ANTÉCÉDENTS DE LJL MALADE
fera siens et s'en enrichira . De plus, sous l'influence de cette sorte de gymnastique méthodiquement et fréquemment répétée, les organes de la mémoire réapprendront peu à peu à fonctionner suivant la norme et à livrer au moi conscient ce qu'ils réservaient à Tinconscient.
Ne vous effarouchez pas trop, Messieurs, de ces études qui pénètrent en pleine psychologie. N'oubliez pas que la psychologie appartient, dans une certaine mesure, au domaine de la médecine et qu'elle n'est, en somme, au moins pour la majeure partie, que la physiologie des parties supérieures ou nobles du cerveau.
Il me reste maintenant à vous donner la preuve des
propositions que j'ai avancées. La tâche sera peut-êtro
un peu difficile, mais, avec un peu de patience attentive
de votre part, nous parviendrons, je l'espère, à la rem-
pUr. Avant de faire entrer cette malade, je voudrais
encore ajouter quelques mots pour vous donner certains
renseignements qu'elle n'entendrait vraisemblablement
pas sans émotion pénible. Ils ont trait à ses antécédents
de famille. M"« D..., âgée de trente-quatre ans, lingère,
habitant G..., est venue à Paris le 5 novembre, sans le
savoir, pour y suivre le traitement préventif de la rage.
Elle a subi ce traitement dans son entier, sans s'en
douter, et n'en a gardé aucun souvenir. Le 10 novembre,
elle s'est présentée pour la première fois à la Salpétrière,
munie d'une lettre de M. le D»^ J... (de G...), relative à
la maladie nerveuse dont elle est atteinte. Après avoir
fréquenté le service durant une quinzaine de jours, elle
est enfin rentrée salle Gruveilher, n° 17. Sa mère, qui
était très émotionnable, n'avait point de véritables
attaques de nerfs, mais il lui arrivait parfois de tomber
à terre à la suite de discussions de famille ; elle est
morte d'ictus apoplectique. Son père serait, paraît-il, un
homme violent, ivrogne et débauché, qui s est séparé
de sa femme dans des conditions assez exceptionnelles.
Gette tare de débauche et d'ivrognerie, nous la retrou-