PARIS
AUX BOREAUX DU ^ FELIX ALOAN
PROGRÈS MÉDICAL | éditeur
14, rue des Carmes, 14. ? 108, ^^l^^f^ gf-qj.j»moi» io8.
1893 y<>^^:^'>^?vv^
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Épilepsie partielle crurale et Tuberculose de la région par acentrale(l).
SOMifAiRF. — Épilepsie parlielle crurale. Mort par phthisio pul« monaire. — Lobule paracentral : définition, limites ; la région pa« racentrale ou crurale du cerveau ; structure, vaisseaux.
Découverte des localisations chez l'homme par la méthode anatomo-clinique. Monoplégie crurale par destruction , épilepsie partielle crurale par irritation do la région paracentrale. — Fréquence de cette forme de Tépilepsie Jaoksonienne ; raisons tirées de la vascularisation de cette région.
Diagnostic des causes de Tépilepsie partielle crurale. — Tuberculose de la région paracentrale.
Présentation d'une observation avec pièces anatomiques à Tappui.
Messieurs,
Le 21 avril, il y a par conséquent trois semaines de cela, il s'est présenté devant nous un homme dont le cas nous a particulièrement intéressés. Avant d'entrer dans les détails de l'observation, permettez-moi de vous rappeler immédiatement les circonstances principales du fait. II s'agissait de crises d'épilepsie Bravais-Jacksonienne ou partielle, débutant toujours/ uniformément, par le membre inférieur gauche, s'étant produites pour la première fois il y a quatorze mois environ, et se ré« pétant, depuis cette époque, une ou deux fois par mois. Ces crises laissaient entre elles des intervalles presque entièrement libres d'accidents nerveux, à part une lé-
(1) Leçon du 12 mai 1891. — Recueillie par MM. Souques et J.-B. Oharcot.
Cbarcot, t. II. 1
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gère faiblesse du membre inférieur gauche qui, après avoir survécu à la crise pendant quelques jours, ne tardait pas à disparaître.
Malheureusement les accès convulsifs n'étaient pas les seuls accidents dont souffrait notre malade. La phthisie était là présente, antérieure même aux phénomènes convulsifs; elle avait fait, dans ces derniers temps, de grands ravages, dont pourtant, chose remarquable, ce malheureux ne se plaignait guère, car c'est exclusivement pour les accidents nerveux qu'il venait nous consulter. J'avais, en admettant ce malade dans le service, l'intention de vous le présenter de nouveau et d'insister plus longuement sur son cas.
Or, sur ces entrefaites, les manifestations pulmonaires prirent une allure des plus graves. Fièvre intense, dyspnée vive, asystolie permanente, envahissement rapide des deux poumons par les granulations tuberculeuses, tels sont les phénomènes qui s'accumulèrent en quelques jours et précipitèrent le dénoûment fatal.
Dès lors, Toccasion de vérifier le diagnostic que nous avions porté, durant la vie, sans aucune hésitation, se présentait tout naturellement. Les accidents épileptoïdes, à début crural, vous disais-jeil y a quinze jours, doivent être la conséquence d'une plaque de méningite tuberculeuse développée sur la région du lobule paracentral et ayant peut-être envahi ce lobule. Eh bien, la nécroscopie est venue confirmer nos prévisions de la façon la plus éclatante : c'est bien cette lésion -là, localisée comme nous l'avions annoncé, celle-là fît pas une autre, qui s'est rencontrée sur le cadavre, dans la région paracenirale du côté droit, ainsi que cela devait être, conformément à la loi bien rarement en défaut de Tentre-croisement des faisceaux pyramidaux.
Je suis convaincu qu'il y a là, pour nous, une source d'instruction clinique dont nous ne devons pas nous éloigner avant d'y avoir puisé plus à fond. Quelles sont les considérations qui m'ont amené à déterminer avec
BiOION DU LOBULB PAAAOBNTAÀL* 3
une telle précision la lésion intra-crâniennoi minime en somme, du moins par son volume, qui existait chez ce malade comme eau 9e des accidents convulsifs? Com« ment ai^je été conduite fixer, pendant la vie, non seulement le siège mais encore la nature du processus mor« bide? Berait^celàune prouesse de vieux clinicien dirigé par une inspiration tout instinctive et non raisonnée ? Serait-ce, au contraire, un pur effet du hasard? Non, très certainement. J'ai été conduit là par la connaissance d'un groupe de documents relatifs à des faits antérieurs semblables, qui constituent, quand on les trouve représentés dans un cas donné, un fondement solide pour établir le diagnostic* Et ce sont justement ces documents-là que je veux vous faire connaître aujourd'hui dans tous leurs détails^ afin de vous mettre, à votre tour, en mesure de vous orienter avec précision au milieu des écueils qui vous attendent, si vous vous trouvez un jour en présence d'un concours pareil de circonstances.
Mais qu'est'Ce d'abord que le lobule paracentral ? Au sens classique du mot, c'est un département étroit et circonscrit de la face interne des hémisphères cérébraux* Vous vous rappelez que ce département est limité en avant par le pied de la première frontale, en arrière par le lobe carré, en bas par la circonvolution du corps calleux et en haut enfin par le bord supérieur de l'hémisphère. Or, à mon sens, il faut étendre, du moins par en haut, les limites classiques de ce lobule, car, au point de vue de la physiologie pathologique, non seulement le lobule paracentral mais encore, sur la face externe des hémisphères, l'extrémité terminale des deux circonvolutions frontale et pariétale ascendantes^ fontpar^ tie d'une même région que Ton pourrait appeler région du lobule p&racêntr&U Bn d'autres termes, cette ié«