ABLATION DE TUMEURS DU SEIN
Dans toutes les ablations de tumeurs du sein que nous avons vu pratiquer par M. Péan à l’hôpital Saint-Louis, ou que nous avons pratiquées nous-mêmes sous ses yeux, l’application immédiate des pinces sur les vaisseaux, après leur section, nous a toujours rendu les plus grands services. Après l’opération, le plus grand nombre de ces pinces étaient enlevées tandisqueles autres restaient en place pendant quelques heures. Ce n’estqu’exceptionnellement que nous avons été obligés de lier un vaisseau. Les lèvres de la plaie ont toujours été suturées et réunies par première intention excepté, cependant à la partie externe et inférieure qu’on laisse ouverte pour l’introduction d’une mèche destinée à favoriser l’écoulement du pus. C’est par celte ouverture qu’on ramène au dehors les
DE LA FORCI PRESSE HE
branches des pinces qui doivent rester en place, ce qui ne présente ordinairement aucune difficulté, puisque c’est au voisinage de faisselle que se trouvent les vaisseaux les plus importants. ïl peut arriver cependant qu’une pince soit située trop profondément, chez une femme très-grasse par exemple, pour pouvoir être facilement ramenée à la partie béante de la plaie. Dans ce cas, si au moment de la retirer pour faire la suture on s’aperçoit que le vaisseau qu elle comprimait saigne encore, il faut le ressaisir et y jeter une ligature ordinaire qui permet d’achever le pansement. Comme on le verra par les observations qui suivent, il n'est pas en général nécessaire de laisser plus de cinq à sept pinces dans la plaie, et cela de six à vingt-quatre heures après l’opération. On en soutient les branches avec soin, au moyen d’un fort tampon de charpie on d’ouate, et le tout étant recouvert d’un bandage de corps, la malade ne s’aperçoit pas le plus souvent de la présence de ces instruments qui ne lui causent aucune douleur.