‹ CléopâtreChapitre 22 sur 58 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

SCAURUS Comme elle me fait mal, ta farouche ironie !

DOMITIUS Ah ! Scaurus, désormais notre tâche est finie ; Nous sommes de ceux-là que l'on tient à l'écart Dès que paraît la femme au languide regard. Nous sommes rudes, nous, et la reine est fragile. Et l'on nous traite ainsi que ces coupes d'argile Que l'on trouve, l'été, dans d'humbles cabarets ; Il fait chaud, on a soif, on y boita longs traits. Puis on les jette avec mépris, la liqueur bue. Tu vois le rôle vil que l'on nous distribue : Aller trouver la noble reine, et l'avertir Qu'on la supplie, et qu'on est plein de repentir. Qu'on n'a jamais cessé de l'aimer. Par Hercule I Nous faisons^ sans rougir, ce métier ridicule, Et tu crois que, plus tard, l'on nous en saura gré? Non pas. Dès qu'on aura le pardon imploré, Dès qu'on sera dans les bras chauds de l'immortelle, On nous laissera là, parmi la clientèle !

SCAURUS A moins... Tu sais combien Octave aime sa sœur. . . Il s'apprête sans doute à punir l'offenseur.

(Entre Iras.)

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