‹ Clinique chirurgicale de l'Hôtel-Dieu de LyonChapitre 8 sur 8 · PRÉSIDINT · texte numérisé non relu

PRÉSIDINT

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Messieurs,

Je n’ai jamais mieux compris la faiblesse et l’insuffisance de ma parole que dans les solennités pareilles à celle qui nous réunit aujourd’hui. Vous, premier magistrat de la cité, président-né de cette Administration, dont la présence vient donner un nouvel éclat à cette installation; et vous, Messieurs, vous l’élite du Corps médical, en voyant l’éloquence et la science siéger à mes côtés, ne devezvous pas déplorer que je reste chargé de répondre aux savantes dissertations que vous venez d’entendre? Aussi, je me garderai bien d’en essayer l’analyse; leur couleur disparaîtrait en passant par mon organe. Je n’oublierai cependant pas que c’est au

nom de l’Administration des Hospices de Lyon que je parle, et sans doute l’estime que vous lui portez vous rendra plus indulgents pour l’inexpérience de son interprète.

Monsieur le Major,

Six années se sont écoulées depuis que votre voix s’est fait entendre dans cette enceinte; à cette époque vous avez énuméré les travaux de votre aidemajoraten présentant plutôt l’ensemble des faits de votre exercice, qu’en choisissant de préférence les cas nouveaux et saillants que les circonstances avaient pu vous faire rencontrer. Convaincu , comme vous l’avez dit, que c’est ce qu’il y a de plus général et de plus applicable qu’il importe le mieux de connaître, vous avez suivi la même marche dans votre nouveau compte-rendu , et vous venez d’embrasser dans une esquisse rapide l’ensemble de vos immenses travaux. Qu’elles ont été bien remplies les années que vous avez passées dans cette maison ! que de malheureux vous doivent la vie et la santé!

Quel concert de reconnaissance et de bénédictions vous entendriez, s’il vous était donné de voir réunis tous ceux dont vous avez soulagé les misères! Ce nouveau tribut de votre expérience et de votre science restera dans cet hôpital comme un document précieux, où vos successeurs irouveiont

des enseignenienls que vos élèves ont déjà si bien appréciés.

Je ne parlerai pas des différents ouvrages que vous avez publiés; l’accueil qu’ils ont reçu du public compétent est là pour témoigner de leur mérite; mais il en est un sur lequel je craindrai moins de m’exprimer, parce qu’il est plus à ma portée, et aussi parce qu’il a dû rencontrer toutes les sympathies d’une Administration dont Thistoire se trouve presque toujours mêlée à celle que vous avez retracée. Si l’Hôtel-Dieu peut se glorifier d’avoir dans ses archives une source de richesses, il doit aussi se féliciter de ce que vous avez su y puiser avec autant d’art et de discernement. En effet, quel est celui de nous qui ne lira pas avec intérêt ce fruit de vos longues et laborieuses recherches? qui ne suivra pas avec une vive curiosité l’histoire de ces ardentes luttes soutenues pai* des hommes qui se vouaient au soulagement de leurs semblables, mais qui, dominés par l’esprit de corporations rivales, firent du domaine de la science un champ clos où se livraient des combats contre lesquels la légi.slation se trouvait souvent impuissante ? Heureusement depuis longtemps ces fatales divisions n’existent plus; l’union est rétablie dans les deux premières branches de la science ; et si le consilio rnanuque a pu paraître trivial en passant par certaine bouche, il n’en reste pas moins la devise de ces talents si remarquables de nos jours, talents comme le vôtre, Monsieur, qui sait allier la pratique de

deux ans, ainsi qu’on l’a dit, émanés d’une source commune; génies inséparables, égaux devant l’humanité, et qui travaillent aujourd’hui d’un commun accord à conjurer les maux qui menacent notre frêle existence.

Si l’Administration doit regretter que vous ne soyez pas le premier appelé à jouir du litre que les nouveaux règlements accordent au chirurgien qui termine son exercice , elle est du moins heureuse de penser que vous ne lui deviendrez pas si tôt étranger, puisque nos salles de clinique vont encore vous offrir un vaste théâtre pour exercer vos talents. Restez convaincu, Monsieur, que l’Administration s’estimera heureuse de tout ce qui pourra maintenir ses rapports avec vous; elle les a tiop appréciés pour ne pas en rechercher avec empressement la continuation.

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