ACTE V, SCÈNE I
Lui ! ce barbare !
THÉONE
Ciel!....
Apprends que sa fureur Me réservait des jours d'épouvante et d'horreur. Apprends qu'en ce palais sa feinte criminelle Assurait à sa haine une proie éternelle ; Et qu'il ne se parait d'une fousse douceur, Que pour m'offrir vivante au courroux de sa sœur. Un de ses confidens , de mon intelligence , Vient de me dévoiler ses projets de vengeance. The'one , j'eusse été dans les murs des Césars Comme un objet d'opprobre exposée aux regards, Et le licteur aurait montré, pour quelque obole, Cléopâtre enchaînée au pied du Capitole.
Trompons ces noirs desseins... Sur ces sombres autels
Il est temps d'assembler tous les poisons mortels
Que ces tombeaux sacrés gardent pour ma défense...
Mourir seule... Mourir sans punir qui m'offense!
Octavie a tramé l'horrible trahison ;
Chacun de mes malheurs fut marqué de son nom.
Et pour dernier revers, quand ma grandeur succombe ,
Je laisse en son pouvoir mon empire et ma tombe.
Mon trépas la délivre enfin de tout danger.
Je regrette une vie où l'on peut se venger....
Si du moins.... Mais Phorbas peut servir fna furie,
Il peut à ma vengeance immoler Octavie ; Qu'il vienne; de ce fer je veux armer sa main. Cours, Théone, à ce prix je pardonne au Destin. Qu'il vienne... Quel plaisir, sous la main qui m'opprime. D'entraîner ma rivale au fond du même abîme , De punir par sa mort son triomphe insultant ! Quel est le bruit lointain que dans l'ombre on entend ? Ah! gardons-nous surtout de nous laisser surprendre! Suis mes pas