SCENE IV
OCTAVIE, CESAR, serre ph césar et d’Octavib.
césar, entrant avec Or/a rie.
Enfin, ma sœur, je te vois un momont...
Toujours belle et... toujours heureuse î
OCTAVIE
Oui.
CÉSAR
Vraiment !
El toujours confiante aussi?
OCTAVIE
Pourquoi ce doute?
CÉSAR
C'ost quo certains propos...
OCTAVIE
Mon frère les écoute?
CÉSAR
Mais h de tels propos on peut ajouter foi,
Et ne retrouvant pas Antoine près do toi.
Sachant qu’il doit partir, et voyant qu’il m'évite. Je pourrais l’accuser...
OCTAVIE
C’est l'accuser trop vite.
CÉSAR
Va, ne te pare point d'une fausse fierté,
Je suis ton seul ami, dis-moi li vérité; Antoine nous trahit... Antoine t'abandonne... Tu lo sais comme moi....
OCTAVIE
Eh bien I jo lui pardonne.
CÉSAR
Mais moi, je ne peux pas lui pardonner ainsi.
OCTAVIE
Il faut qu’un tel soupçon au moins soit éclairci.
CÉSAR
On saura quo ma soeur...
OCTAVIE
Ah ! de grâce, mon frère.
No prononce jamais mon nom dans ta colère ;
Excite contre Antoine et consuls et tribuns ;
Fais-lui dos ennemis de vos amis communs.
Dis- leur que tu prétends régner seul sur l’empire,
Quo ton ambition au trône roêmoaspiro,
Que lu veux écarter ton rival sans remords,
Mais ne leur parle pas d’Antoine et de scs torts,
Mais ne leur parle point des chagrins de ma vie. Qu’importent aux Romains les larmes d’Octavie?
Oublie uu droit sacré, romps uu noble lien.
Mais que dans ton courroux, moi, je n’entre pour rien. Sois cruel, mais permets que je sois généreuse.
J’aime Antoine, et je veux quo l’on me croie heureuse;
Je l'aime... et nul de vous, arbitre en ces débats.
N’a droit de l’accuser quand je ne me plains pas.
CÉSAR
Mais il feutrage... et moi !...
OCTAVIE
Jo ne sens pas l’outrage,
Non f... la vertu d’Antoine... elle est dans «on courage ! Et l’amour d’un héros, si justement vanté.
Par quelques pleurs amers peut bien être acheté. Qu’importe Cléopâtro ou toute autre maîtresse?
Il no peut les aimer quo dans ses jours d'ivresse...
Mais c’est moi qu’il chérit dès qu’il a sa raison ;
C’est moi qu’il vient chercher dans sa chaste maison, C’est à moi qu’il promet l’avenir de sa vio.
Et c’est moi qu’il respecte, et c'est moi qu'on envie. Seule, jo puis lo suivre et lui donner des soins Assidus, sans rougir, sans craindre des témoins ;
Seule enfin, partageant sa grando renommée,
J ai le droit d’annoncer ses succès è l’armée,
D envoyer au sénat ses drapeaux glorieux.
Et d’offrir en son nom un sacrifice aux dieux.
Mon frère, tu lo vois, ma part est la plus bello!
CÉSAR
Mais enfin le sénat l’a déclaré rebolle,
Ennemi de l’empire et du peuple romain ;
Pour rejoindre la reine il doit partir demain.
OCTAVIE
Oui, j'ai vu les apprêts...
CÉSAR
J'en admire la pompo...
11 l'emmène...
OCTAVIE
Non...
cÉSAn.
Non... tu vois bien qu’il te trompe.
OCTAVIE
Il mmira sitôt...
CÉSAR
11 ne f écrira pas...
Jo sais tous scs projets et je suis tous ses pas Il va la retrouver, co n’est plus un mystère ;
Ils arment contre moi tous les rois de la terre.
Antoine, malgré nous, s’est assuré l’appui De ceux qu'il a vaincus, tous combattront pour lui.
Par set puissants voisins la reine est secondée...
Adalla*. roi do Thrac®, llérode do Judée,
Ainyntas et lo roi des Mèdcs Polémon,
Déjà dans l'archipel s’assemblent en son nom.
Le roi de Comagèno et lo roi do Libye,
Mithridatc et Bocchus, et le roi d’Arabie,
Malchus, le roi do Pont, et vingt autres encor,
Ont promis contre nous leurs soldats et lour or.
Ce n 'est pas tout, Antoino ose accuser ton frèro,
Il se plaint hautement d'un partage arbitraire ;
J'ai conquis la Sicile, il en veut la moitié ;
J’ai déposé Lépide et l'ai fait sans pitié,
Sans droit; j’ai confisqué tous ses biens pour les prendre. J’ai des vaisseaux h lui quo je ne veux pas rendre...
Et chaque jour j’apprends quelque insolent propos,
Qui me prouve qu'Antoine est las de son repos...
Il raédilo la guerro... oh bien, jo m’y prépare.
OCTAVIE
Vont-ils donc m'immoler h leur orgueil barbare !
Mon frère, je t’en prie, avant de t’engager A jamais contre Antoine... avant do le juger.
Attends, attends encore, Octave, si lu m’aimes...
Antoine est mon mari, nos chagrins sont les mémos.
Je recevrai les coups que tu lui porteras.
Peux-tu lui faire un mal quo je no sente pas?
Que deviendrai-je, moi, dans vos luttes guerrières?
Ixs dieux comprendront-ils mes changeantes prières? Irai-je on ta faveur implorer leur appui ?
Ilclas! prier pour toi, c’est prier contre lui.
Quoi quo soit lo destin, lo succès do vos armes,
Nulle chance pour moi, rien que lochoix des larmes ;
Rien que me demander, pâle et tremblant pour vous: Lequel faut-il pleurer, mon frère ou mon epoux ?
CÉSAR
Eh bien, donc, j’attendrai, puisque tu le demandes,
Des griefs plus amers, des injures plus grandes.
Je me laisse toucher, jo cède h ta douceur.
Mats. malheur a celui qui (ait pleurer ma sœur !
Le seul être que j’aime et le seul quo j'honore,
Ma nohlc soeur; pour toi jo veux attendre encore.
(A part.) Oui, laissons-lc partir encore celto fois.
Plus il aura de torts, et plus j'aurai de droits.
Rome m'eu saura gré... c’est la guerre civile;
Rctardons-la d’un jour...
un officier, entrant.
Les questeurs do la ville Sollicitent l’honneur...
CÉSAR
Jo vais les recevoir.
Jo ne partirai pas, ma soeur, sans te revoir.
Mes neveux, où sont-ils? qu’au moins jo 1rs embrasse. OCTAVIB.
Nous te suivons onsemble... O Dieu! je vous rends grâce. César tort d’un côté, Octaiic te dispose à sortir de f autre.