IX. Gastrotomies
Ainsi que nous l’avons déjà dit, L’hémostase s’obtient au moyen de la forcipressure dans le cours des opérations en plaçant une pince sur chaque vaisseau au moment môme où il est sectionné. Celte manière d’agir permet de continuer avec rapidité l’opération et de la mener à bonne fin sans le concours d’aides nombreux et exercés, comme cela est nécessaire quand on veut simplement pour comprimer les vaisseaux se servir de l’extrémité des doigts. Ceux-ci gênent l'opérateur pendant qu’il achève 1 opération, et souvent lorsqu’on les enlève pour arrêter définitivement l’écoulement
DE LA FORCIPRESSURE.
du sang, on ne trouve plus les extrémités des vaisseaux rétractés et enfoncés dans les chairs. « Si l’on procède alors à la réunion des parties divisées, l’irritation appelant plus tard le sang vers la plaie, on voit survenir des hémorrhagies consécutives (1) » . Presque tous les chirurgiens sont du reste d’accord sur ce point. « Pendant l’extirpation d’une tumeur volumineuse, dit Vidal, plusieurs artères peuvent, en donnant du sang, nuire à la précision des mouvements de l’opérateur et épuiser les forces du malade. Jeter alors une ligature sur chaque vaisseau, c’est perdre quelquefois un long temps, et, si l’on désire réunir immédiatement, chaque fil devient un obstacle au succès dece mode de pansement. Il faut donc enlever tous les fils, ce qui est encore une perte de temps et une cause de nouvelles souffrances pour le malade. Faire appliquer les doigts des aides sur les vaisseaux qui donnent, c’est se priver de ces aides pendant le reste de la manœuvre, qui d’ailleurs est singulièrement gênée par la présence des mains sur la surface traumatique (2). »
Pour remédier à ces inconvénients, Vidal de Cassis recommandait l’emploi des serres-fines. Dans le même but Follin conseille les pinces serres-fortes (3)' (fig. 2). Il en est de même de MM. Sédillot et Legouest disant «que les petites pinces à ressort croisé qui s’ouvrent par pression et se referment spontanément comme les serres-fines de Vidal, rendent de grands services aux chirurgiens privés d’aides suffisamment exercés. On saisit l’embouchure des artères avec ces pinces, qui restent appendues a la surface de la plaie jusqu’au moment où on les remplace par une ligature (/i). » M. Kœberlé se sert au contraire d’une pince a anneaux et à arrêt qui n’est qu’une réduction delà pince à pression continue de Charrière. Enfin MM. Maisonneuve et.
i l) Samson, Des hémorrhagies traumatiques, lli., 1 8 lî G .
(2) Vidal etDüplay, Tr. de path. int ., t. I.
(i * 3) Follin, Tr. de path. ext., t. II.
d\) Sédillot et Legouest, Tr. de méd. opèr.} 4 e édit., t, I.
DE LA FORCIPHESSURE.
Nélaton se servaient simplement de la pince à verrou. Nous avons dit queM. Péan, après avoir employé successivement toutes ces pinces, avait fini par les remplacer par la pince hémostatique qu’il avait lait construire par M. Guéride et dont nous avons donné la description (fig. h). Une ibis l’opération terminée, le chirurgien peut, comme le faisaient MM. Maisonneuve et Nélaton, appliquer des ligatures ordinaires sur les vaisseaux et retirer les pinces; ou au contraire comme le préfère M. Péan, laisser ces dernières fixées sur l’extrémité du vaisseau assez longtemps pour obtenir son oblitération et l’arrêt définitif du sang. Les détails dans lesquels nous sommes déjà entrés, et ceux qu’on trouvera dans les observations qui suivent nous dispensent d’insister plus longuement sur les avantages de cette pratique; nous passerons donc immédiatement à l’exposé des faits en passant en revue les principales régions du corps.
. — Opérations qui se pratiquent sur la glande mammaire :