‹ Clément Marot, vaudeville-anecdotique en un acteChapitre 8 sur 24 · BOUCHARD, THERESE · texte numérisé non relu

BOUCHARD, THERESE

BOUCHARD^ patelinanu O N jour , mon enfant.

THERESE, brusquement.

Bon jour, M. Bouchard.

BOUCHARD, Ton maître est-il ici •''

THÉRÈSE

Non.

BOUCHARD

Si je croyais qu'il ne dût pas tarder

THÉRÈSE

Il tardera beaucoup.

BOUCHARD

Air: On compterait les diàmans*

Mais revîendra-t-îl ee matin ; ^

Sur ce point tire-moi de peine ?

THERESE

A moins qu^en Uïï quiartier lointairi Qu(?lque affaire ne le retienne*

Alors il reviendrait ce soir , Et de Fattendi^e il m'est facile,*

THÉRÈSE

Ainsi que vous j^en ai Tespoir. • . * S'il ne va pas coucher en ville.

BOUCHARD

N'inTporte, j'^attendrai. Avec une jolie fille commef Thérèse ;, le tems paraît Lien court.

THÉRÈSE; riant.

Vous êtes gahnt , pour un docteur.

11 ne se doute pas, ton maître^ que c'est à moi qu'il est redevable de son rappel.

Du tout. Il avait cru que madame de N^varrç, . ; .

B O t ce A fi D.

Madame de Navarre. . . . Uiielnkiaière de bel-esprir,

de

VAUDEVILLE. i?

de pliilosophe . .... Et sa majesté n'aime pas les philosophes.

on

THERESE

B O U C H A R De

Ni les hbertins non plus, tt si ton maître n'avait proaiis d'être plus sage. . . . car il mène une assez mauvaise conduite^ conviens-en?

THERESE

Al K : Il jaut quitter ce que j'adore.

Sur la conduite de mon maître

Je ne dois pas ouvrir les yeux ; ^

Plus d'un autre , ians moi ^ peut-être ^

Y portent nn regard curieux.

Oui , grâce à mon heureuse étoile ,

Ses défauts me sont inconnus :

Sur ses erreurs je jette un voile ,

Et n'apperçois que ses vertus.

BOUCHARD

Oh ! qu'une fille comme toi est précieuse, . . .sous plus d'un rapport ! jeune, charmante, et pleine de discrétion.

Ma discrétion !

Même Air.

Eh ! n'a-t-il pas droit de l'attendre ^ Celui dont les constans bienfaits , Dont le cœur juste et Tame tendre Exaucèrent tous mes souhaits.

Mais la surprise est pardonnable ^ Car on voit trop souvent , helas !

Que plus le maître est doux ^ aimable ^ rius les serviteurs sont ingrats.

BOUCHARD

On ne t'accusera pas de l'être, toi. .... pour ton naître, sur-tout. Tu reçois pourtant ses amis, des amis [ui te veulent du bien ....

iS C L. M A R 0 T,

THÉRÈSE

Je serais bien fâchée que ces amis-là me voulussent le même bien qu'à lui.

BOUCHARD

Ce que je dis m*est inspiri par mon amitié pour ton maître ; car, malgré Tiniérêt que je lui porte , s'il était toujours le même, ma qualité de président du conseil d'inquisition ....

THÉRÈSE

Quel est donc ce conseil dont j'entends parler depuis quelque tems?

BOUCHARD

C'est un tribunal établi par le roi, pour comprimer ces novateurs impies dont Marot semble partager l'opinion.

Air: De la petit' poste de Paris*

Or donc, cette inquisition Protège la religion De toute mauvaise action, Punit jusqu'à l'intention , Et nul, sans sa permission , I^'a droit à l'absolution.

THÉRÈSE

Et vous présidez ce conseil l

BOUCHA RD> voulant la caresser.

Oui j mon enfant; cela me donne le droit de remettre certains péchés

THÉRÈSE, le repoussant.

Que vous aimez à commettre, mais pour lesquels

vous ne trouverez guères de complices. {Elle se sauve

€71 riant. )

BOUCHARD, la poursuivant.

Eh î mais , attends donc» {Il revient sur ses pas. ) ;

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