SYRINGOMYÉLIE ET MALADIE DE MORVAN
cas, le groupe morbide dit maladie de Morvanne serait plus qu'un épisode, une forme, une variété delà syringomyélie.
Il est devenu évident à un moment donné que seule l'anatomie pathologique pouvait fournir au problème une solution définitive. Elle a parlé, et, à mon avis, d'une façon péremptoire, dans le sens de la doctrine unitaire. C'est à mon collègue M. Joffroy qu'est dû cet important résultat. Il a montré, en effet, dans deux autopsies successives, l'une publiée en juillet 1890 dans les Archives de médecine expérimentale, l'autre le 5 mars 1891, à la Société médicale des hôpitaux, que la symptomatologie assignée à la maladie de Morvan peut relever tout entière des lésions spinales de la syringomyélie. Cela me paraît être désormais une querelle vidée. Il n'y a pas deux maladies distinctes : il n'y en a qu'une, et la maladie de Morvan, comme je le disais tout à l'heure, représente seulement, tout originale qu'elle puisse paraître cliniquement, une forme atypique de la maladie syringomyélique (1).
Mais, peut-être se trouve-t-il encore des non -convaincus, des récalcitrants, des incrédules ; aussi ne sera-t-il pas inutile d'insister sur l'étude des cas qui, en attendant la consécration de nouvelles autopsies, conduisent à constater que cliniquementles symptômes syringomyéliques et ceux qu'on attribue à la maladie de Morvan peuvent se trouver sur un même sujet, combinés de façon à former un mélange inextricable.
Le cas que je me propose d'étudier aujourd'hui avec vous est justement un exemple de ce genre. Il établit
(1) Voir à ce sujet (N° I, p. 17) la leçon sur la Maladie de Morvan, délivrée le G décembre 1889, c'est-à-dire quinze mois avant la présente leçon et antérieurement aux travaux de M. Joffroy, dans laquelle M. Charcot discutait l'hypothèse contraire, qui n'avait pas encore été infirmée par les recherches analorno-pathologiques. (G. G.).