‹ Clément Marot et le psautier huguenotChapitre 103 sur 135 · EX · texte numérisé non relu

EX

PSALME LXVI (XGVIII).

( 2e phrase. )

( 2 e phrase. )

En - Ire vous con - seii-lers, qui es -tes

Li - guez et ban - dez con - tre moy,

Di - les vn peu , en bon - ne f'oy.

< 5* phrase. )

JL " e -TT7

(àe phrase. )

PSALME CXXXV1IÏ.

( 5e phrase. )

f-p-rf

— © — rx

Est-ce ius-ti-ce que vous fai-les?

En - lanls d'A - dam , vous mes - lez - vous

De fai - re la rai - son à tous?

Ainsi, au point de vue musical comme au point de vue littéraire, la partie du Psautier publiée la dernière n'a presque rien d'artistique, et manque de noblesse et de distinction. Le vrai Psautier, c'est celui de Marol et de Bourgeois. On est tout surpris de rencontrer, parmi ces airs presque burlesques, le psaume des batailles, ce ebant grandiose et d'une incomparable vigueur, qui, descendant du sommet des Cévennes, au pétillement de la fusillade, frappait d'une sorte de terreur superstitieuse les troupes du grand roi envoyées à la poursuite des Camisards. Le début en est sourd et étouffé, comme les grondements de l'orage qui approche; vers le milieu, des notes aiguës et prolongées rappellent le fracas de la foudre, éclatant deux fois presque coup sur coup, et la finale n'est pas sans analogie4 avec le dernier roulement du tonnerre se perdant dans le lointain.

Mélodie du xxxvi.

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Té

Que Dieu se monstre seu-le-ment, Et on ver-ra sou-dai - ne- ment.

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A - ban-don -ner la pla - rx;

Le camp des en -ne -mis es- pars,

Et ses hai-nenx de ton - tes parts

Eu - ir de- nant sa In - rc; i

■il o — p — fy — n —

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Dieu les fe - ra tous s'en-fu - îr,

Ain - si qu'on voit s'es-ua-nou- ir

Vu a -mas de fu - me - e;

Com - me la cire au-pres du feu

Ain - si des me-chans de-uant Dieu

La force est cou - su - mé

C'est une véritable, une sublime inspiration qui a fait mettre le psaume lxviii sur l'air du xxxvi; mais c'est Bèze qui l'a eue, et non le continuateur de Bourgeois; car le rhythme du psaume lxviii est calqué sur celui du xxxvi de Marot. Ici la foi invincible et l'élan suprême du juif ou du huguenot persécuté, qui combattra jusqu'au dernier soupir plutôt que d'apostasier, sont si admirablement exprimés par la mélodie, qu'on la dirait sortie brûlante du même foyer que les vers enflammés du psalmiste. Toutefois un homme s'est rencontré, nous n'osons dire un musicien, qui, à ce chant héroïque, déjà devenu la Marseillaise huguenote a osé substituer une baroque ineptie. C'est Franc qui s'est rendu coupable de cet acte de béotisme.

De G. Franc. 1 565.

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Oue Dieu se monstre seu - le - meut,

El ou verra sou-dai - ne -ment

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A - ban-don-ner la pla - ce

Le camp des en -ne -mis es - pars

Et ses haineux de ton - tes parts

(l) C'est au chant d'une mélodie alsacienne que les huguenots marchaient au combat, cent ans avant que l'Alsace fût Française (Riggenhach), et le jour de sa délivrance, hélas! trop tardive, c'est le même chant (pie répéte-

Fu - ir dc-uant sa fa - ce;

ront ceux de ses fils qui appartiennent à l'Eglise réformée. Nous l'avons trouvé avec ces paroles : Als Icsus Christ unser Herr, etc. , dans les Geistliche geseng and Psahnen, Nurcnbcrg, i5&5, in-64. (Collect. de M. Weckerlin.)

Dieu les fe - ra tous s'en - f u - ir, -n — P °

•Vin - si qu'on voit s es - ua - non - ir

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Vn a - mas de fu - me - e :

Coin -me la cire au - près du feu,

Ain - si des mc-chans de - uanl Dieu

La force est cou - su - me - e.

En vain objecterait-on que Franc n'était pas maître, qu'il ne faisait qu'obéir aux chefs de l'Eglise de Lausanne, qui désiraient que chaque psaume eut sa mélodie propre. D'abord, nous le soupçonnons fort d'avoir pris l'initiative en cette affaire; en outre, s'il fallait absolument que les psaumes xxxvi et lxviii se chantassent sur des airs différents, qui donc l'empêchait de mettre un nouvel air au xxxvi? Bourgeois avait bien senti que la mélodie alsacienne de ce psaume n'était pas en harmonie avec les paroles; il ne l'avait conservée que parce qu'elle était admirable et parce que Calvin lui-même, étant à Strasbourg, l'avait adaptée à sa traduction.

La plupart des autres innovations de Franc ne sont guère plus heureuses.

Les 46 nouvelles mélodies de son Psautier se décomposent ainsi : 27 pour les psaumes qui n'avaient pas d'air propre;

5 substituées à celles de Bourgeois; 1 h substituées à celles du continuateur de Bourgeois.

Au xcv, qui se chantait sur la belle mélodie du xxiv, il a mis un air insignifiant.

psalmr xcv.

Sur l'air du xxiv.

In & ! r-« r\ =

g il 0 — —

Sus, es - gayODS-DOUfl au Seigneur,

SEËEIEEË

El chantons hautement l'honneur

De G. Franc.

>nm — - —

rr-O

O-r^ rr-

-jT-j- — ©— 1

De nostre sa -lut et de-fen

se.

Hastons - nous de nous pre-sen-ler

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De - uant sa face et de chanter

3=fi

fi-XT

F=xv

Le los de sa ma-gni- fi - cen - ce.

Il a fait de même pour les lxvi et xevin adaptés au bel air du cxviii.

Sur l'air du cxvm.

De G. Franc.

Or sus, louez Dieu, tout le monde.

rj

Chantez le los de son re-nom;

Chantez si haut que tout re don - de JQ g>

r> o ^> fi

De la lou-an-ge de son nom.

rf " » —

Di-tes: 0 que tu es ter-ri-ble,

fi—

Sei-gneur, en tout ce que tu fais!

r^xi-o

O — fi— (9 — ~ ~° rj—O K1 fi-

Tes haineux, tant es in - uin-ci- hle.

Te flattent pour a - uoir la paix.

De G. Franc.

Chantez à Dieu nou-ueau can - ti - que, Car il a puis- sam- ment ou - uré,

-frr o

Et par sa for - ce ma-gni - li - que, Par soy-mesme il s'est de - li - uré.

Dieu a fait le sa - lut co-gnois- Ire, Par le - quel sommes ga - ran - lis,

Et sa ius - ti - ce fait pa - rois - tre

En la pre - sen - ce des Gen - tils.

La mélodie qu'il a mise au cxvi, qui se chantait sur l'air du lxxiv, jure avec les paroles; c'est au lxxiv qu'il fallait la mettre.

PSALME GXV1.

Sur l'air du lxxiv.

P ayme mon Dieu, car lors que i'ay cri-é

le scay qu'il a ma clameur entendu - e;

Et puis qu'il m'a son aureille tendu - e,

De G. Franc.

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