BAILLEMENTS PROVOQUÉS CHEZ UNE HYPNOTIQUE
Terminons en disant que, ainsi que l'avait dit M. Charcot à son cours, nous avons pu reproduire par imitation ces bâillements chez une hystérique mise en somnambulisme hypnotique. Dans ce cas, ainsi qu'on pourra le voir sur le tracé (Fig. 59), l'amplitude de l'inspiration constitutive de ces bâillements simulés nous a paru se rapprocher beaucoup plus de l'amplitude du bâillement physiologique que de celle du bâillement hystérique proprement dit (1).
(1) Aux précédentes observations nous pouvons ajouter le cas d'une jeune fille, la nommée Marg. Chev..., qui se trouvait dans la même salle que la malade de l'Observation III, et en même temps qu'elle. C'était une hystérique vulgaire à grandes attaques à forme de somnambulisme nocturne, qui se mit, sous l'influence de la contagion, à imiter les crises de bâillements sans perte de connaissance de sa voisine. A l'une de ses premières crises, elle se luxa la mâchoire et resta la bouche ouverte, hurlant de peur, tandis que l'on courait chercher l'interne de garde. Pendant quelque temps elle se luxa ainsi la mâchoire à toutes ses crises et on étaitobligé de la lui réduire plusieurs fois par jour. Puis, peu à peu, ses articulations temporo-maxillaires s'habituèrent à ce manège et à chaque bâillement la luxation s'effectuait; la malade faisait un effort de ses muscles releveurs de la mâchoire et le condyle reprenait de lui-même sa place dans la cavité glénoïde avec un claquement sec qui s'entendait à distance. Cependant ces crises de bâillements prirent par la suite une telle intensité que les articulations finirent par s'enflammer et du gonflement survint avec de la fièvre et des douleurs épouvantables à chaque crise. On fut obligé de maintenir la malade engourdie pendant plusieurs jours sous l'influence du chloral et de la morphine à hautes doses. A la suite de ce traitement les crises cessèrent et ne se reproduisirent plus par la suite. (G. G ).
Fin du Tome Premier.
De la Maladie de Morvan.
(Leçon).
Sommaire. — Etude des divers troubles trophiques des doigts : maladie de Maurice Raynaud (gangrène symétrique des extrémités) : sclérodermie dactylique (son diagnostic, résorption des tissus des doigts sans nécrose des os; masque sclérodermique) ; lèvre mutilante (plaques d'anesthésie, chute des phalanges ; macules de morphœa rubra ou alba sur le reste du corps).
Maladie de Morvan : historique ; caractère des panaris ; leur mode de succession, nécrose des phalanges, déformations consécutives; caractères de l'anesthésie. Différences avec la syringomyélie au point de vue clinique et anatomo-pathologique.
Relation d'un cas type de maladie de Morvan compliqué d'hystérie. Superposition des anesthôsies hystériques et de Morvan chez le même individu 1
Sur un cas d'hystéro- traumatisme. — Mouopléyie brachiale hystérique développée à la suite d'une fracture du radius.
(Leçon).
Sommaire. — Importance de la connaissance de l'hystérie pour le chirurgien. — Histoire du malade : chute d'une hauteur d'un deuxième étage, perle de connaissance. Fracture du radius. Au sortir de l'appareil à fracture, début des phénomènes parétiques. — Compression du nerf médian, ne pouvant expliquer ces phénomènes. — Caractères nettement hystériques de la paralysie. — Stigmates hystériques, petites attaques. — Rôles respectifs du traumatisme, de l'appareil à fracture, de la lésion du nerf médian, dans le développement des accidents. ... 29
Des tremblements hystériques.
(Leçon).
Sommaire. — Date récente des premières études sur le tremblement hystérique : travaux de MM. Rendu, Pitres, Dutil. Classilication des tremblements hystériques ; leurs rapports avec les autres espèces de tremblements, dont ils ne paraissent être que des imitations plus ou moins parfaites; tremblements hystériques oscillatoire, vibratoire et intentionnel. Formes généralisées ou partielles. Leur mode d'apparition, leurs caractères, leurs rapports d'évolution avec la névrose hystérique. Relations de deux cas de tremblement hystérique ayant trait, l'un à la variété intentionnelle, l'autre à la variété vibratoire 46
Sur un cas de migraine ophthalmopléçjique {Paralysie oculo -motrice
périodique).
(Leçon).
Sommaire. — Synonymie : paralysie oculo-motrice récidivante. Migraine ophthalmique et migraine ophthalmoplégique. Historique : Cas de Môbius, Ilasner, Senator, Saundby, Parinaud et Marie, etc.... Période de douleur; période de paralysie portant sur tous les filets de la 3e paire ; période de rémission ; leurs caractères, leur retour périodique plus ou moins net. Début dans l'enfance.
Présentation de la malade: Début anormal, à l'âge de 30 ans, de la migraine ophthalmoplégique, qui avait été précédée de migraines véritables datant de l'âge de 4 ans. Longue durée de la période douloureuse. Période paralytique : ophthalmoplégie interne et externe occupant toutes les branches des 3e et Ge paires
Essai de pathogénie. — Trois cas avec autopsie : lésions sur le trajet du nerf moteur oculaire commun.
Traitement : Bromures, iodure de potassium ; quelquefois traitement antisyphilitique 70
L'œdème bleu des hystériques. J
(Leçon).
Sommaire. — L'œdème considéré comme trouble trophique hystérique. L'œdème blanc est décrit par Sydenham. L'œdème
bleu est encore à peu près inconnu aujourd'hui. Premières observations de M. le professeur Charcot, travaux récents sur cette question. Description de deux cas d'œdème bleu de la main combiné à une contracture hystérique du poignet et des doigts, chez une jeune fille de 22 ans, et chez un homme de 46 ans. Analogie de ces deux cas. Caractère du gonflement, où la pression du doigt ne laisse pas d'empreinte : œdème dur, coloration violacée, bleue, quelquefois presque noire, de la peau. Refroidissement notable des parties atteintes. Evolution de ce symptôme parallèlement à l'accident hystérique (paralysie, contracture) qu'il accompagne d'ordinaire. Expériences sur une grande hypnotique chez laquelle on produit à volonté, par suggestion somnambulique, un œdème bleu absolument identique à celui des malades précédents. A propos du traitement, considérations sur le danger des appareils inamovibles dans la thérapeutique des accidents d'hystérie locale 9a
Hystéro-traumatisme chez deux sœurs : Œdème bleu hystérique chez la cadette; coxalgie hystérique chez l'aîiiée.
(Observations tirées d'une leçon), 117
Sur une complication peu connue de la sciât ique [paralysie amyotrophique clans le domaine du poplité).
(Travail de MM. Georges Guinon etE. Parmentier). . . 427
Un cas de sciatique avec paralysie amyotrophique dans le domaine du poplité, déterminée par l'usage exagéré de la machine à coudre.
(Observation de MM. J.-B. Charcot et H. Meige). . . . 169
Sciatique double primitive avec atrophie dégénérative des muscles dans le domaine du poplité externe et interne.
(Leçon).
Sommaire. — Sciatique simple et sciatique double non symptomatiques. — Histoire du malade : début de la sciatique double ; début de l'amyotrophie dégénérative. Diagnostic : alcoolisme ; saturnisme; diabète; blennorrhagie ; compression intra-pelvienne du plexus sacré ; mal de Pott; cancer vertébral. — Il
peut exister des sciatiques doubles non symptomatiques, accompagnées de phénomènes qui compliquent quelquefois les sciatiques unilatérales, tels que l'amyotrophie localisée au domaine d'une des branches de terminaison du nerf 179
Opbthalmoplégie externe et amyotrophie généralisée.
Sommaire. — Faciès dans l'ophthalmoplégie externe ou fades d'Hutchinson ; ses caractères, son diagnostic. Caractères cliniques de rophthalmoplégie externe : intégrité des muscles iriens et pupillaires, atteinte des seuls muscles moteurs du globe oculaire. Considérations anatomiques ; lésions nucléaires.
Valeur séméiologique de l'oplithalmoplégie externe : tumeurs, inflammations (polioencéphalite de Wernicke), ophthalmoplégie externe-névrose. Analogie avec la paralysie bulbaire inférieure ou labio-glosso-laryngée. Tabès et ophthalmoplégie externe.
Ophthalmoplégie externe et atrophie musculaire généralisée constituant un syndrome à part (polioencéphalomyélite). Description de deux cas. Absence de la réaction de dégénérescence dans les muscles atrophiés. Cas aigus et subaigus ... 189
Xï.
Cinq cas d'cphthalmoplégïe externe (paralysie bulbaire supérieure) combinée soit à la paralysie labio-glosso-laryngée (paralysie bulbaire totale^, soit à l'atrophie musculaire généralisée (polioencéphalomyélite). —Diagnostic.
(Extrait d'un travail de MM. Georges Guinon et E. Parmentier) 208
Sur un cas de syringomyélie avec panaris analgésiques.
(Type M or van).
(Leçon).
Sommaire. — Syringomyélie' et maladie de Morvan. Travaux de M. Joffroy démontrant l'unicité des deux affections.
Anatomie et physiologie pathologiques de la syringomyélie : lésions cavitaires ; symptômes extrinsèques (leucomyéliques) et intrinsèques (poliomyéliques antérieurs, postérieurs et médians). Atrophie musculaire, troubles de la sensibilité, troubles trophiques. Formes frustes et atypiques.
Symptômes de la maladie de Morvan. Caractères des troubles
de la sensibilité, qui ne sont point différents, en somme, de ceux de la syringomyélie, dans laquelle les panaris se rencontrent comme troubles trophiques non d'une très grande rareté. Observation d'an cas de syringomyélie, type M or van. 243
Sur un cas de Paralysie diabétique. 1
(Leçon).
Sommaire. — Accidents nerveux secondaires dans le diabète constitutionnel. — Névralgies diabétiques symétriques et unilatérales, douleurs à caractère fulgurant; absence des réflexes rotuliens. — Un mot d'historique : travaux de Raymond et Oulmont, de Worms, de Bernard et Féré, de Bouchard, etc.... Le terme de pseudo-tabes est impropre, car dans la plupart des pseudotabes observés (alcool, diabète, béribéri, etc..) c'est la démarche de stepper que Ton observe et non l'ataxie vraie.
Observation de paraplégie diabétique .'Douleurs à caractère fulgurant; démarche de stepper; paralysie double des extenseurs du pied avec atrophie musculaire dégénérative. — Glycosurie considérable.
Analogies avec la paraplégie alcoolique. — Diagnostic avec le tabès. Diabète et tabès; tabès et glycosurie, rareté relative du second syndrome 257
XIII bis.
Appendice à la leçon précédente.
Sur la Paraplégie diabétique 279
« A propos d'un cas d'hystérie masculine : 1° Paralysie dissociée du facial intérieur d'origine hystérique ; 2° Cumul de facteurs étiologiques : Traumatisme, Alcoolisme, Hérédité nerveuse.
SOMMAIRE. — Progrès réalisés dans la connaissance de l'hystérie masculine en France et à l'étranger. — Description d'un cas de paralysie faciale d'origine hystérique portant seulement sur les muscles buccinateur et grand zygomatique. — Superposition de l'anesthésie et de la paralysie. — Diversité des opinions concernant l'existence de la paralysie faciale dans l'hystérie. Sa rareté relativement au spasme glosso-labié hystérique.
Dans notre cas, début de la névrose à l'occasion d'un traumatisme, et de la paralysie faciale à la suite d'un autre trauma-
tisme subi dans une attaque. — Symptômes d'alcoolisme. — Rôle de ces deux agents dans le développement et révolution des accidents nerveux : cumul des agents provocateurs. . 285
Sur un cas d'hystérie simulatrice du syndrome de Weber.
Leçon).
Sommaire. — Syndrome de Weber : paralysie de la troisième paire d'un côté et des membres du côté opposé. Il rentre dans la catégorie des hémiplégies alternes, dont fait partie le syndrome de Millard-Gubler (paralysie faciale totale d'un côté, hémiplégie des membres du côté opposé). Il est produit par une lésion du pédoncule cérébral intéressant les fibres du moteur oculaire commun et celles du faisceau pyramidal.
L'hystérie peut simuler le syndrome de Weber. — Importance des stigmates et en particulier de l'anesthôsie superposée aux troubles du mouvement. — Dans le cas en question, le ptosis est dû au spasme de l'orbiculaire et non à la paralysie du rclcveur.
Ptosis paralytique et ptosis spasmodique. — Importance de la situation du sourcil du côté malade : il est relevé dans le premier et abaissé dans le second 308
Sur un cas de paralysie radiculaire de la première paire dorsale, avec lésion hémilatérale de la moelle, d'origine Iraumalique, simulant la syringomyélie.
(Leçon).
Sommaire. — Cas frustes de syringomyélie, difficultés du diagnostic. — Observation d'un malade : lésion de la moelle, lésion des nerfs du plexus brachial, troubles du mouvement, troubles de la sensibilité, suivant la disposition dite syndrome de Brown- Séquard. — Dissociation de Tanesthésie (analgésie aveethermoanesthésie et conservation du tact) dans le cas de lésion d'un nerf périphérique et dans le domaine du nerf lésé.
Trépanation de la colonne vertébrale. Insuccès du traitement chirurgical 333
Sur un cas de syringomyélie observé en 1875 et 1JJOO.
Travail de MM. J.-M. Charcot et Brissaud) 350
XVIÎI.
De la démarche chez les hémiplégiques.
(Leçon).
SOMMAIRE. — L'hémiplégique organique vulgaire par lésion cérébrale marche « en fauchant. » Observations de Todd. Explication de celte démarche. — L'hémiplégique hystérique marche en traînant le pied paralysé, qui derrière lui balaie le sol. Remarques de Todd. Spasme glosso-labié et paralysie faciale. Le nom de démarche hèlipode (de fÀt<jaw, tourner) sera employé chez le premier; celui de helxipode (de éUw, traîner) chez le second. 363
Un cas de syphilis cérébrale héréditaire tardive.
Sommaire. — Rôle de la syphilis dans l'étiologie de l'hémiplégie. Importance du syndrome « épilepsie partielle » dans le diagnostic de l'hémiplégie syphilitique.
Lésions de la syphilis cérébrale. Historique. Plaques gommeuses des méninges: pachyméningite gommeuse syphilitique.
Epilepsie partielle. Sa description. Parésie transitoire.
Grande importance diagnostique de la céphalée nocturne syphilitique. Ses localisations. Névrite optique.
Autres lésions syphilitiques : œil, oreille, nez. Syphilis héréditaire. Influence souvent décisive de la thérapeutique. Pronostic 370
Encore deux cas de syphilis cérébrale.
(Leçon).
SOMMAIRE. — Variétés de la syphilis cérébrale. Artérite syphilitique ; le ramollissement cérébral vulgaire qui en est le résultat ; les lésions ainsi produites sont irréparables et le traitement spécifique est alors sans action sur l'hémiplégie qui reste incurable.
Présentation d'un malade de ce genre. Cécité verbale avec hémiopie et agraphie.
Syphilis cérébrale par pachyméningite gommeuse. Epilepsie
Jacksonienne. Céphalée spéciale, nocturne. Curabilité par le traitement antisyphilitique intensif lorsque le médecin l'applique à temps.
Présentation d'un malade de cette seconde catégorie. . 385
Des formes frustes de la sclérose en plaques.
Sommaire. — Formes classiques, spinale, cérébrale et cérébrospinale de la sclérose en plaques. Quelques symptômes rares ou anormaux de cette maladie. Lésions de la papille du nerf optique; diagnostic avec la papille tabétique. Autres symptômes oculaires. Vertiges, attaques apoplectiformes. Mobilité des symptômes.
Formes frustes par effacement. Formes atypiques abortives ou frustes primitives. Formes atypiques par intervention de phénomènes insolites : hémiplégique, tabétique, latérale amyotrophique.
Présentation d'un exemple de forme fruste par effacement 399
Note sur un cas de Paralysie du Moteur oculaire externe et du Facial, avec atteinte de l'Orbiculaire des paupières, compliqué d'Hémipléyie du même côté.
(Travail de MM. Parinaud et Georges Guinon) 420
Contribution à l'étude des bâillements hystériques.
(Travail de MM. Gilles de la Tourette, Georges Guinon et Huet) 429
CharcOT. Clinique des maladies du système lier