‹ Clinique chirurgicaleChapitre 10 sur 57 · DE I.A FORCI PRESSURE · texte numérisé non relu

DE I.A FORCI PRESSURE

Au début, emploi simultané pour l’hémostase des pinces, de la torsion, et des ligatures de fil métallique. — Ces deux derniers moyens ont été peu à peu abandonnés. — Pinces successivement employées pour la forcipressure. — Pinces à pression continue de Charrière. — Pinces serres-fortes. — Pinces hémostatiques de M. Péan. — Mode d’emploi de ces pinces, leur nombre. — Durée de leur application. — Manière de les retirer. — Innocuité de leur séjour dans les plaies. — Avantages de ces pinces et de la forcipressure.

An début de sa carrière chirurgicale, M. Péan, imitant la conduite de Nélaton et Maisonneuve, appliquait pendant sesopérations des pinces sur tous les vaisseaux qu’il divisait et laissait ces pinces appendues à la surface de la plaie jusqu’à la fin de l’opération. Mais comme la pince à verrou généralement employée était trop lourde et difficile à manier, M. Péan aimait mieux se servir des pinces à anneaux et à arrêt que l’on trouve dans toutes les trousses et que l’on peut appliquer avec plus de rapidité et de précision.

La compression exercée par ces pinces, pendant qu’il terminait l’opération, suffisait en général à déterminer l’oblitération des petits vaisseaux. Si toutefois l’un d’eux venait à saigner, il le soumettait à la torsion faite méthodiquement suivant les principes classiques. Mais quand des vaisseaux de premier ordre étaient intéressés comme l’artère humérale, l’artère et la veine fémorales, M. Péan ne se bornait plus à la simple compression par les pinces, ni même à la torsion, il avait recours aux ligatures. Se fondant * sur 1 innocuité du séjour des balles dans les tissus et sur le peu

I(> DE LÀ F011CIPRESSURE.

d’irritation exercée en général par les liens métalliques (1), M. Péan préférait aux ligatures de fil ordinaire celles de fil de fer ou d’argent. Il les coupait au ras du nœud et les abandonnait au fond des plaies pour favoriser la réunion et éviter toute traction dans les pansements ultérieurs (2) .

Pendant quelque temps M. Péan employa, en môme temps que les pinces de Charrière qui dans beaucoup de cas sont trop lourdes et trop fortes pour les tissus à comprimer, les petites pinces serres- fortes (fig. 2) à mors plats, droites ou courbes, construites sur le principe des serres-fines de Vidai de Cassis. Celles-ci étaient particulièrement destinées aux opérations de gastrotomie qui exigent souvent, comme on le sait, un grand nombre de ces instruments pour prévenir l’écoulement du sang. Mais à cause de leurs petites dimensions, et de leur forme, les serres-fortes étaient moins faciles à appliquer et plus difficiles à maintenir, pendant le cours de l’opération. Quand on opérait sur des cavités profondes et anfractueuses il n’était pas toujours possible de s’en servir, et dans ces cas il était même nécessaire d’attacher un fil à leur extrémité pour les empêcher de s’égarer dans la profondeur des plaies.

Ces divers inconvénients déterminèrent M. Péan à renoncer à leur emploi, même dans la gastrotomie, et à se servir exclusivement d’un modèle spécial de pinces à anneaux et à arrêt qu’il fit construire en 1868 par M. Guéride.

Ces pinces rappellent par leur forme et leurs dimensions la pince de Charrière, mais elles en diffèrent par la légèreté et 1 élasticité de leurs branches et par la disposition de leurs mors. Ceux-ci sont petits, étroits avec une légère entaille à leur centre. Enfin 1 arrêt de ces pinces est constitué par une crémaillère placée un peu au-

(1) Vidal dit qu'aucun lien ne peut être comparé au fil d'argent pour limiter l action vitale suscitée par une ligature quelconque ( Tr . de pnth. ext., t. I).

(2) Levert a prouvé que les ligatures métalliques coupées très-près du nœud, peinent être abandonnées au fond d’une plaie, et là s’entourer d'un kyste celluleux, sana nuiie à la cicatrisation (. tournai des progrès, 1820, f. XVII).

DE 'LA FORCIPRESSÜRE.

dessus des anneaux qui permet de les fermer et de les ouvrir beaucoup plus facilement qu’avec les autres systèmes. La figure que nous donnons ici suffira du reste à en faire comprendre le mécanisme (fig. 3, 1 ).

Fig. 3. — Pinces hémostatiques de M. Péan

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