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OBSERVATION VIII

Tumeur érectile île la l'erre inférieure et de la joue gauche. — Injections de perchlorure de fer après hémostase préalable au moyen des pinces. — Guérison.

Mademoiselle Fl... est atteinte depuis son enfance d’une tumeur érectile arlérioso-veineuse occupant la lèvre inférieure dans sa totalité, la face interne de la joue gauche, et la moitié antérieure de la langue et du plancher de la bouche.

La tumeur de la lèvre était assez volumineuse pour retomber en avant jusque sur le menton (fig. 9); la difformité et les inconvénients qui en résultaient décidèrent la malade à venir à Paris chercher la guérison de cette infirmité (mai 1874).

M. Péan pensa quà l’aide des pinces hémostatiques spéciales qu'il venait de faire construire, il pouvait se mettre assez sûrement à l’abri

IMS LA FOItClPlUiSSUUE.

des hémorrhagies qui constituent le principal danger de cette opération et tenter la cure de celte affection.

Dans ce but, ce chirurgien circonscrivit la tumeur labiale à sa périphérie avec deux pinces hémostatiques à mors mobiles (üg. 9 , l'un des

Fie, 9. — Tumeur érectile de la lèvre inférieure , comprimée ù sa base avec

deux pinces à mors mobiles destinées à empêcher l’arrivce du sang dans son intérieur.

mors étant placé à la face muqueuse et l’autre à la face cutanée de la lèvre afin d’empêcher complètement l’arrivée du sang dans la tumeur. M. Dean injecta ensuite au centre de la masse morbide sur trois points opposés quelques gouttes de perchlorure de fer à 30 degrés. Les pinces restèrent en place pendant dix à quinze minutes jusqu’à la formation des caillots chimiques qui transformèrent la tumeur en une masse dure et irréductible.

Le soir même une inflammation violente se déclara, sur quelques points et particulièrement au niveau des piqûres où se formèrent de petites

DE LA FORCIPRESSURE.

eschares dont on favorisa l’élimination. La suppuration s’établit et, le sang cessant d’affluer dans la tumeur, celle-ci ne tarda pas à s’atrophier et à se flétrir, de sorte qu’au bout de deux mois la lèvre avait presque complètement repris sa forme et ses dimensions normales.

La malade qui était retournée chez elle revint il y a environ trois mois se faire opérer de la masse érectile qu’elle portait à la joue gauche. Cette seconde portion de la tumeur fut traitée également avec succès par les mêmes moyens et à l’aide des mêmes instruments. Aucune hémorrhagie primitive, ni consécutive, ne survint.

M. Péan se propose d’attaquer prochainement par la même méthode la masse spongieuse qui occupe encore la langue et le plancher de la bouche.

Comme on le voit, les petites pinces hémostatiques ordinaires eussent été dans ce cas insuffisantes, et c’est grâce aux instruments, perfectionnés dont il s’est servi, que M. Péan a pu mener à bonne fin une opération que plusieurs chirurgiens avaient refusé de pratiquer, pensantavec raison que l’affection dont il s agissait était au-dessus des méthodes de traitement généralement usitées.

dans lesquelles les pinces pourront être appliquées à l’hémostase préventive, nous nous contenterons des faits qui précèdent, laissant à chacun de nos lecteurs le soin de compléter ce chapitre, suivant les exigences de sa pratique.

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