OPHTHALMOPLÉGIE INTERNE ET EXTERNE
que sous peu ce syndrome s'installera définitivement dans la clinique neuropathologique.
Vous aurez bientôt l'occasion d'étudier sur nature les principaux caractères de l'affection dont je parle, chez la malade en question. Bien qu'elle se présente là sous une forme relativement un peu anormale, le cas, vous le reconnaîtrez aisément, né s'écarte pas foncièrement cependant du type fondamental.
Je désignerai, si vous voulez bien, le syndrome dont il s'agit sous le nom de migraine ophthalmoplégique. C'est que dans cette migraine-là il y a accompagnement nécessaire d'une paralysie d'un des nerfs moteurs oculaires communs ; et, remarquez-le bien, car c'est là un trait saillant, caractéristique, la paralysie porte non seulement sur les branches qui se rendent aux muscles extérieurs: droit interne, droit supérieur, droit inférieur, petit oblique, releveur de la paupière; mais encore sur les rameaux intérieurs, sur ceux, en d'autres termes, qui se distribuent aux muscles ciliaires et à l'iris. C'est donc une ophthalmoplégie totale qui s'observe ici et, à ce propos, je vous rappellerai que la dénomination à' ophthalmoplégie externe est réservée aux cas où les muscles extérieurs de l'œil, seuls, sont paralysés, tandis qu'on appelle avec Hutchinson du nom ^ophthalmoplégie interne celle où, au contraire, la paralysie porte exclusivement sur les muscles ciliaires et iriens.
En Allemagne, où les premières descriptions du complexus morbide ont été faites, on le désigne sous le nom de paralysie oculo -motrice récidivante (Manz, Mauthner) ou de paralysie oculo-motrice périodique (Joachim, Senator). A ces dénominations je préfère celle de migraine ophthalmoplégique , d'abord parce que, si je ne me trompe, elle fait mieux image, signalant les analogies incontestables qui existent entre l'affection qui nous occupe et les migraines classiques; ensuite parce qu'elle relève un élément qui ne figure pas dans les autres dénominations, à savoir l'élément
douleur, lequel joue, dans l'espèce, un rôle considérable, car, en somme, dans cette sorte de migraine, la paralysie de l'oculo-moteur n'apparaît jamais, autant qu'on sache, qu'à la suite d'une période douloureuse le plus souvent accompagnée de vomissements.
Avant d'entrer dans les détails de la description, je vais en quelques mots indiquer l'historique du sujet et signaler les principales sources où vous pourriez puiser si vous vouliez approfondir une question qui est et restera encore pendant longtemps peut-être à l'étude.
C'est tout récemment, en 1884, que P.-J. Mobius a appelé pour la première fois, en Allemagne, l'attention sur ce complexus morbide, à propos d'une observation à lui propre dont il a rapproché un cas publié par Hasner, en 1883 (dans le Prager. med. Woc/i., n° 10, 7 mars) et un autre publié en 1882 (Lancée, t. II, n° 9, 1882, p. 345) par M. Saundby. Puis sont venues les observations de Thomson, de Manz, une nouvelle observation de Saundby, une de Remak, une de Joachim, une de Bernhardt et plusieurs autres.
Vous lirez avec intérêt les articles d'histoire et de critique rédigés par Mobius , Mauthner (Die Lehre von den Augenmuskellahm,ungen, Wiesbaden, 1889, p. 347), Joachim et enfin Senator. Le travail de ce dernier auteur, publié dans les Archives deLeyden (1888), est particulièrement intéressant et instructif.
Nous ne devons pas oublier que déjà, en 1885, dans les Archives de Neurologie, à propos d'une observation recueillie dans mon service , M. Parinaud et M. Marie, alors mon chef de clinique, avaient décrit la névralgie oculaire à retour périodique — notre migraine ophthalmoplégique — et reproduit les sept observations publiées antérieurement à la publication de leur travail par les divers auteurs, en les faisaut suivre de remarques importantes.
Actuellement, à l'heure qu'il est, le nombre des observations du groupe est de 19 environ; la nôtre d'au-