CHAPITRE DEUXIÈME
Cause de la destruction des Jésuites en France. — Opinion des écrivains protestants. —
Louis XV et Voltaire roi. — Coalition des Parlements, des Jansénistes et des Philosophes contre la Société. — Les docteurs de l’économie politique. — Les Juifs et les sociétés secrètes, — Imputations dont on charge les Jésuites. — Les confesseurs de la famille royale. — Portrait de Louis XV. — Attentat de Damiens. — Madame de Pompadour veut faire amnistier sa vie passée par un Jésuite. — Le P. de Sacy et la Marquise. — Elle négocie à Rome. —- Sa lettre confidentielle. — Le P. de Lavalette à la Martinique. — Il est dénoncé pour fait de négoce. — L'intendant de la Martinique prend sa défense. — Encouragement que lui donne le ministre de la marine. — De retour aux Antilles, Lavalette achète des terres à la Dominique. — Ses travaux et ses emprunts. — Son commerce dans les ports de Hollande. — Les corsaires anglais capturent ses Vi Ex. — Les traites du P. Lavalette sont protestées. — Les Jésuites ne s'accordent pas sur les moyens d’apaiser ce scandale. — Ils sont condamnés à payer solidairement. — Question de solidarité. — Ils en appellent des tribunaux consulaires au Parlement. — Les visiteurs nommés pour la Martinique. — Accidents qui les retiennent. — Le P. de la Marche parvient enfin aux Antilles. — Il juge et condamne Lavalette, — Sa déclaration, — Les créanciers au Parlement. — Le maréchal de Belle-isle et le duc de Choiseul. — Caractère de ce dernier. — Sa lettre à Louis XVI sur les Jésuites. — De la question de faillite, le Parlement remonte aux Constitutions de l'Ordre. — Les Congrégations supprimées. — Action des Juifs et des Francs-Maçons. — Arrêt du 8 mai 1761. — Le Conseil du roi et le Parlement nomment, chacun de son côté, une commission pour l'examen de l’Institut. — Chauvelin et Lepelletier Saint-Fargeau. — Rapport de Chauvelin. — Le roi ordonne de surseoir. — Le Parlement élude l’ordre. — Le Parlement reçoit le procureur général appelant de toutes les bulles, brefs, en faveur des
Jésuites. — Arrêts sur arrêts. — Les Jésuites ne se défendent pas. — Louis XV consulte les évêques de France sur l’Institut. — Leur réponse. — Cinq voix de minorité demandent quelques modifications. — Les Jésuites font une déclaration ; ils adhèrent à l'enseignement des quatre articles de 1682. — Concession inutile. — Le roi annule toutés les procédures entamées., — Pamphlets contre la Société de Jésus. — Extrait des Assertions. — Les Jésuites expulsés de leurs colléges. — Assemblées extraordinaires du clergé de France. — L'assemblée se prononce en faveur des Jésuites. — Sa lettre au roi. — Voltaire et d’Alembert. — Les Parlements de province. — La Chalotais, Düdon et Monclar, procureurs généraux de Rennes, de Bordeaux et d'Aix, — Leurs ciaftes-rendus. — Situation des parlements de province. — La majorité et la minorité. — Le président d’Eguilles et ses mémoires inédits. — Le Parlement de Paris pronônce son arrêt de destruction de la Compagnie. — Les cours souveraines de Franche-Comté, d'Alsace, de Flandre et d'Artois ainsi que la Lorraine s’opposent à l’expulsion des Jésuites. — Confiscation des biens de la Société. — Pension faite aux Jésuites. — Jugement que portent les Protestants sur cet arrêt. — Proscription des Jésuites. — Causes de la proscription. — Schæll et La Mennaiïs. — Christophe de Beaumont archevéque de Paris, ét sa pastorale sur les Jésuites. — Colère du Parlement. — Christophe de Beaumont cité à la barre. — Sa pastorale brûlée par la main du bourreau. — Les Jésuites forcés d'opter entre l’apostasie et l'exil. — Cinq sur quatre mille. — Lettre des confesseurs de la famille royale à Louis XV. — Sa réponse. — Le dauphin au Con- ; seil. — Edit du roi qui restreint les arrêts du Parlement. — Clément XIII et la bulle Aposlolicum. — Les Jésuites en Espagne. — Charles III les défend contre Pombal. — L'émeute des Chapeaux apaisée par les Jésuites. — Ressentiment du roi d'Espagne. — Le comte d’Aranda devient ministre. — Le duc d’Albe inventeur de l’empereur Nicolas Ier, — Les historiens protestants racontent de quelle manière on indisposa Charles IT contre l’Institut. — Les lettres apucryphes. — Choiïseul et d’Aranda. — La sentence du conseil extraordinaire. — Mystérieuse trame contre les Jésuites. — Ordre du roi donné à tous ses officiers civils et militaires pour enlever les Jésuites à à la même heure. — Don Manuel de Roda et le confesseur du roi. — L'opération césaréenne faite à la Société de Jésus. — La Correspondance de Roda. — Les Jésuites arrêtés en Espagne, en Amérique et aux Indes. — Menaces diplomatiques de Roda. — Provocation du ministère au Saint-Siége, — Les Jésuites obéissent. — Le P. Joseph Pignatelli. — Clément XIII supplie Charles II de lui faire connaître les causes de cette grande mesure. — Réticence du Roi, son obstination. — Bref du Pape. — Attitude du cardinal Torregiani. — Il force au silence le gouvernement espagnol. — Les Jésuites jetés sur le territoire romain, — Causes qui les en font repousser. — Protestant contre Catholique. — Roda témoigne en faveur des Jésuites. — Les Jésuites à Naples. — Tanucci imite d’Aranda. — Les Jésuites proscrits. — On les expulse de Parme et de Malte. — Clément XIII proclame la déchéance du duc de Parme. — La France s'empare d’Avignon, Naples de Bénévent et de Ponte-Corvo. — Menaces du marquis d’Aubeterre au nom de Choiseul. — Courage du Pape, — Sa mort. 86