‹ Clinique des maladies du système nerveuxChapitre 101 sur 253 · SCIATIQUES DOUP.LES NON SYMPTOMATIQUES · texte numérisé non relu

SCIATIQUES DOUP.LES NON SYMPTOMATIQUES

parlais à l'instant. Décrite, il y a plus de cent ans, par Cotugno, étudiée avec soin par Valleix, cette maladie paraissait désormais classée, lorsque Lasègue découvrit qu'il existait deux espèces de sciatique, la névralgie et la névrite, distinction que confirma définitivement le travail de M. Landouzy. Les choses en étaient là et la question paraissait épuisée, lorsqu'en 1886, je remarquai, pour la première fois, la déviation spéciale du tronc qui, depuis lors, a fait l'objet de si nombreuses discussions. L'an passé, j'eus encore l'occasion d'observer une nouvelle complication de la sciatique, je veux parler de la paralysie amyotrophique dans le domaine du poplité (V. plus haut, p. 138 et suiv. , n° VII). Aujourd'hui, j'entends vous prouver que la sciatique double peut, contrairement à la règle, n'être ni symptomatique, ni secondaire ; qu'affection primitive du nerf, elle est susceptible d'une guérison tout au moins relative, quelque intenses et graves que soient l'amyotrophie et les autres troubles trophiques qui l'accompagnent.

Le malade que vous avez sous les yeux, le nommé Chap..., vous a déjà été présenté le mardi 9 décembre. Il pouvait à peine se tenir debout et s'avançait soutenu par deux personnes. En marchant, il levait les cuisses d'une façon excessive. Ce caractère nous frappa et, en le déshabillant, nous pûmes constater qu'il avait les pieds tombants, surtout le pied gauche. Les fléchisseurs étaient d'ailleurs aussi paralysés que les extenseurs. Le malade se plaignait, en outre, de violentes douleurs dans les jambes, survenant la nuit principalement : « J'ai les pieds dans le feu », disait-il. La première idée qui nous vint à l'esprit en face de cet ensemble symptomatique, démarche de stepper, douleur, atrophie musculaire, pied violacé et œdémateux, fut qu'il s'agissait d'une paraplégie alcoolique. A la vérité, le malade niait énergiquement avoir fait des excès de boisson ; ce n'était pas une raison, car nous pouvions douter de sa sincérité. Mais voilà que

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