‹ Clinique de l'Hôpital des enfants maladesChapitre 36 sur 36 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Et maintenant, quelle conclusion sommes-nous en droit de tirer de tous ces chiffres ?

1* D'abord, il y a dans le croup et Tangine couenneuse une diminution extrêmement consid&able dans Vexcrétion de Vurèe, diminution que Ton ne peut pas attribuer uniquement à la présence de Talbumine dans Turine. puisque le phénomène subsiste alors même que les urines ne sont pas albumineuses. Ce fait pourrait donc, s'il en était besoin encore, confirmer cette vérité: que la diphthérie, maladie primitivement locale, devient générale et exerce ensuite son action' infectieuse sur toute l'économie ;

2* De plus, le chiffre de Purée subissant une diminution dès le début de la maladie, l'analyse des urines pourra fournir, dans les Ciis douteux de croup et de faux croup, d'utiles renseij^nements sur la nature infectieuse du mal.

3» Dans un grand nombre d'observations, il nous a été permis de constater une diminution plus consid&ahle

dans le chiffre de l'urine excrétée vingt-quaire heures iivant l'apparilion de l'alhumine dans les urines ;

4" Le retour à la normale ne se fait quelquefois que lentement, et beaucoup d'enfants sortent de l'hôpital avec les apparences de la guérison, alors qii'ils ne rendent encore qu'une quantité d'uiée inférieure à la moyenne physiologique.

GO. ~ Du traitement de la paralysie infantile par l'emploi de l'électrisation avec les courants continns.

A côté des paralysies d'origine cérébrale et spinale, il y a, chez les eufants, des paralysies myogénîi}ues, d'origine rhumatismale, ayant pour siège primitif la fibre musculaire ulle-mém-;.

La preuve, c'est que sur onze autopsies de paralysies dites infanlilfs, récemment publiées par difTérents auteurs, il y en a quatre où l'on n'a rien trouvé dans le cerveau, dans la moelle et dans les nerfs. Quant aux sept observations dans lesquelles on a trouvé de la sclôi-ose spinale des cordons antéi'ieurs et latéraux, et parfois de microscopiques ramollissemenis de la corne grise antérieure, rien ue prouve que ces lissions ne soient l'effet de ranêanlissement fonctionnel et de l'atrophie granulo-graisseuse des muscles paralysés. En effet, iia suite de toutes les paralysies rhumatismales de l'adulte, il se produit ime atrophie des nerfs attenant aux muscles affectés. C'est ce que l'on voil surloul dans les nerfs de la face, après l'hémiplégie faciale causée parte froid. De plus, une lésion iraumatlque de l'œil produit parfois l'altération du nerf optique, qui s'èleud aux couches optiques, d'oii elle rijdesccnd dans le cAté opposé pour compromettre la vision de l'œil sain. Chez les vieux soldats amputés de la jambe, Luys a trouvé l'alrophie du nerf du membre, remontant jusqu'à la moelle aux cellules motrices des cornes antérieures, et Hayem par l'arrachement du nerf scialique, chez les lapins, a produit la même altération spinale.

La dyspepsie produit souvent, par irritalion ascendante des nerfs de l'estomac, une lésion du cerveau d'où résulte la folie ; — renlcrito et la dysenterie, les maladies de vessie produisent de la même façon une altération de la moelle épiniëre qui se révêle par la paraplégie ; — l'angine simple et l'angine couenneuse déterminent souvent, par l'extension de l'excilaliou des nerfs pharyngés, une lésion du cerveau et de la moelle telle, qu'il eu résulte de l'auiauroae et une paraplégie ascendante qui gagne jusqu'au thorax et occasionne l'asphyxie, etc.

Si les maladies d'uo organe peuvent n'éveiller aucune sympathie et n'avoir aucune irradiation, il en est donc qui peuvent, par névropathie ascendante, atteindre le cerveau et la moelle pour y engendrer des légions secondaires. — Donc, il n'est pas impossible qu'une myosite des membres inférieurs avec dégénérescence granulo-graisseuso ches l'enfant, produise une névrite ascendante allant gagner la moelle. Cela semble résulter de ce Fait que, dans certains cas de paralysie avec lésion spinale, les nerfs des muscles paralysés , devenus granulo-graisseus , sont atrophiés, tandis qu'ils sont sains chez les sujets où la moelle est restée intacte.

Une autre preuve que la paralysie graisseuse de l'enfance peut débuter par les muscles et nou pas par la moelle, c'est que dans un membre atteint de paralysie infantile, il y a des muscles qui restent sains, ce qui n'aurait pas lieu si celte paralysie graisseuse était la conséquence du ne maladie itpiualfl ayaot supprimé l'excitation motrice des racines nerveuses d'où émane le nerf principal du membre.

Ainsi, j'ai vu un enfant atteint de [jaralysie graisseuse du membre supérieur gauche. Le deltoïde, le pectoral, les sus et sous-épineux, le brachial et le triceps étaient atrophiés, nou contractiles, et le deltoïde avait disparu à ce point que l'on pouvait luxer l'humérus dans tous les cens, que !a téta de cet os était écartée de 2 centimètrbs de l'acromiou, enfin qu'on pouvait entrer le doigt dans l'articulation en lefoulant la peau. Or, l'avanl-bras et la maiu n'étaiuut point fitralyséS) le poi^jnet se remuait eu tous sens et les doigts se

fennaient et s^oorraiait arec loiee à la volooté de renfaiit. Ea baot, le trapëxe, le fpléniiis étaient infacls et pomraient lemoaler fartement l'épaule. C'était doae nue parahrsîe gnosseose de la partie moyeime da membre supérieur. Comment expiigner cette paralysie de la partie morenne d*on membre par ooe lésion de la modle supprimant la puissance exdto-motrice des nerEs qui en sortent? 11 n^y a qu*une lésion locale des musdes qui puisse rendre compte d'une paralysie localisée à la partie moyenne d*un membre, et cette lésion locale est la myoôte granulograisseuse.

Sur d'autres malades, on troure, dans le deltoïde on dans le fessier paralysés, des fibres non paral^-sées. rouges striées, normales, au milieu de fibres jaunâtres décolorées, granulo-graisseuses, et dépourvues destriation;ou bien, au travers de la peau, on voit, sur la partie moyenne du deltoïde laradisé, des fibres qui se contractent, tandis qu'en avant ou en arrière il y a des fibres qui ne se contractent plus. Si la paralysie du deltoïde dépendait d'une lésion de la moelle et du nerf moteur deltoidien, tout le muscle serait atrophié et entièrement immobile. Par cela même que son atrophie est partielle, ilbrillaire, et que la paralysie n'aflecte pas toutes ses fibres musculaires, il est évident que Tinaction est le résultat d'une affection locale inégalement répartie dans le muscle.

Il y a donc des paralysies musculaires périphériques locales, ou myogéniques, dues à une altération primitive des muscles. Ce sont des myosiles spéciales produisant la dégénérescence granulo-graisseuse et une atrophie rapide du tissu musculaire qui cesse de se contracter. En une seule nuit, la contractilité disparaît, et en deux ou trois jours il y a déjà une atrophie évidente du muscle paralysé. Comment cela se pourrait-il faire à la suite d'une lésion spinale, et où a-t^n jamais vu ces lésions de la moelle suivies de paralysie déterminer Tatrophie des muscles en quelques jours? Cela ne s'observe jamais. Il n'y a que chez les enfants et dans la forme de paralysie dont je parle eu ce moment qu'on observe ce phénomène, ce qui est un effet de l'altération

primitive des fibres musculaires et nullement d'une lésion nerveuse.

Une dernière preuve de l'existence de la paralysie atrophique, rhumatismale et granulo-graisseuse des muscles de 1 enfance, c'est la réussite d'un traitement exclusivement appliqué sur le muscle pour en maintenir la nutrition et y rappeler le mouvement. Ainsi quand, dès le premier ou le second Jour de la paralysie on active la circulation capillaire et la nutrition des muscles paralysés par des courants con^ tinus, on ramène peu à peu le mouvement. Ici, l'action est toute locale, on n'a pas excité les nerfs ni la moelle, on n'a pas essayé de provoquer des contractions fibrillaires et on n'a eu d'autre but que d'entretenir Thyperhémie nutritive des muscles. CTest de celte manière qu'on a guéri, alors que par l'inaction ou la temporisation on eût laissé à la paralysie le temps de devenir incurable.

La preuve de cette guérison de la parai) sie graisseuse atrophique de l'enfance par les courants électriques connus dès le début du mal se trouve dans les faits suivants :

Obs. 1. — Paralysie atrophique du deltoïde et des muscles du bras ; début soudain sans fièvre ; traitement immédiat par les courants continus et par les douches de vapeur ; guérison,

Feroand B. .., âgé de 8 ans, très légèrement vôtu, joua un dimanche, pendant quelques heures, sous le seleil de février, par une bise assez forte, dans le jardin d'un ami. Rentre chez lui, il dîna comme de coutume et se coucha peu après sans se plaindre d'aucune souffrance. Il dormit comme d'habitude, et le lundi matin, à son réveil, il avait un peu de douleur dans Tépaule gauche avec impossibilité de remuer son bras, qui était paralysé. 11 fléchissait Tavant-bras, agitait le poignet dans tous les sens, ainsi que les doigts. Il ne pouvait porter le coude en avant, ni en ar« rière, ni en dehors. Il lui était impossible de porter la main sur sa tête ; en un mot, il avait une paralysie motrice du deltoide, un peu du grand pectoral et aussi du trapèze. Partout, il existait un peu de douleur à la pression des muscles affectés, et, dès le troisième jour, le deltoïde parut atrophié dans ses contours d'une façon évidente. Ses fibres antérieures et postérieures n'avaient plus de contractilité électrique» mais à la partie blanche on voyait

encore quelques fibres très rares se contracter sous la peau. Il en était de même dans le grand pectoral. La sensibilité était intacte, et il n*y avait pas eu de fièvre. Aucun autre trouble ne se manifesta dans la santé.

Fort tourmenté de cet état, je consultai MM. Nélaton, Broca, Sée, Gosselin, qui constatèrent, comme moi, le début d'une paralysie graisseuse atrophique, occupant surtout le deltoïde. Les avis différèrent un peu quant au traitement, mais furent unanimes pour le diagnostic.

Redoutant une atrophie deltoïdienne incurable semblable à celles dont une pratique déjà longue m^a fourni de nombreux exemples, je ne voulus pas attendre que Tatrophie musculaire fit de nouveaux progrès et devint tout à fait granulo-graisseuse. Ne croyant pas à une lésion spinale produisant la paralysie et ne voyant chez cet enfant d'autre maladie qu'une lésion musculaire, c'est sur le tissu musculaire que je voulus agir. Dans l'hypothèse d'une lésion cérébro-spinale, il aurait fallu attendre, car on u'électrise pas dès le début des maladies aigués delà moelle, crainte de les aggraver; mais j'ai préféré agir sur le champ. Dès le troisième jour, M. Ghéron, auquel j'avais adressé l'enfant, a commencé des séances d^électîHsation par courants contiMUs, qui ont été faites tous les jours et tous les deux jours. Ces séances, combinées avec des douches de vapeur, ont, au bout d'un mois, ramené une faible contractililé dans tout le deltoïde et le grand pectoral ; puis, au quarantième jour, les mouvements de l'articulation ont reparu, d'abord incomplets, de façon à permettre au bras de se lever sous un angle de 15 degrés environ; plus tard, ils sont devenus très faciles, et enfin au quatrième mois l'enfant a complètement guéri. Au bout de cinq mois, il n'y paraissait plus dans les mouvements de l'épaule; mais il restait, ce qui existe encore aujourd'hui après trois ans de guérison, une atrophie deltoïdienne légère, appréciable pur le moindre volume des contours de Tépaule. A part cette difi'érence, les deux membres supérieurs ont exactement la même force. Cet enfant, traité dés U début du mal par les stimulants musculaires, a ainsi échappé à une difformité incurable.

Obs. il — Paralysie atrophique des deux membres inférieurs ; début marqué par un accès de fièvre de vingt-quatre heures de durée ; traitement par les courants continus un mois et demi après le début ; amélioration équivalant à une guérison»

Le petit malade qui fait l'objet de cette observation a été

adressé en 1868, par moi, à M. le D' Cliéron, pour être soumis a Taction des courants continus.

La maladie date d*un mois et demi. L'enfant a été pris d'un léger accès de fièvre et le lendemain on s'est aperçu qu'il ne pouvait plus se tenir debout.

Depuis sa naissance, sa santé a été excellente. Il a aujourd'hui deux ans, il marche depuis Tâge de quatorze mois. Il a toujours été lent, sans vivacité, très dormeur. Il est très gros et très gras.

Des vésicatoires ont été appliqués sur le trajet do la colonne vertébrale, dos frictions stimulantes ont été faites sur les membres inférieurs. Le membre inférieur droit est aujourd'hui revenu à Tétat normal, le membre gauche est amaigri, la jambe surtout; les mouvements de pronation et de supination sont seuls possibles.

L*examen de l'état de la contractilité des muscles de la jambe et de la cuisse, fait à l'aide des courants interrompus et des courants continus, donne les résultats suivants : les muscles antérieurs de la jambe et les péroniers latéraux ne se contractent point sous l'influence d'un courant inducteur ou d'nn courant induit de premier ordre, non plus que le droit antérieur de la cuisse.

Le courant continu fourni par 16 éléments de Remak produit, au contraire, à ehaque interruption, dans ces muscles paralysés des contractions assez énergiques.

Des applications sont régulièrement faites, trois fois par semaine, à l'aide des courants continus, 12 éléments de Remak. Le courant ascendant est employé avec son action plus stimulante sur la circulation et la nutrition.

Dès le premier mois de ce traitement, les forces générales de l'enfant, qui étaient fort déprimées, commencèrent à se relever ; il essayait de se tenir debout, s'aidant des meubles comme point d'appui ; dans le courant du quatrième mois, la jambe offrait un point d'appui assez résistant pour qu'il pût marcher sans aucun secours. A celte époque, le courant d'induction ; provoquait quelqu«3s contractions légères dans les muscles de la partie antérieure de la jambe, il n'en provoqu^iit point encore dans les muscles de la partie antérieure de la cuisse.

Au dixième mois seulement, des contractions assez énergiques se produisaient, dans les muscles paralysés, sous l'influence de l'application des courants d'induction; l'enfant marche facilement, il court; il boite cependant encore, le membre es

amaigri ; les muscles exécutent leurs fonctions, les péroniers latéraux seuls résistent au traitement; cependant tout espoir ne saurait être perdu, car les interruptions des courants continus produisent des contractions de ces muscles.

La famille perdit patience et ne ramena plus Fenfant. L^année suivante, Tenfant revint à la clinique, la famille s'était ravisée : mais alors les péroniers latéraux ne se contractaient plus sous rinfluence des interruptions des courants continus, tout espoir s'était évanoui ; il fallut recourir à un appareil prothétique pour suppléer Taction de ces deux muscles.

Cas. III. — Paralysie atropMque du membre inférieur droit ftirtenue à dix-huit mois, à la suite de convulsions ; traitement par les courants continus^ dix ans plus tard ; amélioration très notable,

Mlle A..., jeune Brésilienne, âgée de 12 ans, fut adressée à M. Ghéron par mon conseil, au mois de novembre 1869.

Paralysie atrophique de Tenfance survenue à la suite de con* vnlsions, à Tâge de 18 mois. L'enfant n*a pu marcher qu'à 4 ans et demi. Mlle A... traîne le membre inférieur droit, qui est beau* coup moins développé que le membre gauche ; il est aussi plus court. L'exploration des muscles, faite à Taide deis courants continus et des courants d'induction, nous donne les résultais que voici : à l'aide du courant inducteur et du courant induit de premier ordre, nous provoquons de très faibles contractions dans les muscles de la partie antérieure de la jambe ; les péroniers latéraux et le droit antérieur de la cuisse ne se contractent nullement; à l'aide des interruptions des courants continus, nous provoquons quelques contractions dans le droit antérieur.

Les muscles de la partie postérieure de la jambe l'emportent sur les muscles de la partie antérieure ; aussi le pied bot tend-il à s'établir avec renversement en dedans (pied bot équin varus), les muscles péroniers latéraux ayant complètement disparu.

Lorsque cette petite malade est assise, la jambe ne peut être étendue sur la cuisse, elle ne peut qu'imprimer à ce membre un mouvement de balancement.

Depuis huit mois, des applications des courants d'induction ont été faites trois fois par semaine. Quelques interruptions à ce mode de traitement ont été jugées nécessaires à cause de l'agacement nerveux extraordinaire que causait cet agent thérapentique. Des bains de tilleul, desopiacés étaient employés à calmer

cet élat, à ramener le sommeil et à faire cesser les secousses nocturnes quMprouvait cette enfant.

Les applications de courants continus, commencées au mois de novembre, furent continuées sans interruption jusqu*au mois de juin de l'année suivante.

Voici les résultats auxquels nous arrivâmes dans ce laps do temps : i^ le membre habituellement froid prit une température constante assez élevée; 2« la contracture des muscles de la partie postérieure diminua, permettant ainsi à Tappareil prothétique porté par la malade d'agir moins péniblement et d'une façon plus efficace; 3^ le muscle droit antérieur augmenta de volume, se contractant sous l'influence d'un courant inducteur; il devint possible pour la jeune malade d'étendre, faiblement il est vrai, la jambe sur la cuisse.

L'agacement nerveux ne se produisit pas pendant ce long traitement, et l'action générale du galvanisme agit favorablement sur la santé, d'une façon très manifeste.

Ofis. IV. Paraplégie infantiU; éleetrisation parles courants eotUinus;

amélioration,

Philippe (Louise), trois ans, née à Paris, entrée le 15 janvier 1872 au n^ 48 de la salle Sainte-Catherine.

Il y a six mois que l'enfant a été prise tout à coup de paralysie généralisée.

Vers trois heures, en revenant de la promenade, après un refroidissement, elle ressentit de vives douleurs dans le genou. On la coucha et le lendemain matin à son réveil elle était paralysée. Non seulement les quatre membres étaient pris, mais même la face semblait ello-môme envahie. On était en effet obligé de la faire boire avec un biberon.

Pas d*incontinence d'urine ni des matières fécales. L'innervation des sphincters était inacte. L'enfant est restée trois mois complètement paralysée des quatres membres. Les mouvements sont revenus dans les bras, mais non dans les jambes, et la paraplégie a persisté. La sensibilité n'a jamais été altérée dans les membres. EUle sent bien la douleur, le contact et la temi>érature des objets extérieurs. Les mouvements réflexes sont un peu diminués dans les parties paralysées qui ont subi un commencement d'atrophie et dans lesquelles il y a diminution de volume des masses musculaires. Les pieds sont dans l'extension complète du pied bot équin et leur redreasement forcé est douloureux par suite da

la conlraction des flècliisseurs de la jambe. Le tendon d'AchlIla TaiL une forte Baillie sous la peau.

En ville, le médecin de la malade a fait appliquer sur la région lombaire des vésicaloircs et de la teinture d'iode.

Sortie de l'iiApital le 2g janvier, treize jours après son entrée.

Depuis eelte époque, l'enrant vieot tous les jours se raîre électriser. Après dix jours d'ôlectrisation avec des courants continus (de 20 à 30 èléroeuls), les mouvemenls sont iraparraitement revenus dans les membres inférieurs, surtout dans les muscles de la cuisse, qui commencent à se contracter spontanément; mais leur contraction est encore très faible et c'esl à peine si à ce moment ils font une légère saillie sous la peau.

Le 20 Tévrior, Tentant a été prise de coqueluche et de Oôvrn et a dû suspendre les électrisations. Elle les reprendra des qu'elle

La petite malade a repris les électrisations dans les premiers jours do mai. Sa grand'raère l'a portée trois ou quatre fois d.iiis la salle Sa in te- Catherine, oîi elle a été soumise au traitement électrique par 15 à 20 éléments. Les muscles semblaient reprendre un peu de tonicité, la flaccidité était moindre et la températur<^ des deux membres inrériours était moins base qu'auparavant.

En faisant passer un courant galvanique, la faradisatioa réveillait la conlraclililA naguère éteinte et l'on apercevait comme des contractions fibrillaircs â la surfuce du membre paralysé.

L'enfant n'a malheureuseraenfpas pu être suivie plus ton(;temp&. Depuis six semaines elle n'est pas revenue â l'hOpital et ce fait nr nous otTre par conséquent qu'un exemple d'amélioration.

ÛDS- V. Paralijtie infanliie du membre inférieur gauche; emploi itt

ceuranls confinus; Guiriion,

Gabriel (Louise), dix mois, fui prisa subitement et sans accès de lièvre, il y a deux mois, dans la nuit, de paralysie complète du membre inférieur gauche. L'enfant ne pouvait plus le con dutre 11 en est résulté une atrophie bien manifeile de ce membre avec refroidissement assez notable delà peau, mais les pbénomène» rélloxes se sont conservés à droite tandis qu'ils se sont abolis i gauche.

ÉleclrisalioR par courants continus tout Uijours. — Février I8T3. Les mouvemeuts commencent a revenir depuis qu'elle «st soumise au traitement par Télectrisalion au moyen des couranls

continus par 20 ou 30 éléments. Le membre reste immobile, mais on constate qu'il y a des mouvements dans les orteils.

Mars. L*enfant est dans le môme état. — Continuât ion des séances dCéleclrisaiion. — L'exploration électrique au moyen de la pile de Gaiffe, par un courant même assez fort ne provoque pas de contractions musculaires.

Mai. Depuis quelques jours, Tamélioration est très sensible, Tenfant non seulement peut imprimer des mouvements volontaires à sa jambe paralysée, mais encore elle peut marcher presque seule. C'est à peine en eiïets*il est besoin de la soutenir par dessous les épaules ou même par la main. Elle est à peu près guérie.

Réflexions, — Dans ce cas de paralysie subite d'un membre chez un jeune enfant de dix mois, il y avait paralysie complète, immobilité absolueetuneinertie telle, qu'en jouant avec le pied je pouvais le jeter en tous sens comme le gland d'un cordon do sonnette. Non seulement le mouvement était aboli, mais la température était abaissée; il existait une atrophie considérable et il n'y avait pas de contractilité électrique. ^

La maladie datait de deux mois.

Malgré cette ancienneté je fis commencer l'électrisation par 20 ou îiO éléments de Tapparei) que j'ai lait construire dans la salle Sainte-Catherine. Les séances ont été faites par des élèves peu expérimentés. Malgré cela, au bout d'un mois le mouvement était revenu dans les orteils et peu à peu il a reparu dans la jambe et dans la cuisse. Au bout de trois mois la guérison était complète.

Si Ton guérit ^dirVélectrisation certaines paralysies rhumatismalesdela face et des membres supérieursouinférieurs, venues subitement sous l'influence du froid, c'est que ces paralysies sont périphériques et dues à une lésion nerveuse, locale, ou à une affection musculaire primitive plutôt qu'à une lésion cérébro-spinale : Naturam morborum ostendit curatio. Or, comme chez les enfants, si on abandonne h elle-même la paralysie dont je parle, elle est incurable, mais elle guérit si on éleclrise les muscles dès les premiers jours, il y a lieu de croire qu'elle est une paralysie périphé-

MALADIIS DBS ENFANTS. 42

rique et musculabe. A cette considdration vient s'ajouter celle dont j'ai déjà pj^rlé et qui montre que le muscle est malade dès le déh ic de la paralysie, ce qu'on ne voit dans aucune paralysie cérébrale et spinale, qU*lldevientgranulograisseux eu trois jours, et que c'est très certainement îa lésiou de la ûbre musculaire qui lui enhve sa contraclilité plutôt qu'un défaut d'innervation.

Par ce double fait de la guérison par rélectrisation immédiate, et de la lésion primitive des muscles paralysés, il faut conclure qu'il y a chez Tenfant, oomme chei Tadulte» deê paralysies périphériques de cause musculaire^ ce qui n'empêche pas d'admettre l'existence de paralysies dues à une myélite primitive. Le tort serait d'être exclusif et de considérer toutes les paralysies de Tenfance jusqu'ici appelées essentielles, oomme étant dues à une lésion primitive microscopique de la moelle épiuière. Sans doute, il y a des paralysies spinales de l'enfance qui sont la myélite ^moi'^ U y a aussi des paralysies musculaires dues à la myoêite gra« nulo-graisseuse, et ce sont celles-là qu'on guérit par des courants continus ejnploycs dès le début de la paralysie.

Maintenant, au lieu d'employer les courants continus, de grande intensité, produits par 20 ou30couple9 de l'appareil de Remak, et cela par courtes séances de dix minutes, on peut employer des courants plus faibles et d'une façon permanente. A l'exemple de M. Lefort, on peut employer les courants continus et pi;rmanenls. Au lieu de soumettre les malades à des séances d'électrisation de courte durée, on leur applique d'une façon permanente pendant six. huit ou dix heures, toute la nuit même un courant continu, faible et constant, qui est très bien supporté et qui n'a aucun inconvénient.

C'est là une modification importante à l'électrisation par les courants continus. Elle s'obtient à l'aide des chaînes de Pulvermacher, attachées autour du membre paralysé ou d'un autre appareil peu dispendieux, puisqu'il ne coûte que 6 à 8 francs, et qui se compose de 4 petites piles de Daniell, modifiées par Trouvé et Callaud.

Ayant ces 4 éléments placés sur une planche au-dessus

du Ut du malade, on place le pôle positif près delà colonne vertébrale et le pôle négatif sur la partie paralysée, de manière à avoir un courant descendant. Les pôles sont garnis d'une plaque de cuivre recouecrte d'une peau de chamois. En appliquaut les pôles sur les tissus, on mouille la peau de chamois, et on laisse même au-dessus une lamelle d'épongé mouillée couverte de taffetas ciré. De cette manière, le courant passe dans les tissus, et tant que la peau est humide, Taclion électrique se produit, sans douleur, sans secousse, sans même que la malade en ait conscience. On a la preuve de l'action électrique en mettant un instant les deux pôles sur la langue, oii ils produisent une saveur métallique, piquante, insupportable. Si faible que soit ce courant, il a cependant toute Ténergie désirable, car au bout de douze heures il peutfaire.de petites eschares, ainsi que je l'ai vu dans mou service. On ne pourrait en augmenter l'intensité sans inconvénient*

ilQi appareil a l'avantage d'ôtre facile à manier, de ne pas coûter cher, et d'être placé chez les malades qui, s'ils ont un peu d'intelligence, peuvent continuer eux-mêmes Télec- Irisation dans la mesure où cette médication doit être employée.

Aux observations de guérison que je viens de rapporter je pourrais en ajouter bien d'autres. C'est inutile. Qu'il me suffise de dire que j'ai obtenu un résultat considérable en posant comme principe de thérapeutique l'électrisalion immédiate et par courants continus des muscles frappés de paralysie infantile, contrairement à la vieille pratique de l'êlectrisation au bout de plusieurs mois.

En élecirisant dès le second ou troisième jour on empêche l'atrophie musculaire et la dégénérescence graisseuse, tandis que plus tard l'êlectrisation ne peut plus rien pour refaire les muscles.

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