‹ Clinique chirurgicaleChapitre 91 sur 136 · LUXATION DE L'HUMÉRUS EN HAUT · texte numérisé non relu

LUXATION DE L'HUMÉRUS EN HAUT

contraire une saillie plus forte que de l'autre côté; le del toïde était raccourci et bombé, comme s'il eût été gonflé par une extravasion de sang. Cette tuméfaction du deltoïde masquait^ à un certain degré la saillie de l'acromion; mais, à la dépression du muscle, on découvrait, promptement un vide, au fond duquel on pouvait sentir la cavité glénoïdc de l'omoplate. Entre l'acromion et l'apophyse coracoïde, une tumeur arrondie perceptible à la vue et au loucher, révélait la tête de l'os luxé, que l'on sentait rouler sous les doigts lorsqu'on faisait mouvoir le membre; il était aisé de reconnaître sa partie articulaire tournée en arrière et la grosse lubérosilé en avant. Les parties molles qui la couvraient étaient minces et semblaient constituées seulement par la peau, le tissu cellulaire et quelques fibres du muscle deltoïde. À l'exploration, l'aisselle était trouvée parfaitement libre; les doigts pouvaient suivre le petit pectoral jusqu'à son insertion coracoïdienne; il était ainsi facile de constater la parfaite intégrité de l'acromion et de l'apophyse coracoïde, placés l'un derrière l'autre devant la tête de l'os. En arrière, l'omoplate était légèrement écartée de l'épine dorsale, tandis que son angle inférieur était porté en avant.

Je passai ensuite à l'examen des changements survenus dans les mouvements de l'articulation. Ces mouvements étaient tous très-douloureux, et il était surtout difficile de porter le membre en avant et en dehors. Dans ce dernier mouvement on pouvait sentir la tête de l'humérus changer de place et butter contre l'apophyse coracoïde. En présence de ces symptômes, aucun doute ne pouvait exister sur la nature de la lésion : il était évident que j'avais affaire à une luxation de l'humérus en haut, complète et sans complication de fracture ni de l'acromion ni de l'apophyse coracoïde. J'essayai de faire la réduction en m efforçant de placer le bras dans la position horizontale cl perpendiculaire à l'axe du corps; mais ce fut, en vain, bien que j'eusse exercé une traction très-énergique. Le blessé futsoignd et. mis à la diète absolue; puis, par suite de circonstances étran^ gères au malade, je remis au lendemain tout nouvel essai de réduction.

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