TOUX ET BAILLEMENTS HYSTÉRIQUES
Pendant les deux autres minutes (voir les deux lignes supérieures), des secousses de toux apparaissent entre les bâillements.
Fig.5'^. — Respiration costale supérieure de Ler... Augustine, inscrite avec le pneumographe de Mirey pendant 4 minutes consécutives (11 août 1888). — Amplitude du levier au maximum. — Chaque ligne représente une fraction de minute de 32 secondes (une demi-grandeur naturelle). T = toux; B = bâillements.
Sur la figure 54, les secousses de toux sont encore bien plus marquées.
Charcot. 28
Les bâillements, comme on peut le voir sur les Iracés qui précèdent ou sur ceux qui suivent, sont parfois simples, c'està-dire figurés par une seule inspiration suivie bientôt d'une expiration brusque, mais le plus souvent ils sont composés par deux ou plusieurs mouvements] inspiratoires successifs, séparés par une expiration incomplète.
Ils s'accompagnent rarement de pandiculations ; seulement la malade porte fréquemment ]l'un3 ou l'autre main devan't : sa Douche pour masquer son bâillement.
Fig. 54. — Respiration costale supérieure de L... (11 août 1S88), Toux (T) et bâillements (B). — Mêmes conditions que pour la figure 53.
Il existe des stigmates permanents de l'hystérie : anesthésie totale du bras droit ; anesthésie de la moitié droite du tronc, en arrière seulement ; rétrécissement concentrique du champ visuel à 40°, des deux côtés; dyschromatopsie pour l'œil droit: le rouge et le jaune sont seuls' nettement perçus ; abolition presque absolue du goût et de l'odorat des deux côtés ; diminution de la sensibilité pharyngée ; diminution de l'ouïe du côté droit ; douleur provoquée par la pression de la région ovarienne gauche.
La malade a été réglée pour la première fois à l'âge de treize ans; depuis cette époque, les règles ont été régulières jusqu'au début des accidents actuels, mais elles n'ont pas paru depuis le mois d'avril. Il n'existe cependant aucun signe de grossesse.
De taille moyenne, elle conserve cependant un embonpoint modéré et un bon état de la santé générale malgré les troubles anorexiques et les vomissements dont elle a souffert pendant quelques semaines avant son entrée.
ÏNFLUENCE DES BAILLEMENTS SUR LA RESPIRATION. 435
1er septembre. — Les bâillements persistent à peu près aussi fréquents et conservent les mêmes caractères ; toutefois les secousses de toux nerveuse qui les accompagnaient souvent sont devenus beaucoup plus rares.
Le tracé suivant (Fig. 55) représente la respiration de la malade pendant 8 minutes consécutives (chaque ligne correspond à 32 secondes de chacune de ces 8 minutes). Il montre que la respiration s'effectue uniquement par bâillements; les intervalles séparant les bâillements sont marqués presque tous par une apnée complète en expiration, durant de 2 à 7 et 9 secondes. Il existe en moyenne de sept à huit bâillements par minute. — Le pouls est régulier mais peu fréquent, cinquante-six pulsations par minute, aussi bien avant qu'après l'inscription du tracé.
Dès les premiers jours de sa présence à la Salpêtriëre, on a remarqué des crises un peu spéciales, revenant irrégulièrement à deux ou trois jours d'intervalle, et se montrant principalement après les quintes de toux : la malade s'endort tout à coup, le corps et les membres sont raides et contractures, et elle reste inconsciente pendant un temps variable, de un quart d'heure à une ou deux heures. Elle présente souvent du délire, pendant quelques minutes, au moment où elle se réveille.
Depuis quelques jours les crises sont plus complètes et se rapprochent davantage de l'attaque d'hystérie ordinaire. Elles sont annoncées actuellement par un sentiment d'étouffement ou par la sensation d'une boule montant de l'épigastre à la gorge; en même temps, la malade entend des bourdonnements dans les oreilles, puis elle perd connaissance.
Des convulsions cloniques assez étendues apparaissent alors, puis l'attaque se termine habituellement par un sommeil analogue à celui des crises précédentes. D'autres fois, les bâillements représentent de véritables crises précédées des phénomènes d'aura que nous venons d'indiquer. Pendant ces crises, on observe presque toujours un mélange de quelques autres phénomènes appartenant à l'attaque ordinaire : raideur des bras avec contracture, secousses cloniques des quatre membres, demi-inconscience au réveil avec léger délire.
Les mêmes stigmates que ceux qu'elle présentait à son entrée existent toujours.
15 octobre. — Les troubles précédents se sont notablement amendés. La malade reste de plus en plus longtemps sans être prise de ses bâillements ; lorsque ceux-ci reviennent, ils sont moins fréquents et surtout il existe entre chaque bâillement des mouvements respiratoires ordinaires se rapprochant plus
436 TRACÉ
ou moins de la respiration normale. Les deux tracés suivants en fournissent la preuve.
Fig. 55.— Respiration costale supérieure de Lcr. . . inscrite pendant 8 minutes consécutives (Ie'- septembre 1888). — Amplitude du levier au minimum. — Chaque ligne représente une fraction de minutes de 32 secondes (une demi-grandeur naturelle).
la figure 56 représente la respiration de la malade inscrite pondant 5 minutes consécutives (chaque ligne reproduite ici
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