AN KU NI
Et j'écoulais cette incroyable histoire !... Ce fabuleux récit fleurissait ma mémoire: •< Un blessé dont le sang à gros bouillons coulait, Dont le front était pâle et qui me ressemblait! » Par Jupiter Stator! c'en est trop, et je jure Que ce plaisant mensonge est ta dernière injure. Va signer le traité qui me livre aujourd'hui.
CLEOPATKE.
Je connais trop César pour traiter avec lui.
ANTOINE
Tu prétends...
vicNriDius.
C'est encore une nouvelle ruse ; La reine te trahit, César même l'accuse...
CLÉOPATIIE.
Ah ! mon cœur indigné se révolte à son tour!
C'est bien là ta justice, aveugle et fol amour !
De l'éternelle erreur c'est l'éternelle proie :
Il faut mentir toujours pour qu'un amant vous croie ;
Il ne trouve d'allrait que dans la trahison !...
Eli ! bien... oui... j'en conviens... jadis... avec raison
Ou a pu m'accuscr : pour ce vain diadème,
J'aurais trahi cent rois, mais toi, mais toi... je t'aime.
Et moi, moi, je te hais pour mieux me défier !
CLÉOFATRE.
Oh ! la mort, si la mort peut me justifier !... Frappe, Antoine, je m'offre aux eoups de ton épe>.
76 CLEOPATRL.
lu m'aimeras peul-ètib après m'avoir frappée l
antoine, la repoussant.
Pleure, gémis, je sais ce que valent tes pleurs.
CLÉOPATKE.
Adieu donc... sois cruel... mais crains d'autres malheurs.
Va, je ne vivrai pas longtemps abandonnée,
Et bientôt, malgré toi, tu m'auras pardonnée !...
Adieu!...
scen: vi ANTOINE, VENTID1US, FAIISTUS, Soldats, l'Esclave.
ANTOINE
Je l'ai brisé cet infâme lien, Je suis libre!...
ventidius, vivement.
Partons, mon camp sera le tien.
ANTOINE
César ne m'attend pas, sa déroute est certaine... A Ventiàius.
Avec tes cavaliers, toi, descends dans la plaine. A Faustus.
Toi, marche vers le port...
Aux soldats.
Et vous, braves archers,
Tenez-vous embusqués derrière ces rochers.
Que tous ces mois guerriers me plaisent h redire!
Au seul bruit du clairon, je renais, je respire !...
Le seul amour d'Anloine est l'amour des combats;
Antoine n'est heureux qu'avec ses vieux soldats.
Ah ! César tu prétends que j'ai fui... par Hercule,
Le lion semble fuir aussi lorsqu'il recule
Pour prendre son élan et fondre avec la mort...
Moi, j'ai fui comme lui pour retomber plus fort...
Dans mon antre, blessé, comme lui je sommeille :
Tremble, tremble César, le lion se réveille !...
II se lève, il rugit terrible et menaçant...