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DIVERSES ESPÈCES DE LÉSIONS NUCLÉAIRES

motrices ciliaires resteront protégées par la cornée et ne participeront pas au processus.

M, Mcebius a fait connaître des cas de ce genre, mais ces cas sont exceptionnels et presque toujours l'ophthalmoplégie externe est vraiment centrale ou nucléaire.

Au surplus les autopsies ont déjà plusieurs fois plaidé en faveur de cette solution. M. Dufour (de Lausanne) dans un travail paru récemment dans les Annales d'oculistique (1890) ne comptait pas moins de 31 autopsies confirmât! ves (son mémoire porte sur 220 cas de paralysie nucléaire). Le groupement de ces autopsies montre qu'il existe plusieurs catégories de faits : 1° Lai région cellulaire originelle de roculo-moteur est comprimée en masse par une tumeur. 2° Il existe une inflammation hémorrhagique du plancher de l'aqueduc de Sylvius dans laquelle on trouve des corps granuleux et dans certains cas, si l'affection a duré quelque temps, une destruction des cellules motrices. Ce processus se rencontre dans certaines formes de l'alcoolisme et de la diphthérie comme l'ont montré Wernicke, Kojewnikow, Thomsen. Ces derniers cas ont été désignés par Wernicke sous le nom de polioencéphalite supérieure aiguë ou subaiguë. Ils sont le plus souvent rapidement mortels. Ils forment un groupe fort intéressant à étudier, mais ils constituent une classe à part, qui s'éloigne des deux cas dont nous voulons poursuivre l'étude; aussi les laisserons-nous de côté. 3° Les noyaux moteurs sont primitivement et systématiquement affectés, comme sont atteintes systématiquement, par exemple, les cornes antérieures de la substance grise de la moelle dans l'atrophie musculaire progressive du type Duchenne-Aran ou dans la sclérose latérale

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amyotrophique. C'est aussi de cette façon que sont envahis, dans la paralysie bulbaire inférieure, les noyaux moteurs de l'hypoglosse, du facial inférieur, etc., qui représentent dans le bulbe les cornes antérieures de la moelle.

Les cas d'ophthalmoplégie externe ressortissant à cette troisième catégorie sont assez nombreux ; je citerai à ce propos les observations de Gowers et Hutchinson, de Buzzard, de Ross, de Westphal, etc., toutes relatives, remarquez-le en passant, à des tabétiques. Ce sont ces cas-là (ils sont au nombre de 40, y compris les cas aigus, dans la statistique de Dufour) qui nous intéressent particulièrement et auxquels se rapportent nos observations, comme nous essaierons de vous le démontrer.

4° Mais il est bon de savoir que cinq fois, alors que pendant la vie les symptômes de l'ophthalmoplégie externe avaient été très manifestes et durables, l'autopsie n'a permis de constater aucune altération des noyaux bulbaires ni des nerfs périphériques (obs. d'Eisenlohr, de Warner, de Bristowe...), de telle sorte qu'il y a lieu de parler d'une ophthalmoplégie externe-névrose; de plus, dans un cas, la lésion des noyaux étant absente, les nerfs périphériques bulbaires étaient seuls affectés (Meyer). Cette observation est restée isolée jusqu'ici.

C'est donc l'altération nucléaire systématique que nous devons considérer ici, laissant de côté, comme nous l'avons dit, la polioencéphalite supérieure aiguë, les cas de tumeurs, et enfin les ophthalmoplégies sine materna, qui se sont montrées plusieurs fois combinées à la maladie de Basedow, et qui ont été récemment étudiées avec soin par M. Ballet.

Il s'agit dans les cas que nous allons considérer d'une sorte de paralysie bulbaire supérieure, comparable à tous égards à la paralysie bulbaire inférieure. Dans les deux cas il y a lésion isolée et systématique des noyaux moteurs, les noyaux sensitifs étant respectés, tout comme lorsqu'il s'agit de la moelle, dans l'atrophie

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