‹ Clinique chirurgicale (volume 2)Chapitre 3 sur 26 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

- Le besoin que j ‘éprouve de faire connaître aux jeunes médecins qui suivent mes lecons de clinique, et surtout à mon fils qui entre dans la carrière de la médecine , le grand nombre de faits que j'ai observés et recueillis sur la chirurgie militaire pendant mes quarante années de service, m'a déterminé à les réunir et à en former le corps d'ouvrage que je publie. Quelques-uns des matériaux qui en font partie ont déjà été insérés dans la relaon de mes Campagnes; mais ils y sont esquissés à peine, et disséminés parmi les récits historiques : aussi n’ai-je pas dû négliger l’occasion qui se présentait de les reproduire ici avec plus de développement et rassemblés

dans un ordre convenable.

Dans d’autres temps j’avais concu le projet de ‘faire un traité classique sur la chirurgie des armées. J’ai vainement attendu que des.

circonstances favorables me missent à même I, > h,."

Le

Yi] PRÉFACE.

de pouyoir exécuter ce projet avec tout à succès que j'avais lieu d'espérer. En effet Lg confection d’un tel ouvrage exigeait une suite * non interrompue de démonstrations expérimentales dans une chaire spéciale à la portée des étudians *, où j’aurais pu éclairer les principes que j'ai établis sur les principaux points de la science diversement traités par les auteurs , et les appuyer d'observations nombreuses recueillies pendantles vingt-six campagnes que j'ai faites dans les quatre parties du monde. N’ayant pu jouir de cet avantage, il a fallu nécessairement me borner à la publication des faits les plus intéressans, observés aux ambulances des armées, à l'hôpital de la garde et dans ma pratique civile. | Pour en faciliter l'étude et l'analyse, je les ai classés méthodiquement, suivant chaque région ou chaque partie du corps. J'ai mis dans mes descriptions toute la précision: dont elles étaient susceptibles, afin de réduire Pouvrageaumoindrenombrede volumespossible.

Cest dans cette vue aussi, et parce qu’ils

Là 1 Le directeur-général de l'instruction publique le. célèbre Four rcroy, devait proposer au gouvernement d'alors l'établissement d'une chaïre de chirurgie mili= taire à l'École spéciale de médecine de Paris,

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sonten quelque sorte étrangers à mon objet principal, que je me suis ibstou d'y joindre d’autres matériaux que je possède sur diverses maladies , et qu’en raison de leur importance je“me propose de publier plus tard en un volume distinct. Ces maladies sont le scorbut, la pustule maligne où anthrax, la peste, la fièvre jaune , une fièvre nerveuse particulière produite par l’ingestion des substances narcotiques vénéneuses, à l’occasion de laquelle j'ai fait sur les animaux un grand nombre d'expériences décrites à la suite; la lèpre, Péléphantiasis, la phthisie pulmonaire, les engorgemens squirreux de l’estomac, du foie, de la rate et des glandes mésentériques; les névroses, la danse de Saint-Guy ou chorée;

la paralysie et latrophie traumatique des membres. |

L'ouvrage que je livre maintenant au pu-

blicne forme donc que trois volumes in-8° de

cinq à six cents pages, ornés chacun de huit à dix planchesgravées, représe ntant fidèlement le caractère des lésions qui en sont l’objet. Les réflexions relatives à chacune des maladies que j'ai décrites sont étayées d’une série d'observations recueillies avec exactitude et avec soin. Quant aux théories qui précè-

iv PRÉFACE.

dent ouaccompagnent ces observations, je les abandonne à la critique, parce que je suis persuadé que de quelque nature qu’elle soit, elle servira toujours aux progrès de la science.

Je n’ai pas cru devoir grossir mon livre des opinions diverses des auteurs ; je n’ai fait que rendre compte des affections les plus graves que j'ai observées au lit dés malades, des méthodes de traitement, des procédés opéraioires que j'ai employés, enfin du résultat de mes propres recherches. Ce résultat présente un grand nombre de faits nouveaux ou peu connus, que je crois dignes surtout de lattention et de l’intérêt des jeunes praticiens. Je leur devais d’ailleurs de les faire participer aux fruits d’une longue expérience, et j'ai pensé que ce ne serait pas sans quelque avantage pour la science et Phumanité, dont le bien a été le but constant de mes efforts.

Quoi qu’il en soit, j'ose espérer qu'ils sauront apprécier l'intention dans laquelle j’ai entrepris ce travail, et ce sera pour moi la plus douce récompense des veilles que je leur ai consacrées , Si j'ai pu mériter leurs suflrages, et obtenir en même temps une place honorable dans l'estime de mes concitoyens.

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