‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 1 sur 24 · SUR CLÉMENT MAROT · texte numérisé non relu

SUR CLÉMENT MAROT

OOUS le règne de Charles VII^ Jehan de Meun avait donné le Roman de la Rose ; Villon s'était fait connaître sous celui de Louis XI ^ par des poésies enjouées et badines; André de la Vigne , k la cour de Louis XII y avait composé le Vergier d'honneur^ et mis en vers les campagnes de Charles VIII en Italie; OctaviendeSaint-Gelais^ Coquillatt ^ Roger de Collerye^ Bouchettt nombre d'autres, avaient brillé d'un éclat passager : mais ce n'était encore d'aucun de ces écrivains que la France pouvait s'enorgueillir. Clément Marot parut; et, avec lui, commença, sous François I"". ^ la gloire littéraire de la France ; gloire qui fut un peu ternie par Ronsard , relevée par Malherbe , et portée au comble sous le règne de Louis XIV.

Clément Marot naquit en 149$, à Cahors en Quercy'y et le jour de sa naissance, a dit Duvirdier^ fut un jour de fête pour le Parnasse,

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Venu fort jeune à Paris, il fut page chez M. de Vilkroy ^ et ce fut-ià qu'il mit la dernière main à son Temple de Cupidon, Il obtint , k cette époque, une place de valet-de-chambre chez Marguerite de Valois y épouse alors du duc d^ Alcncon ^ et depuis reine de Navarre^ sœur de Ftatiçois I'\ Il suivit ce prince à la bataille de Pavie. Après la perte de la bataille et la captivité du roi, Mzroï revint à Paris avec une blessure au bras. Cette blessure ne fut pas un titr^^de recommandation auprès de la célèbre Diane de Falticrs ^ qui, suivant la chronique du tems, avait eu des bontés pour Marot avant son départ pour Parmée. Le poète, dépité du froid accueil, se plaignit : on se moqua de lui. Pour lors , il ne garda plus de mesures, et fit des éplgrammes mordantes contre la déesse Luna. Diane ^ qui put sV reconnaître, se mit en colère tout de bon , et profitant d'une indiscrète gourmandise de Firréligieux Marot ^ elle fut le dénoncer au docteur Bouchard^ coinme ayant mangé du lard un vendredi. Ce Bouchard était chefd'un conseil d'inquisition établi par le roi, pour empêcher les progrès du luthéranisme en France. Jf^ror , qui ne ménageait pas les sorbonistes, u'était pas fort aimé

de ces messieurs, qui , d^ailleurs, ne |}Ouvaient lui pardonner sa traduction en vers des pseaumes de David ^ dont le roi et toute la cour s'étaient fort divertis ^ et pour laquelle on Pavait déjà fait exiler. La circonstance était favorable ] le roi était prisonnier à Madrid. La protectrice de Marot^ Marguerite^ sollicitait auprès àt Charles- Qiiint la liberté de son frère. Marot ^ privé, d'appui , fut donc appréhendé au corps ^ et mis es prisons du Chateht^ Peu après on le transféra dans celles de Chartres ^ o^i devinrent bientôt le rendez-vous de la meilleure société de la ville. Il y demeura dix-huit mois, et ce fut là qu'il revit le Roman de la Rose^ et composa son Enfer , dans lequel il peint d'une manière aussi originale que vraie , les gens de justice d'alors^ qui eurent à quelque tems de-là occasion de se venger, et la mirent à profit. Effectivement , à peine C//i72^/zr fut-il en liberté, sur l'ordre de François I'\^ revenu de sa prison àt Madrid^ qu'il fit main-basse en plein jour, au milieu de la rue, sur des archers qui conduisaient un homme en prison , et le leur arracha des mains. Emprisonné de nouveau pour ce méfait, il en sortit encore par k protection du roi; mais il n'était pas possible à Marot de demeurer tran-

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quille; il recommença sur nouveaux frais, s^attaquant aux prêtres , aux courtisans , à la SorbonnCy aux femmes, à tout le monde. Il fut obligé de s^enfuir à Ferrarc. De-là il pissa à Vcnisc\ et quand il crut qu'on avait oublié ses fredaines, il revint en France, d'où force lui fut de s'enfuir une seconde fois pour n'y plus rentrer. Il s'arrêta quelque tems à Genève ^ et se lia dans cette ville avec Calvin. Mais les habitans le chassèrent, parce qu'il fut convaincu de s'être écarté du respect dû à la foi conjugale, espèce de crime auquel les Genevois font peu de grâce, et que les français traitent avec plus d'indulgence. Clément Marot dirigea ses pas vers Turin ^ et termina dans cette ville, à rage de quarante-neuf ans, une vie orageuse, partagée coristamment entre les muses et Tamour-

Clément Marot composa quantité à^épigrammes ^ de ballades ^ de rondeaux y qui sont, pour la plupart , des modèles de grâce et de naïveté. Il a créé le style qu'on appelle mareiiqiie ^àont Lafontaine et Jean-Baptiste Rousseau tirèrent depuis un si grand parti. Nous avons de lui, en outre , le Temple de Cupidon^ Vhéroïde de Léandre , une égio^uc charmante

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sur la mort de Louise de Savoie , mère de

François P'. , V Enfer ^ et la fameuse traductioa des Fseaumes ^ qui n'est pas son meilleur ou-

vrage.

Il passe pour avoir été Famant de la hellc Marguerite ^ et leur correspondance en vers^ imprimée dans les œuvres de Marot^ ne laisse guères de doute à cet égard, malgré ce qu^en a pu dire fabbe Gouj et ^ qui a voulu défendre envers et contre toys Thonnçur de la reine Marguerite.

PERSOJVJ^AGES. ARTISTES.

ce. et C"«.

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