I-,.,, t>m { Guéries
Filles. ... 85 J -, ,
f Mortes.... 70
Garçon».. 90 | j,^^^^ ,^
l Guéris.... 31
ToUl 175 { Morts 144
Soit une proportion de 31 guéris par 175 opérés, environ 1 succès sur C opérations.
En examinant ces tableaux avec soin, on voit que dans ce traitement de la diphthérite, il faut tenir grand compte de Tâge et du milieu où se trouvent les malades, ainsi que des eflets obtenus par le traitement médical ou chirurgical.
En effet, au-dessous de 3 ans, le pronostic est très grave, puisque dans la série que je viens d'observer, deux enfants de cet âge seulement ont guéri sur 33 opérés.
Quant au milieu, je pense qu'une proportion de guérison plus grande que la proportion habituelle pourra être obtenue en entretenant jour et nuit dans les salles une atmo • sphère antiseptique de la nature de celle dont je viens de parler. Cette atmosphère n*est pas faite par pulvérisation, ce qui ne donne aucun résultat appréciable, mais par vaporisation, ce qui est très différent. Sous la forme de vapeur, les substances antiseptiques se répandent partout.
La question relative aux effets avantageux de Témétique dans le traitement médical du croup, si contestés par quelques médecins, se déduit encore de la lecture de ces tableaux.
Le traitement du croup par l'émétique est très ancien. 11 est en usage depuis vingt-cinq ans dans mon serivc^, m\\ donné plus de deux ceuts guérisons s^us que j*aie eu à regretter aucun accident. Beaucoup de médecins, à Paris et en province, emploient cette médication avec le même succès, et on peut dire que ceux qui savent convenablement 80 servir de Témétique, relativement à sa dose et à son mode d'administration, n*en retirent que des avantages. Pour n*eu donner qu*une idée sommaire, je dirai que cette année, sur les 150 cas de croup venus dans le pavillon d'isolement diphthéritique, il y en a eu 25 qui ont échappé à ropération au moyen de Témétique.
Tous les faits de dépression des forces chez les enfants et de diarrhée cholériforme attribués h cette médication sont possibles et vrais si l'émétique est mal administré. Ils ne 8 observent pas sous la surveillance des médecins qui connaissent remploi du médicament. On ne les rencontre jamais dans mon service.
Quelle est donc la manière d'administrer Témétique dans le croup pour en tirer tous ses avantages et pour en évaluer les inconvénients ? Le procédé est bien simple. Il faut éviter de faire boire les eufauts api*ès qu'on a donné la potion, de manière à ne pas diluer le médicament. Si les enfants ont
soif, une cuillerée (l*eau sucrée peut les satisfaire. De cette façon, le médecin obtient ce qu'il désire, il a un médica* ment éméiique, coutro-stimulant et non un médicament purgatif. S*il désire avoir Faction purgative, il n*a qu'à faire boire de Teau chaude en abondance, et la purgation» ou des accidents de diarrhée cholériformes auront lieu.
Le médecin peut donc, à son gré, lorsqu'il donne l'émé* tique à un enfant, avoir un effet vomitif ou purgatif» 8*il défend les boissons, et si on lui obéit, son émétique fera vomir ; si la mère de Teufant ou les domestiques donnent trop à boire pendant les deux heures suivantes, l'émétiqae d'îvient par ce lavage un purgatif plus ou moins énergique.
Cela étant dit, voyons de quelle manière Témétique doit être donné dans le croup pour obtenir le chiffre de guérisons que j'ai rapporté.
Tous les jours, je donne le vomitif suivant :
Eau sucrée. ... 80 grammes;
Emétique 25 milligr., au-dessous de 10 ans.
— 5 centigr., au-dessus de 10 ans.
A prendre en une fois, et ne pas boire avant une période de doux heures. On a ainsi des vomissements muqueuxou Hiembraucux qui débarrassent les bronches et le larynx; puis dans la journée laisser l'enfant manger des potages épais, des biscuits trempés dans du vin.
De plus, si le cas est grave, comme potion contro-stimu* lante, je donne :
Potion gommeuse. ..... 100 grammes;
Sirop diacode 20 —
Émétique 10 centigr*
A prendre une cuillerée à café toutes les deux heures, sans donner beaucoup à boire aux enfants et en les laissant manger ce qu'ils désirent, tant que la respiration est généei fréquente, et que la toux reste croupale.
De cette façon, la tolérance de Témétique s'établit et lei enfants peuvent prendre cette potion pendant pluiieuri jours de suite, tout en mangeant bien, et sans avoir ni vomissements ni diarrhée.
Si par hasard la tolérance ne s^établit pas, et si les enfants vomissent, ordre doit être donné aux parents d*arré«ter l'usage de la potion pour éviter d'affaiblir les malades*
Tel est le traitement médical du croup par rémétique. C'est le seul auquel j'attache une importance réelle, en raison des nombreux succès qu'il a donnés, et toutes les objections qu'on lui adresse sont pour moi sans aucune valeur. Ces objections tomberaient si, au lieu de généraliser des reproches d'après quelques traitements mal dirigés, on se conformait aux règles que je viens de tracer.
Au reste, comme ce que je raconte ici n'est pas écrit dans un but de gloriflcatiou, de controverse personnelle, je me contenterai de dire :
En cinq mois, j'ai eu à soigner 155 cas de croup, 35 ont guéri par Témétique employé comme je viens de le dire, et aucun n'a souffert de la médication. Ceux qui n'ont pu guérir ainsi, au nombre de 130, out été opérés et ont fourni 29 guérisons, de telle sorte que sur cet ensemble de croups, il y a eu 54 guérisons et 101 morts, soit environ 1 guéri sur 3 malades.
Il me reste maintenant à exposer mon nouveau procédé de trachéotomie à l'aide du dilatateur tranchant. C'est une simplification remarquable de l'oiiération.
Au lieu de ponctionner la trachée avec le bistouri que l'on est obligé de retirer pour placer le dilatateur, je ponc* tioimo la membrane cricoïdieune avec un dilatateur trancliant sur la partie coarbo île sa concavité, et du môme coup je sectionne le cricoTde et un anneau. Alors, j'écarte les branches de l'instrument qui a fait Tincision du conduit aérien, et je place ma canule.
Cette manière de faire évite l'entrée du sang dans la trachée qui a lieu entre le moment de l'incision trachéale par le bistouri et Tintroductiou du dilatateur ordinaire. De plus, il empêche les tâtonnements d'introduction qui ont souvent lieu pour retrouver l'ouverture de la trachée, tâtonnements pendant lesquels l'enfant asphyxie et succombe souveut sur la table. En un mot, incision et dilatation par l'instrument gui a servi à inciser, au lieu d*une incision qu'il faut i*e-
trouver et dans laquelle on cherche à introduire le dilatateur ordinaire et ensuite la canule.