BOUCHARD, THERESE
BOUCHARD^ patelinanu O N jour , mon enfant.
THERESE, brusquement.
Bon jour, M. Bouchard.
BOUCHARD, Ton maître est-il ici •''
THÉRÈSE
Non.
BOUCHARD
Si je croyais qu'il ne dût pas tarder
THÉRÈSE
Il tardera beaucoup.
BOUCHARD
Air: On compterait les diàmans*
Mais revîendra-t-îl ee matin ; ^
Sur ce point tire-moi de peine ?
THERESE
A moins qu^en Uïï quiartier lointairi Qu(?lque affaire ne le retienne*
Alors il reviendrait ce soir , Et de Fattendi^e il m'est facile,*
THÉRÈSE
Ainsi que vous j^en ai Tespoir. • . * S'il ne va pas coucher en ville.
BOUCHARD
N'inTporte, j'^attendrai. Avec une jolie fille commef Thérèse ;, le tems paraît Lien court.
THÉRÈSE; riant.
Vous êtes gahnt , pour un docteur.
11 ne se doute pas, ton maître^ que c'est à moi qu'il est redevable de son rappel.
Du tout. Il avait cru que madame de N^varrç, . ; .
B O t ce A fi D.
Madame de Navarre. . . . Uiielnkiaière de bel-esprir,
de
VAUDEVILLE. i?
de pliilosophe . .... Et sa majesté n'aime pas les philosophes.
on
THERESE
B O U C H A R De
Ni les hbertins non plus, tt si ton maître n'avait proaiis d'être plus sage. . . . car il mène une assez mauvaise conduite^ conviens-en?
THERESE
Al K : Il jaut quitter ce que j'adore.
Sur la conduite de mon maître
Je ne dois pas ouvrir les yeux ; ^
Plus d'un autre , ians moi ^ peut-être ^
Y portent nn regard curieux.
Oui , grâce à mon heureuse étoile ,
Ses défauts me sont inconnus :
Sur ses erreurs je jette un voile ,
Et n'apperçois que ses vertus.
BOUCHARD
Oh ! qu'une fille comme toi est précieuse, . . .sous plus d'un rapport ! jeune, charmante, et pleine de discrétion.
Ma discrétion !
Même Air.
Eh ! n'a-t-il pas droit de l'attendre ^ Celui dont les constans bienfaits , Dont le cœur juste et Tame tendre Exaucèrent tous mes souhaits.
Mais la surprise est pardonnable ^ Car on voit trop souvent , helas !
Que plus le maître est doux ^ aimable ^ rius les serviteurs sont ingrats.
BOUCHARD
On ne t'accusera pas de l'être, toi. .... pour ton naître, sur-tout. Tu reçois pourtant ses amis, des amis [ui te veulent du bien ....
iS C L. M A R 0 T,
THÉRÈSE
Je serais bien fâchée que ces amis-là me voulussent le même bien qu'à lui.
BOUCHARD
Ce que je dis m*est inspiri par mon amitié pour ton maître ; car, malgré Tiniérêt que je lui porte , s'il était toujours le même, ma qualité de président du conseil d'inquisition ....
THÉRÈSE
Quel est donc ce conseil dont j'entends parler depuis quelque tems?
BOUCHARD
C'est un tribunal établi par le roi, pour comprimer ces novateurs impies dont Marot semble partager l'opinion.
Air: De la petit' poste de Paris*
Or donc, cette inquisition Protège la religion De toute mauvaise action, Punit jusqu'à l'intention , Et nul, sans sa permission , I^'a droit à l'absolution.
THÉRÈSE
Et vous présidez ce conseil l
BOUCHA RD> voulant la caresser.
Oui j mon enfant; cela me donne le droit de remettre certains péchés
THÉRÈSE, le repoussant.
Que vous aimez à commettre, mais pour lesquels
vous ne trouverez guères de complices. {Elle se sauve
€71 riant. )
BOUCHARD, la poursuivant.
Eh î mais , attends donc» {Il revient sur ses pas. ) ;