CAS GRAVES DE DIABÈTE
La découverte de Bouchard fut confirmée par Rosenstein1, puis par deux de mes élèves, MM. Pierre Marie et Georges Guinon2, par M. Landouzy,M.Leyden, etc.. M. Nivière, un élève de M. Bouchard, consacrait récemment sa thèse inaugurale à l'étude de ce sujet3. Tout le monde en somme reconnaît aujourd'hui que, dans certains cas de diabète, les réflexes tendineux sont absents. Mais quelle est la signification clinique de ce fait? Quelle est sa signification physiologique? Sur ce dernier point, les autopsies ont toujours montré l'intégrité absolue de la moelle (Rosenstein, et deux cas de Nivière) et l'absence de lésions des cordons postérieurs. Mais qu'est-ce alors? Doit-on faire intervenir une névrite périphérique ou même une affection spinale dynamique? La première hypothèse, dans le courant actuel des idées, paraîtra naturellement plus vraisemblable.
En tous cas, cliniquement, l'absence des réflexes rotuliens caractérise des cas graves de diabète; non pas tant peut-être de ces cas où il existe une quantité considérable de sucre, ce qui n'est pas toujours un élément essentiel de gravité. On sait, et Bouchardat et moi-même en avons rapporté des exemples, que chez certains diabétiques le sucre peut momentanément faire défaut dans l'urine ou encore y être représenté par un taux peu élevé et cependant la maladie s'accompagner de symptômes graves. Peut-être, dans ces
1 Rosenstein. — Ueber das Verhalten des Kniephatnomens beim Diabètes mellitus. (Berl. Klin. Wochschft, 1885, n°8.)
2 Pierre Marie et Georges Guinon. — Sur la perte du réflexe rotulien dans le diabète sucré. (Rev. de méd., 1886.)
3 Nivière. — De la perte du réflexe rotulien dans te diabète sucré,Th. Paris, 1889.