RÉPARTITION DE LA CHALEUR SUR LA SURFACE DE LA TERRE
is'après les deg^rés de latitude. — Nous n' examinerons pas ici en quoi la répartition de la chaleur sur la terre dépend de son mouvement de translation et de rotation. Si la terre était une boule dont la surface soitpartout plane et de même nature, si l'atmosphère était sans vapeur d'eau, ou si les conditions d'évaporation étaient partout les mêmes, on pourrait déterminer le climat d'une localité d'après sa situation géographique et son degré de latitude; mais l'inégale conformation de la surface de la terre sous le rapport de l'élévation, de la nature et du revêtement du sol; l'inégalité de partage de terre et d'eau, l'inégaHté des quantités de vapeurs d'eau contenues dans l'atmosphère; l'influence des courants atmosphériques et beaucoup d'autres causes empêchent de déterminer un climat d'après son degré de latitude. En résumé, on peut dire que dans les régions de l'équateur, sur une bande d'inégale largeur (sous les tropiques), la température moyenne est de 27° à 22°, 5 C. ; de là, jusqu'aux pôles, celte température diminue insensiblement; en nous éloignant de l'équateur vers les pôles, nous voyons augmenter la ditférence entre l'été et
l'hiver, parce que les rayons du soleil sont plus obliques et qu'en été le soleil luit longtemps, tandis qu'en hiver les heures où le soleil luit sont courtes.
Isothermes. — Alexandre de Humboldt a figuré le premier sur des cartes les conditions de température de divers points du globe ; il a ainsi poussé à l'étude de la répartition de la chaleur et à l'étude des climats en général. 11 est, en quelque sorte, le fondateur de la climatologie nouvelle. En joignant par des lignes les contrées qui ont toute l'année la même moyenne de température, il a indiqué les Isothermes ; enjoignant par d'autres lignes les localités ayant une même moyenne de température hivernale, il indique les Isochimènes, et les Isothères en reliant par des ligues les régions ayant la même moyenne de température d'été. [Cosmos, t. I, p. 341, 1845). Berghaus a développé ces données, et lions devons à Dove l'importante publication mensuelle des Isothermes ainsi que l'indication des lignes isanomales positives et négatives. Si les causes qui modifient la température n'existaient pas, ces lignes seraient parallèles à l'équateur, tandis qu'en réalité elles présentent de fortes ondulations. Il résulte des tableaux que nous venons de citer, que les écarts sont bien plus grands dans l'hémisphère Nord. Dans l'hémisphère Sud, les Isothermes, en s'éloignant de l'équateur, deviennent toujours plus rectilignes, là où ces lignes ne sont pas détournées par les continents de l'Amérique du Sud, de l'Afrique et de l'Australie. Il ressort encore de ces tableaux que dans l'hémisphère Nord, les Isothermes d'été et d'hiver s'écartent sensiblement des Isothermes annuels, et même que, soumis au Gulf-Stream, ils s'élèvent, en hiver, dans l'océan Atlantique et dans l'ouest de l'Europe et s'abaissent vers l'équateur dans les grands continents d'Asie et de l'Amérique du Nord, tandis qu'en été c'est tout l'opposé ; en d'autres termes, que la partie de l'océan Atlantique avec les îles et les côtes de l'ouest de l'Europe est plus chaude en
hiver et plus fraîche en été, cju'elle correspond donc aux Isothermes annuels, tandis que le nord du continent asiatique est plus froid Fhiver et plus chaud l'été. En Amérique aussi, les hivers sont plus froids, mais les étés sont tempérés, les mois de mai et de septembre ont une température moyenne. Celte esquisse rapide demande encore à être rectifiée d'après un examen minutieux des tableaux.