PRATIQUE CHIRURGICALE
DE L’HOTEL -DIEU DE LYOïN , pcmlant six iinaccs , 18W ii 1850 ,
LU EN SÉANCE TUliLUjUE DE i/aUMIMSTUATION UES lU’iriTAUX CIVILS ,
r/ece'm/rf’c ^S4ÿ,
PAR J.-E. PÉTREQUIN,
A l’expiralion de soii exercice de chirurgien* major.
Messieurs ,
1. Dans celle séance solennelle, au momenl de quilier la direclion chirurgicale de l’Hôtel-Dieu , l’usage élabli nous commande de jeler un coup d’œil rélrospeclif sur noire passé. Plus le poste qui nous a élé confié est honorable et élevé, plus il importe de dire quels efforts il nous a élé donné d’accomplir pour justifier la haute confiance dont il est entouré par l’exemple éminent de nos prédécesseurs. C’est donc pour nous un devoir de rester fidèle à la tradition en venant ici , en présence de nos maîtres, de nos collègues et de nos élèves , rendre compte de notre pratique chirurgicale pen-
ciant les six années qui viennent de s’écouler (1). C’était une obligation de ne point rompre un usage local, plein de sagesse et d’enseignements utiles, qui honore à juste titre le corps médical et les hôpitaux civils de Lyon ; c’est un tribut que chacun doit apporter en son temps à l’œuvre collective de la science.
A ce point de vue, Messieurs, la nature de notre tâche se trouve toute tracée, et nous avons dû préférer à des généralités et à des développements de théorie pure les faits eux-mêmes dans leurs rapports avec les questions de doctrine appliquée. Mais , pour être défini, le problème n’en reste pas moins embarrassé de nombreuses difficultés; et peut-il en être autrement quand il s’agit d’un hôpital où se rendent, dans un diamètre de plus de cent lieues , tous les cas graves , difficiles ou extraordinaires de la science ; d’un hôpital dont
(1) Le Compte rendu do ma Pratique chirurgicale à l’Hôtel-Dieu de Lyon pendant les six années de mon aide-majorat , 1858 à 1844, a été public dans le Journal de Médecine de Lyon , et séparément dans mes Mélanges de Chirurgie (Paris et Lyon, 1846, in-8°). « L’usage des « comptes-rendus dans les hôpitaux se recommande à plus d un titre ; et, « s’il laisse quelque chose à désirer, c’est qu’il ne soit pas d un usage plus <■ général parmi les chefs de service. L’Hôtel-Dieu de Lyon s’est signalé « dans celte louable direclion : depuis M.-A. Petit, qui , le premier, en « 1799, rendit un compte public de sa pratique chirurgicale, tous les chi- « l'urgiens-majors de ce grand hôpital ont regardé comme un devoir de « suivre l’exemple de leur célèbre devancier; et plus d un de ces résumés « est resté dans les fastes de la médecine contemporaine. On en peut dire « autant de l’hospice de la Charité et de celui de rAiili([uaille- Aussi est-il « permis de dire (juc les hôpitaux de l-yon ont bien mérité de la science. »>
la population, toujours croissante , s’élève aujour-
d’iiui à ou 15,000 malades par an (2)? si bien que l’Hôtel-Dieu de Lyon est cerlaineinent , de toute l’Euiope ,-Ie théâtre chirurgical le plus riche en observations nouvelles, rares et intéressantes.
2. Une large part a été faite au chirurgien-major, dont le domaine est d’une telle étendue (3) qu’il
(2) J’ai donné dans mon projiiier Compte-rendu ( voy. Mélanges do Chirurgie, p. 260) le tableau du mouvement des malades de l’IIôtel-de-Dieu (le Lyon pendant les six années de mon aide-majoral. Voici un tableau pareil, que j’ai recueilli dans les comptes-rendus annuels de l’Administration, pour les six années de mon majorât ;
MOeVEMEIST DES MALADES DE L’HOTEL-DIEU DE LYO?(.