hommes pour les instruire et pour les sanctifier

L’époque et les circonstances de la conversion de Clément nous sont inconnues ; mais il paraît qu’il se convertit de bonne heure, puisqu’il dit avoir composé ses Stromales, le dernier de ses trois grands ouvrages, afin de conserver pour sa vieillesse le trésor de ses souvenirs üès que la lumière de la foi eut commencé de briller à ses yeux, il s’éprit d’un amour ardent pour elle, et il se livra à l’élude approfondie du christianisme avec le même zèle qu’il avait mis à s’instruire dans les lettres et la science grecques. 11 entreprit à cet effet de grands voyages, voulant sans doute, comme Hégésippe, apprendre la doctrine de Jésus-Christ dans tous les lieux où les apôtres avaient laissé des successeurs. Il indique lui-même, au début de ses Stromales, les pays

1 ad gciiies, n. 1, p. 1 et i IJ., thid,, p. *i.

' -Strom. p, 32’2. Les S/romaie* furent conipuses apri’9 I’hh ly:j, l'uisquc Clément y parle de la mort de l’empereur Commode. (.S'trom . /.

n.EMKNT D AI.KXANOUIE.

qu’il visita et les maîtres dont il eut le bonheur de recueillir les leçons. « Cet ouvrage, dit-il, n’csl pas un livre écrit « dans le but d’étaler une vaine science ; c’est un recueil

• de souvenirs que je rcserve pour ma vieillesse, un re-

• mède contre l’oubli ; c’est un léger, mais fidèle crayon « des discours vifs et animés de saints personnages. « hommes admirables que j’ai été jugé digne d’entendre. « L’un d’entre eux, l’ionien, florissait dans la Grèce.

• l’autre dans la grande Grèce; le premier était origi- « naire de la Célésyrie, le second de l’Égypte. J’en ai eii- « tendu d’autres en Orient; l’un était Assyrien, et l’autre. « que j’ai connu en Palestine, était Juif d’origine. Le der- « nier que j’ai rencontré était sans contredit le premier « de tous par la puissance de la parole ; lorsque je l’eus

• découvert en Égypte, je m’arrêtai dans la possession de « ce trésor caché. Ceux-lii avaient conservé la vraie tra- « dition de la bienheureuse doctrine qu’ils avaient reçue « immédiatement des saints apôtres Pierre, Jacques, Jean « et Paul, chacun comme un (ils de son père. Mais il y en « a peu de semblables à leurs pères. Us sont venus par « la grâce de Dieu jusqu’il nous pour nous confier la se- « mence divine qu’ils avaient reçue des apôtres, et je suis « certain qu’ils se réjouiront de voir ici leurs discours « non pas expliqués, mais seulement marqués pour les

• sauver de l’oubli *. »

Ce passage a donné lieu à de nombreuses discussions et «aux interprétations les plus diverses, non-seulement sur le nom, mais encore sur le nombre ^ des maîtres que Clé-

* Slrom., !ib. I, p. 3î2.

* QiioUjuck critiques croient qu’il y en a sept de désignés, ooniine truenke; d'autres cinq seulement, comme nuronius, Valoh», etc. suivons cette derni^?re opinion, qui nous semble plus conforme au toxta grec.

LIVKK I.

ment ne désigne que par le lieu de leur naissance. D’après les conjectures de Baronius*, ces illustres et saints personnages seraient saint Denis de Corinthe, saint Théophile d’Antioche, Bardesanes et saint Théophile de Césarée. Valois substitue aux deux derniers Tatien et Théodole tjuant au dernier indiqué, on croit généralement qu’il s’agit de saint Pantènc, et il n’y a guère moyen d’en douter après le témoignage formel d’Eusèbe Saint Pantènc fut ce maître préféré, qui l’emportait sur tous les autres par la puissance de la parole {'hvxuei irpùTov), et que Clément décore du nom d’abeille sicilienne, comme les Grecs, dans leur admiration pour Xénophon, l’avaient appelé l’abeille attique.

Pantène, digne maître d’un tel disciple, était né peutêtre en Sicile, d'" parents païens, et avait adopté dans sa jeunesse la doctrine du Portique Mais ayant reçu les premiers enseignements du christianisme d’un disciple des apôtres 5, il (phtla l’école de Zénon pour celle de Jésus- Christ, et vécut longtemps dans la retraite, livré à l’étude et à la méditation des saints livres. 11 y puisa un zèle ardent pour la propagation de l’Évangile, qu’il prêcha «dans les contrées de l’Orient et jusque dansl’Tndc ou Arabie orientale®. Après de nombreux et glorieux travaux, il fut appelé par Julien, évêque d’Alexandrie, h présider et k diriger

* i4nii. eccl., ad annum CLXXXV, p. 244. Anvers, lOüO.

* Annotai, inlib. V Hisior. eccî. Euiebii^ p. 85. Paris, 1678.

* Hist. eccl., lib. V, c. it, p. 142.

* pflîîipîv Tôv èî.iiiivï/o;. (Eus., Hisf., lib.V,

c. X, p. 112.1 Panlflpnuf $toicæ secLv philoiophus. — Hier. Cai., c. 36.— Philippe de Suie le dit pythagoricien ; mais son t^^moignage est ici peu digne de foi. V. Guerike : De schola quæ Alexandrix floruit catech.. t. I, p. 4. Hallis Saxonum (1824).

'•* UuvTxij'jv t»'{ t5)v tî Tovi v.?:'i9r6x9tji v/'.oywOxt. fphot

Bih. Cod., 118, p. 297. Khotomagi, 1653.1

* Eus., Ihxt. rccl., lib. V, c. x, p. 142. Pf. Guerike, L r.

rô

CLKMENT UALEXANDKIE.

l’école des catéchèses de cette ville, au commencement du règne de Commode, vers l’an 181 de Jésus-Christ.

Cette institution célèbre, fondée, dit-on, par saint Marc, disciple de saint Pierre, dans le but d’enseigner le catéchisme aux enfants et aux catéchumènes ' , acquit a la fin du second siècle une importance considérable. Alexandrie était devenue à cette époque, comme on l’a répété si souvent, le siège principal de la science et de l’érudition grecque et barbare. Un musée fondé par Ptolémée Lagus, agrandi par ses successeurs et plus tard par l’empereur Tibère, y existait aux frais de l’État. Là étaient enseignées toutes les connaissances humaines, et la jeunesse avide d’instruction y accourait de toutes les provinces de l’empire comme à une autre Athènes, pour achever son éducation littéraire et scientifique. De cette cité, où elle siégeait comme au centre de son empire, la philosophie étendait sa domination sur la Grèce, l’Orient et l’Occident, et animait de son e.sprit toutes les écoles répandues dans les vastes provinces du monde romain *. Cet état de choses, (jui pouvait retarder le progrès du christianisme, lui fut ;ui contraire très-avantageux, par la louable émulation (]u’il excita dans les chrétiens. Les évêques comprirent (jue renseignement élémentaire de la doctrine chrétienne ne pouvait plus suffire ni pour prémunir les fidèles contre les savantes erreurs répandues autour d’eux, ni pour attirer, préparer et gagner à la foi les païens bien élevés. I.’on y joignit donc d’abord un cours raisonné du christianisme, puis peu à peu l’enseignement général des arts ei des sciences philosophiques. L’explication des

' Ku8., Hiit. ecet.» lib. V, c. x, p. 1 Cf. (iuerike, p. T2, lü.

* Cf. J.-M. IVat, //(ji/otrc c/c airAartUmi. Paris:, 181 î.

LIVRK 1.

saintes lettres demeura toujours la base et l’objet principal des études ; mais on enseigna en même temps la grammaire, la rhétorique, la géométrie, la philosophie, etc. ' .Selon Philippe de Side, le premier directeur de cette école dirétienne aurait été Athénagore Mais si elle ne dut pas à saint Pantène justju’à son existence, elle en reçut du moins son affermissement et sa première réputation. Doué de grands talents et muni d’une riche érudition, ce saint docteur possédait à un degré éminent l’art d’enseigner, qu’il déployait surtout dans des leçons ou commentaires sur l’Écriture *. Pour attirer plus facilement les philosophes et les païens instruits au christianisme, aussi bien ([ue pour défendre l’intégrité et la pureté de la foi contre les Gnostiques, il étudia ;i fond leurs systèmes et fit de la science profane une sorte d’introduction à la science sacrée. Cette méthode, adoptée par Clément et par ses successeurs, réussit îi saint Pantène ; il eut le bonheur de convertir un grand nombre de païens à Jésus-Christ, et Origène s’autorisa plus tard de ses succès et de son exemple, pour se justifier des accusations de (|uelques chrétiens qui blâmaient en lui l’étude et l’usage qu’il faisait des sciences profanes dans son en.seignement. ■ M’étant livré tout entier, dit-il, t à l'étude de la parole de Dieu, et voyant qu’attirés par « la réputation de jour en jour croissante de mon érudi- « tion, les hérétiques, les hommes versés dans la littérature • greccpie, et principalement les philosophes, accouraient < en foule pour m’entendre, je me déterminai à étudier les « doctrines hérétiques et les systèmes par le.squels les phi-

1 fJuerike, p. 104 et 199; Mcehler, Pa/roi., t. II, p. 9 et 199.

* Tsi ii^^/zXshj iv îst; TT/iitrof (I)o*iwel.

Dihtfri. in Iren.. p. 4H^^. Oxf>n., 1080.)

* Hujui (Panij'ru'y muPi in lanctum .Scri/iliiram ejcstant commentai'ii. Hier. Cflt.) — II n'en reste aujourd'iuii que quelques fragments recueillis par Kouih. Ileliq. iSac. /, 339-343.)

.VI CLKMKNT 1) ALEX ANDKIK.

« losoplies se glorifient d’atteindre la vérité. En cela je « n’ai fait que suivre l’exemple de Pantène, qui, par la « connaissance approfondie qu'il avait de ces matières, se « rendit utile à un grand nombre d’auditeurs ; l’exemple « d’Héraclas, aujourd’hui prêtre de cette Église d’Alexan- « drie, lequel suivait depuis cinq ans les cours d’un philo- « soplie, lorsque je commençai moi-même à en entendre « les leçons'. »

Ce fut par ces qualités que saint Pantène s’acquit la confiance et l’admiration de Clément, son plus illustre disciple, et bientôt son collègue et son succes.seur. Celui-ci se forma peu à peu sous la direction d’un maître si habile, et acquit ces trésors de science sacrée qui, s'unissant en lui à toutes les ressources de l’érudition profane, devaient en faire un puissant propagateur de l’Évangile et l’admiration du monde chrétien. 11 fut ordonné prêtre de l'Église d’Alexandrie, et vers l’an 189, l’évêque Démétrius l’adjoignit à saint Pantène pour diriger l’école des catéchèses *. C’est à dater de ce moment qu’il commença à briller comme docteur et comme écrivain. .Ses vertus*, son érudition immense, sa connaissance des moindi-es détails de la littérature grecque*, son éducation philosophique et son éloquence entraînante * lui méritèrent l’admiratJon et

! Eus., Hist. eccî,, lib. Vï, c. xix, p. 179.

* Ouerike, Ibid., p. 31. — Cf. Ceillier, Histoire des auteurs ecclès., t. Hf c. XXVI, p. 243. Paris, 1730- — Mœhler, PatroL, t. II. p. 18.

* x«l (Alexand. Hierosol. Epist. apud Eus. Hist.

ecc., 1. VI, ci II, p. 172.)

* 'o K>4«rî dvi}>: xat 5évayvwî,«âr''jv r9)’.«T^f7-

(Wf àUyei tt/so ctiroy (Cyril. Alex. coiW. Juîi., lib. VUi

p. 231 . Paris, 163H.)

* Clemens Alexatidrhms^ ecclesiæ presbyfer, meo judicio, omnium eruditissimus, octo srn‘psi7 ^tromalu^ Uhros. • . Quid tn il/w libris indoctum, imo nor» e medio philosophise (Hier., Ep- ^3, ad Magnum.) — Cf. L’E.r/iorlafion ai*,î; Gentils deClémenl. et parliculiercmenl U péroraison , Fabr. Btblioifi. qræc., lib. V, c, r, p. 103. Hamburgi, 1723.

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le respect des païens eux-mêmes ; ils le goûtèrent, suivirent ses leçons et se convertirent en grand nombre. Ses disciples les plus célèbres furent Origène, qui lui succéda, et saint Alexandre, d’abord évêque de Flaviade en Cappadoce, d’où il passa sur le siège de Jérusalem

Clément remplissait depuis plus de douze ans les fonctions de catécliiste ù Alexandrie, lorsque sous Septime Sévère, en 202, une nouvelle persécution éclata contre les chrétiens et vint chercher des victimes dans cette Ville I.a renommée de notre saint docteur, les conversions qu’il faisait par ses écrits et par ses leçons publiques durent nécessairement le désigner un des premiers ù la haine et aux poursuites des pem'cuteurs. Comme il avait pour maxime qu’un chrétien, suivant le conseil de Jésus-Christ, ne doit pas exposer sa vie au danger il interrompit ses fonctions et s’éloigna d’Alexandrie .‘'aint Fanlène qui vivait encore, puisque, selon saint Jérome, il fleurit sous .Snère et Caracalla*, avait aussi quitté cette ville; de sorte que le jeune Origène, âgé seulement de dix-huit ans, demeura seul pour continuer l’enseignement du Didascalée ®. 11 n’est pas facile de dire dans quelle contrée se réfugia Clément. On croit que ce fut à Flaviade, dont Alexandre, son disciple, était évêque Il y resta probablement Jus(|u’i\ l’année 209, où Alexandre fut nommé coadjuteur du vénérable Narcisse, évêque de Jérusalem. Clément suivit son ami, et, toujours dévoré du zèle de l’apostolat, il ouvrit dans cette

1 Kus., Hiit. ecd., hb. VI, c. xiv, p. 175 s(j.

* Id.,ihid., lib c. I, p. n>3.

* Strom.f IV, IV, 10. p - 571 ; VII, 11, p 8‘l .

* Eus , HtJif tcci., lib. VI. c. ni, p. !06.

* Docuit ïu6 St^ero et Caracalla. CaUl., c. .‘W.

* Ku«. , /5td. , lib. VI, c. III, p. 1U5.

’ Mnphler, PatroL, t. II. p. 19.

CLEMENT Ü'ALEXANLKIE

ville si riche de souvenirs un cours d’enseignement chrétien. Plus tard Origène cherchant aux pieds du Calvaire un abri contre les persécutions qui le chassaient, lui aussi. d’Alexandrie, devait comme son maître donner des leçons dans la ville .sainte, et saint Pamphyle y fonder une des premières bibliothèques chrétiennes. La parole de Clément ne fut pas moins féconde à Jérusalem qu’à Alexandrie. 11 édifia et confirma les fidèles dans la foi, dont il étendit le domaine par de nouvelles conquêtes.' Eusèbc nous en a conservé un éclatant témoignage. Dans une lettre de recommandation que saint Alexandre donna à son ancien maître, en le députant aux fidèles d’Antioche pour les féliciter sur l’élection de saint Asclépiade, leur nouvel évêque, il dit en terminant : « Je vous envoie cette lettre, vénéra- « blés frères, par le saint prêtre Clément, homme ver- « tueux et digne de confiance, qui vous est déjà connu et « que vous apprendrez à mieux connaître encore. Tant « que les décrets de la providence de Dieu ont permis « qu’il habitât parmi nous, il a non-seulement affermi t l’Église, il l’a encore étendue'.»

Cette lettre fut écrite l’an 211. Depuis ce moment il n’est plus question de Clément dans l’ histoire ecclésiastique. Se fixa-t-il à Antioche, retourna-t-il auprès de son ami à Jémsalem, ou vint-il prendre de nouveau la direction de l’école d’Ale.xandrie, nous l’ignorons complètement. Cependant il est à croire qu’il prit ce dernier parti et qu'il voulut mourir sur le théâtre de ses pren)iers et plus glorieux travaux *. L’année de sa mort n’est pas moins incertaine ■'*.

» Eug.. Ilisl. eccL, lib. VI, c. xi, p. I7i 1 Cf. Guerike, I. c., p. 35.

5 Dupin et I.aîtnmcrle font mourir en ‘i-20, Guorikeen '213, D. Uimiiv, 1). Ceillier et Mœhler, eu 21".

LIVRK I.

C’est là tout ce que nous savons de la vie de ce grand liomine, l’une des plus brillantes gloires de l’Église catholique. Les premiers Pères, surtout ceux d’Orient, lui donnent le litre de saint, et le Martyrologe d’I’suard place sa fête au h décembre ; mais son nom n’a pas été inséré dans le Martyrologe romain

Eiisèbe, saint Jérôme, Photius et Nicéphore donnent la liste des nombreux ouvrages de Clément d’Alexandrie. Ici encore nous avons à déplorer des perles considérables; mais le petit nombre des écrits qui nous restent sunisent pour perpétuer la gloire de notre saint docteur, et nous autorisent à lui donner le titre d’apôtre de la science chrétienne.

\ I,C'4 motifs de cette non insertion sont déveiopp«5s dant* une lettre de Benoit XIV h Jean V de Portugal, dont nous parlerons h la fin de cotte étude.

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