CHAPITRE II
INSPECTION CLINIQUE DE LA BOUCHE
Avant d'indiquer les divers symptômes des affections que Ton rencontre dans la cavité buccale, il nous parait nécessaire de rappeler sommairement les principaux signes que fournit son inspection et les altérations auxquelles ils correspondent.
Ces signes peuvent être Lirés des modifications de forme, de coloration, d’odeur, de sensibilité, de motricité, de température de la cavité buccale.
Godos. — Clinique dentaire. 2
Article 1er. — Modifications d'aspect, de forme et DE COLORATION.
Les diverses parties de la bouche présentent, comme nous l’avons indiqué (p. 12 , dans les modifications d’aspect, de forme et île coloration, des indices qui se rapportent à des affections déterminées.
Modifications d'aspect et de forme. — De prime abord, Y aspect de la bouche donne des indications sur les divers vices de conformation, tels que bec de lièvre, macroglossie, etc. (p. 33), et sur les traumatismes (p. 38).
Un gonflement anormal de la face, des lèvres, des gencives, ou du palais peut indiquer un abcès dentaire ou une tumeur.
Langue. — L’épaississement, le plissement de la langue, les papilles nombreuses dont elle peut être hérissée sont un signe de troubles dyspeptiques.
On observe quelquefois « sur la langue des surfaces rouges ordinairement arrondies, dépourvues d’épithélium ou n’offrant qu'une couche amincie. Ces surfaces, d’un diamètre variable, sont limitées par une bordure d'un blanc jaunâtre, formant un très léger relief ». Cet état lichénoïde de la langue (Gubler) coïnciderait avec certains troubles dyspepsiques.
Une déformation atrophique de la langue avec excavation et amincissement partiel peuvent être l'indice d’une glossite précédente : glossite syphilitique.
Des lésions de la langue peuvent provenir du contact de dents cariées, cassées, de morsures.
L’ulcération du frein est dû souvent à la coqueluche ou à une toux convulsive.
La langue est molle, flasque, plate, humide dans l’embarras gastrique. Elle est, au contraire, rouge,
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pointue et sèche dans la véritable gastrite. Elle devient chargée et très rouge dans certaines fièvres.
D’une façon générale, la langue conserve son aspect normal dans les maladies qui ne se rapportent pas à l'appareil gastro-intestinal.
«Elle offre au contraire un aspect plus ou moins morbide toutes les fois que l’appétit est perdu, que l’alimentation est difficile ou impossible, qu’il existe une fièvre intense et des complications dyscrasiques » (Gubler).
Gencives. — Les gencives peuvent être boursouflées, molles, fongueuses, rouges, saignantes dans les diverses stomatites.
Leur ulcération parcellaire est l’indice d’une stomatite ulcéro-membraneuse.
Dans l’atrophie sénile, les gencives sont courtes, dures et les dents déchaussées.
Une tuméfaction circonscrite et fongueuse des gencives appelle l’attention sur l’épulis.
Muqueuses. — Un aspect grisâtre ridé, de la muqueuse, est dû à l’abus d’aliments fortement assaisonnés, ou du tabac.
L'absence partielle de l’épithélium peut être la conséquence d’une inflammation érythémateuse, d’aphtes, de brûlures.
Certaines lésions de la muqueuse des joues proviennent du contact des dents cassées, des mouvements anormaux des arcades, de morsures.
Dents. — Les dents d’un blanc bleuâtre et transparentes sont de moindre résistance.
Une maladie constitutionnelle qui a entravé la seconde dentition a laissé sur les dents une ponctuation et des ondulations transversales (Érosion).
L’absence des dents ou leur état anormal coïncident souvent avec des troubles dans les fonctions de nutrition.
Les (lents jaunâtres, dénuées d’émail, se rencontrent chez les ouvriers travaillant à la fabrication arlilicielle de la soude.
Voûte palatine. — Lorsque la voûte affecte une forme ogivale, accompagnée d'un rétrécissement des narines, les phénomènes dé nasonnement sont très manifestes.
Pharynx et arrière-gorge. — On rencontre alors à l’inspection du pharynx et de l’arrière-cavité des fosses nasales, de petites tumeurs molles, dites végétations adénoïdes, qui rendent la respiration diflicile.
Modifications de coloration. — La coloration générale de la bouche est pâle dans l'anémie et très rouge dans l’hyperhémie.
Une coloration rouge de la muqueuse buccale peut indiquer le début de la rougeole, de la variole, de la scarlatine.
La coloration de la muqueuse buccale peut être accidentelle et parfois provenir de fruits, d'encre, de couleurs, etc.
D’autres fois, elle est symptomatique. Gubler cite le cas d’un individu, souffrant d'une affection abdominale, qui eut la langue colorée en noir.
Les lèvres et la langue violacées et cyanosées sont l’indice de l’asphyxie.
Dans certaines maladies, la muqueuse buccale montre des taches noirâtres, telle la maladie d'Addison.
Les taches ou colorations jaunâtres se manifestent dans l’ictère.
La coloration gris bleuâtre du bord gingival appartient aux saturnins.
La couleur noirâtre de la muqueuse ou de l’épiderme peut aussi provenir de brûlures d’acide sulfurique et la couleur jaunâtre de brûlures d'acide azotique.
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Dans un grand nombre de maladies aiguës, il se forme sur les gencives un enduit jaunâtre ou grisâtre.
Dans la fièvre typhoïde spécialement, la rougeur se manifeste sur les bords de la langue, tandis que sa face supérieure reste couverte d’un enduit saburral épais, puis, dans la période d’état, elle se fendille et se sèche (langue de perroquet).
Lorsqu'un enduit blanchâtre s’étend sur la langue, elle est dite villeuse.
Article II. — Modifications des odeurs, des sécrétions