ACTE ly, SCÈNE II
J'ai cru , sans défiance et comptant sur ta foi, N'avoir pas un ami plus dévoué que toi; J'ai combattu , bravé la fortune inconstante , Et lorsque mes malheurs ont passé mon attente, Lorque je suis captif d'un vainqueur^ menaçant, Lorsqu'il ne reste plus qu'à répandre mon sang ; Toi , que j'associai tant de fois à mes armes , Tu viens me présenter d'injurieuses larmes !
Le Romain que Brutus chargea de son trépas , Promit , s'arma du glaive et ne balança pas ; Le temps presse... Veux-tu me voir devant Octave, Devant son char vainqueur courber ma tête esclave? Le veux- tu?
ÉROS
. Non , seigneur ; disposez de mon bras.
ANTOINE
J'attends le coup fatal.
ÉKOS.
C'en est donc fait, hélas!
Adieu , mon maître.
(Ilss^embrassent.) ANTOINE.
Adieu!... Quelle crainte t'arrête?
Allons, ne tremble pas; vois, ta victime est prête.
ÉROS
Devoir cruel !... Mais, quoi! l'on marche vers ces lieux
ANTOINE
Octavie! Écartons ce glaive de ses yeux.
5o CLÉOPATHE.
ÉROS. w «
Rendez à ses douleurs le héros qu elle pleure ; Vos enfans , par sa voix
AIfTOINE.
Cache ce fer.... Demeure.
(Erotsort.)