LA LANGUE, ETC
La bouche, le pharynx, la langue, son! des régions où le chirurgien redoute toujours de porter l'instrument tranchant, tant à cause de leur grande vascularité, du nombre et de la richesse des anastomoses normales ou pathologiques, que par suite des difficultés qu'on rencontre ordinairement à y pratiquer l’hémostase. Samson rapporte, dans sa thèse, plusieurs observations d’hémorrhagies survenues à la suite de traumatismes de ces organes, que la ligature, la compression et la cautérisation furent impuissantes à réprimer, et qui causèrent la mort des malades. C’est pour parer à ce danger qu’on a souvent été obligé de faire la ligature préventive de la carotide externe ou de la linguale, soit avant, soit
DE LA EOllCII'RESSUllE.
pendant une opération de cette nature (1). La plupart des chirurgiens emploient môme aujourd’hui, dans ces cas, l’écraseur linéaire ou le couteau galvano-caustique de préférence au bistouri ; mais, malgré la sage lenteur apportée au maniement de ces instruments, on n’en a pas moins vu se déclarer des hémorrhagies redoutables. Grâce à l’emploi des pinces hémostatiques, nous avons vu M. Péan exécuter toujours ces opérations rapidement, soit avec l’instrument tranchant, soit avec l’écraseur, sans que l’écoulement du sang devînt un seul instant inquiétant. Nous avons déjà rapporté, en parlant de l’hémostasie préventive, plusieurs observations qui démontrent les avantages de cette pratique; en voici deux autres à l’appui.