EN LAQVELLE EST DEMONSTRÉE
LA VALEVR DES NOTES DE MVSIQVE NOVVELLEMENT MISES ES PRESENS PSEAVMES.
Ceux qui apprennent d'eux mesines à chanter les Pseaunies sans auoir autre aide que la note de Musique, laquelle a esté mise par cy deuant sur toutes les syllabes du premier couplet de chacun Pseaume, sauent assés combien il est long et diflScile d'appliquer la dite note du seul premier couplet pour s'en seruir à chanter tous les autres du mesme Pseaume, et principalement à chanter ceux-là qui sont eu vne autre page que n'est le premier, lors que d'vne mesme veuë on ne peut regarder et la lettre et la note : et appercoiuent aussi combien il leur seroit plus aisé de les chanter, s'ilz estoyent aidez de la note sur ceux-cy, comme sur le premier.
Si pour obuier à \ne telle difficulté on fait imprimer des Pseaunies auec la note sur tous les couplets comme celle qui par cy deuant a esté mise seulement sur les premiers, le volume en deuiendra non seulement beaucoup plus gros, et par ce plus chair et moins portatif : mais encoi-e la lecture en sera fort fâcheuse, à cause que le plus souuent il faudra que les syllabes d'vn mesme mot soyent séparées l'vne d'auec l'autre, pour accommoder la note sur chacune d'icelles, comme il se void auiourdhuy es premiers couplets. D'autre part à cause de la variété et inequalité tant des Pseaunies que des couplets, il ne seroit pas moins incommode ne moins fâcheux d'en faire imprimer de telle grandeur de pages, qu'vne seule peusl comprendre et contenir plusieurs couplets auec la note sur le premier d'iceux, de laquelle on se peust seruir pour tous les autres contenus en icelle page , qui seroit exposée à vne veuë d'œil, car en cela la veuë pour la distance se travaillcroil par trop, et ne se pourroit faire qu'elle ne se troublast aucunes lois, et la grandeur du volume le rendroil mal propre pour eslre maniable et portatif.
'" On a scrupuleusement conserve l'orthographe et la ponclualion, parfois étrange, de ce
De ma part il y a long lemps que i'ay désiré que quelque bon Musicien excogitast pour l'vsage du chant des Pseaunies quelque façon de notes qui occupassent moins d'espace que celles dont on vse auiourdhuy, et qui se peussenl commodément appliquer à toutes syllabes sans distinction de celles qui sont vn mot entier, pour le moins es lieux es quelz vne syllabe ne requiert plusieurs notes : ce qu'il me scmbloit pouuoir eslre inuenlé sans grande difficulté, d'autant que les Hebrieux nous en ont desia monstre les traces : car ilz ont mis leur Musique non seulement sur les Pseaumes, mais sur tout le Vieil Testament, et l'ont marquée par si petites notes (les quelles par mesme moyen leur seruent aussi d'accens, et de liaison de plusieurs vocables en vne sentence, et de distinction d'iceux) que coustumierement ilz n'escriuent ne font imprimer Bible aucune, sur toute la quelle ilz ne couchent leur Musique : la quelle neanlmoins ilz font demeurer toute (et leurs voyelles auec) au blanc qui autrement encore est nécessaire d'estre laissé entre deux lignes de texte, à cause des queues des lettres consonnantes, qui surpassent le corps des autres en haut ou en bas.
Or voyant que personne ne satisfaisoit à ce mien désir, ie me suis mis moymesme après cesle recherche, pour contenter mon esprit affectionné de soulager ceux (dont i'en ay apperceu plusieurs) qui se trouueroyent empêchez à chanter les Pseaumes, à cause de la difficulté susdite. Mais à fin qu'en tachant d'obuier à vne telle difficulté, ie ne rentrasse en vne autre plus grande ou pareille, ie me suis proposé de quitter là tout, si ie ne pouuoye rencontrer des marques et notes, lesquelles non seulement occupassent peu de place, et feussent propres pour estre appliquées chacune à sa syllabe, sans disioindre celles qui doiuent estre conioinctes, et outre feussent suffisantes pour pouuoir exprimer toutes proportions et mesures , auec tout le reste qu auiourdhuy on représente par l'eschelle, et toute sorte dénotes et marques dont les Musiciens vsent en leurs liures : mais d'auantage, que la science et notice d'icelles fust aisée à comprendre et tirer en vsage, et ensemble facile à retenir en mémoire: eu quoy estoit requis qu'elles feussent en petit nombre , et desia en quelque commun vsage, à fin que par la pluralité d'icelles on n'enlrast en confusion et obscurité, ou par leur nouueauté en trop grand labeur de les apprendre, et grande procliueté d'estre incontinent mises en oubly. Après m'estre vn peu à bon escient employé à cela , et auoir de près considéré et examiné toutes ces circonstances aux quelles i'auoye arresté et conclu de m'astreindre moymesme, ie n'ay trouué moyen plus expédient que de recourir à l'Arithmétique, comme à la source et mère de la Musique : de laquelle i'ay emprunté ces characteres i , a, 3, i, 5, 6, 7, 8, 9, y adioustant deux lettres A, B, pour perfaire ie nombre d'onze notes, prenant A pour 10, et B pour 1 1 , afin de
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n'vser de deux characleres pour vne seule noie. Par l'aide des quelles onze notes, et de dou\ telz liails ' |, cl dvn pclit point rond, en peu de temps i'ay apperceu que ie pouuoye exhiber plus que ie n'eusse osé espérer : car combien que ie me feusse proposé tout ce que i'ay mis cy-desus en auant, si est-ce que mon but principal n'estoit point de seruir en cecy aux ignorans de l'art de Musique, non plus que de porter quelque grand profit aux plus perfects Musiciens, les quelz ie ne prelendoye pouuoir estre beaucoup soulagez de mou aide ou industrie : il me suffisoit de pouuoir satisfaire aux médiocres, qui desia sauent bien s'aider des notes communes mises sur les premiers couplets de chacun Pseaume, mais ont grande difficulté' à chanter les autres couplets sur les quelz ils ne voyent la note : aux quelz, à ce qu'ils peusseut obuier à telle difficulté', ie deliberove donner quelque adresse, en mettant mes petites notes sur tous les couplets, veu que les autres ne s'y peuuent mettre par tout que trop incommodement. Mais, grâces au Seigneur, la chose a sans grand labeur si bien succédé à mon entreprise, que non seulement les médiocres Musiciens (pour les quelz principalement ie travailloye) y auront tel soulagement qu'ilz pouuoyent requérir : mais bien les plus excellens s'en pourront seruir aussi bien ou mieux que de leurs notes accoustumées , es Pseaumes des quelz ils ne sauent le chant par cœur : et les ignorans de la gamme et des notes communes (qui désirent neantmoins apprendre de la Musique autant que besoing est pour chanter les Pseaumes comme on les chante es saintes assemblées) trouueront icy vne adresse et voye fort courte pour les conduire la oii leur bon désir les appelle.
Car au lieu qu'au parauant on auoit coustume de consumer plusieurs mois à apprendre ia gamme et rudimens de Musique, pour se sauoir seruir des notes communes, mesme deuant que pouuoir venir à la pratique d'icelles : qui est de sauoir promplement discerner quelle de ces six voix ou syllabes V(, Re, Mi, Fa, Sol, La, faut vsurper pour chacune note (après quoy, suit encore la pratique d'appliquer le propre ton à chacune voix : ce que ie prens pour vne autre chose et difficulté à part) maintenant sans se rompre ou charger la leste d'vne telle infinité de préceptes, par les quelz ils estoyent par cy deuant espouuantez, et bien souuenl forclos de l'vsage de la sainte Musique plein de toute consolation, ilz pourront en moins d'vne heure estre sulHsammeut instruits pour s'exercer à la pratique de noz notes.
Il est bien vray que ceux qui sont desia accoustumez à l'vsage des dilles six voix Vt, Re, Mi, Fa, Sol, La, s'en pourront bien seruir (comme i'ay dit, et le monslreray cy-apres) par le moyen de nos notes aussi bien ou mieux que par celuy de l'eschelle et notes communes : mais quant à ceux qui n'ont point le loisir de s'amuser long temps après vne (elle spéculation, ie leur conseille que laissant là ces six syllabes Vt, Re, Mi, Fa, Sol, La, ilz apprennent les Ions
sur les syllabes des Pseauines niesincs, cii haussant ou baissant, la voix selon la proportion des degrés que les nombres mis sur chaque syllabe leur demons- Ireronl à veuë d'œil : car par ce moyeu tout à vnc fois ilz appreudrout et les tons et les Pseaumes auec leur chant.
Toutesfois si pour le commencement ilz trouuent cela trop difficile, il sera bon qu'ilz apprennent doue toute sorte de tons et gradations de voix en vsurpant ces onze syllabes Vn, Deux, Trois, Qua'(ou Quat' pour Quatre), Cinc,Six Sept, Huit, Neuf, Dix, On (ou Onz' pour Onze, qui seroit de deux syllabes comme Quatre), accommodant tons-ionrs vne chacune de ces voix ou syllabes au chidre ou nombre qui les représente : connue i Vu, a Deux, 3 Trois, /i Qua, 9 Neuf, A Dix, B On .
Mais à fin que ceux qui sont destituez de maistre se puissent aisément exercer d'(!ux niesmes au chant de ces dites onze syllabes, et puis après au chant des Pseaumes, le leur meltray icy eu auant ce que ie conoistray estre requis pour ce faire. Puis après ie j)roposeray aux autres comment auec noz notes ilz pourront vsurper leurs voix ou syllabes Vt, Re, Mi, Fa, Sol, La, tout ainsi qu'auec leur escbelle et notes accoustumées.
Il faut donc que les premiers qui sont ignorans de la gamme et de Tvsage de la dite cschelle et notes accoustumées, sachent en premier lieu que c'est qu'on entend icy par les mots de Mesure, de Pause, de Souspir et de Ton, et quel est l'vsage d'iceux en la Musique et chant des Pseaumes presens, et de ([uelle marque nous auons vsé, pour demonstrer toutes leurs différences et diuersités : et puis après qu'ilz apprennent de les mettre en pratique el en l'vsage, pour lequel elles ont esté mises en auaut.
Par Mesure, on entend \u certain touchement ou tact, qui se fait par vn esgual abbaissement et esleuation de la main ou du pied, qu'on remue ainsi esgualement et auec proportion en chantant, à fin de s'arrester sur les aucunes voix, autant de temps qu'on demeure à baisser la dite main ou pied, pour fraper ou toucher à quelque chose, et à la leuer, qui est vne mesure entière : et sur les autres la moitié de ce repos là, qui est compris par vu seul baisser ou vn seul leuer : et sur les autres ou plus ou moins, de laquelle variété toutesfois nous ne ferons poiut icy mention, sinon autant qu'il sera requis pour le chant des Pseaumes preseus. Nous auons mis vn tel petit trait ' ioignant les characteres des quelz nous vsons au lieu de notes lequel est de la longueur de la moitié du corps dudit charactere, ainsi 9 ', 3 ', AI, et demonstre une Mesui'e entière, comme ceste note zsz en la Musique commune. Le dit trait estant auprès de la note finale de chacun couplet a double longueur, à sauoir de tout le corps de la dite note, ainsi i | , 5 | , B | , pour demonstrer qu'elle vaut deux Mesures, comme es autres notes ceste-cy |=J. Les autres
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notes ('S quelles il n'y a ne l'vn ne l'autre de ces deux traits 1 1 demonstrent la nioitii! de la Mesure entière, lellenientque deux n'ayans ioijonant soy aucun trnilne valent qu vue ayant le petit trait, comme ces deux*f f es notes communes ne valent que ceste-cy ^. Touchant au point que nous mettons aucunesfois dessous ou dessus ledit petit trait, ou auprès de la note sans qu'elle ait le dit trait, nous en parlerons cy après.
Par les Pauses et Souspirs, on entend la respiration et reprinse d'haleine, qu'on fait coustumierement entre deux vers par certaine mesure : toutesfois es Pseaumes presens il n'est question que des Pauses par ies quelles on reprend son haleine, per l'interualle d'vne Mesure entière : et des Souspirs par les quelz aussi est signifie' de retirer à soy fhaleine, mais c'est seulement par finterualle d'vne demie mesure; qui se fait d'vn seul baisser de la main. Les Pauses ont esté represente'es à la fin des vers, où elles estoyent nécessaires, par vne telle marque ! Et les Souspirs par une telle I es commencemens des vers, où ik estoyent requis.
Par le mot de Ton ou gradation de voix, on entent quand on esleue ou abbaisse la voix d'vne syllabe plus que de fautre. Ce sera d'vn seul Ton ou degré' entier, si sela se fait en haussant ou baissant la voix le moins qu'il nous sera possible, sans la feindre toutesfois : car par fiction de voix on peut exprimer vn demy-ton, par vn tel degré on monte du premier Ton au second, ou descend-on du second au premier : et pource on l'appelle vne Seconde : si on hausse ou abbaisse encore la voix autant qu'à la première fois, ce sera vn autre degré, conduisant du second au troisiesme ton, et ainsi des autres : mais si laissant le second, on monte du premier au troisième, ou si on descend du troisième au premier, ce sera vne Tierce : et vne Quarte, si on vient du premier au quatriesme ou du quafriesme au premier : et ainsi vne Quinte, vne Sexte, vne Octane, si du premier on vient au cinquiesme, sixième, huitième, ou de céux-cy au premier, et ceste dénomination de Seconde, Tierce, Quarte, Quinte, Sexte, Octaue leur demeure, non seulement quand du premier et plus bas Ton on vient au troisiesme, quatriesme, cinquiesme, sixiesme, huiiiesme en montant, ou de ceux-là au premier en descendant : mais comment que ce soit qu'on esleue ou qu'on baisse la voix d'autant de degrés que contient chacun des dits Tons : à sauoir d'vn aux Secondes, de deux aux Tierces, de trois aux Quartes, de quatre aux Quintes, de cinc aux Sextes, et de sept aux Octaues. Et il n'est point icy question de plus ne d'autres Tons ou degrés : si ce n'est quand les voix sont esguales, et d'vn même ton ou son, ce que à cause de cela on appelle Vni-son.
11 y a encore vn point dont ie vueil aduertir ceux qui ne saueut que c'est de la Musique represenléc par notes : c'est quilz ne liouueront en aucun de
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lous CCS l'seaumes deux syllabes quelconques, les voix des quelles en les clianlîint soyent distanles l'vne de i'aulre de plus de luiil degrés ou inlerualles : qui est le ton d'vne Octaue et d'vne Seconde : car, comme i'ay dit, TOctaue ne comprend que sept degrés, ne la Seconde qu'vn seul. Et à fin qu'on puisse plus aisément entonner la premier syllabe du Pseaume, i'ay mis deuant vn chacun les deux chiffres ou notes qui demonslrent la plus basse et la plus haute voix que s'y trouue en le chantant : selon les quelles faudra entonner la première, tellement qu'on puisse commodément baisser la voix iusques à la plus basse qu'on y trouuera, et la hausser iusques à la plus haute, les quelles deux notes i'ay mises en la ligne qui est deuant l'Argument, à sauoir après ces letlres-cy Cl. Ma. ou Th. Be. les quelles demonslrent l'Aulheur de la rhythme Françoise du Pseaume suiuant. I'ay en outre mis d'autres notes au commencement de la mcsme ligne, l'vsage des quelles ie demonstreray cy après.
Maintenant voicy comment i'vseray en ces Pseaumes, et comment on peut vser en tout chant des neuf chiffres i , a , 3, ti, 5, G, 7, 8, f), et des deux lettres A, B, pour représenter tous les tons et degrés de la voix reiglée de l'homme, lesquelz les Musiciens ont comprins en leur eschelle sous le nombre d'Onze, à sauoir sous cinq cordes et six espaces : on mettra donc sur la syllabe qu'on voudra re chiffre 1 pour représenter le ton le plus bas, vn 2 pour le second ton ou prochain degré en montant, vn 3 pour le troisième, vn k pour lequatriesme, et ainsi des autres en montant iusques à 9, et A (qui est 10), elB (qui est 1 1) ou en descendant de B iusques à 1.
II sera fort aisé de conoistre qu'on doit tenir la voix en Vni-son et ton esgual, quand les notes seront semblables : et pareillement il n'y aura pas grande difficulté de discerner quand la voix ne se deura esleuer ou abbaisser que d'vn seul degré car il sera exprimé par la note voisine et plus prochaine de la précédente selon leur ordre naturel, qui est eu montant 1, 2, 3, h, 5, 6, 7, 8, 9, A, B, et en descendant B, A, 9, 8, 7, 0,5,4,3,9,1 : lequel ordre ne peut estre ignoré mesmes des plus rudes, s'ilz conguoissent les chiffres, car ii n'y a si petit enfant qui ne sache l'ordre des nombres iusques à onze et en montant et en descendant.
Mais il y aura vn peu plus de difficulté à discerner promptement les tons esloignez l'vn de l'autre de plus d'vn degré, iusques à tant qu'on y sera vn peu accoustumé. Et pour aider en cela la mémoire, prennez-vous garde, que ne trouuerez iamais deux diuers nombres pers l'vn auprès de l'autre, comme sont 9, 4,6, 8, A, ne pareillement deux non-pers, comme 1,3,5,7, 9,8, qu'ilz ne demonslrent tous-iours vue Tierce ou vne Quinte, c'est à dire, que l'vne voix est distante de l'autre en montant ou en descendant, de deux ou de quatre degrés seulement : de deux pour les Tierces ( les quelles sont exprimées par
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deux nombres pers, ou par deux non-pers, les plus prochains Tvn de l'autre) et de quatre degrés ou inicruallcs pour toules les autres, qui ne peuuent estre que Quintes : car vous ne trouuerez point iey de Sepliesmes, de NeuGesmes, n'encore moins d'Onziesmes et pource il suflSt de bien imprimer eu mémoire les plus prochains nombres pers, et les plus prochains non-pers, pour cognoistre les Tierces : et retenir que les plus esloignez ne peuuent demonstrer que des Quintes, pourveu, comme i'ay dit, que tous les deux soyent pers, ou tous deux non-pers, et neantmoins difîerans Tvn de l'autre : car si c'estoyent deux Zi 4 , ou deux 5 5 , ilz demonstreroyent deux voix esguales et d'vn mesme ton. Si des deux nombres Tvn est per et l'autre non-per, et prochains l'vn de l'autre, ilz demonstrent, comme i'ay desia dit, la voix de l'vne syllabe eslre distante de l'autre, d'vn seul degré ou interualle, qui est dit vne Seconde. S'ilz ne sont point voisins l'vn de l'autre en l'ordre naturel, il faut nécessairement qu'ilz demonstrent vne Quarte, ou vne Sexle ou vne Octane, les quelles différences ne seront point difficiles à discerner, pourueu qu'on aduise vn peu aux distances ou interualles de l'vn à l'autre nombre , qui ne peuuent estre que telz que sont entre i et i ou 2 et 5 pour les Quartes, et entre i et et 6 ou 2 et 7 pour les Sextes, et entre i et 8 ou 2 et g pour les Octaues.
Mais à fin qu'on puisse plus aisément retenir ce que i'ay dit des Mesures, Pauses, Souspirs ou demy-pauses, et des Tons, l'en reduiray le Sommaire auec leurs marques en vne petite tablature.
i entière I comme /il i ! ! i
double I comme il li. \ l M demie comme U li. .u cesle-cy est exprimée par
l'absence des deux précédentes.
Pause ! et ce seulement à la fln des vers, valant vne mesure entière. Souspir ' au seul commencement des vers, valant demie mesure.