ÉTAT DE LA RESPIRATION
tendre les oiseaux de basse-cour. Cela ne s'arrête que ■la nuit quand la malade s'est endormie, ou encore durant le jour pendant que la malade est occupée à lire à haute voix ; mais à peine a-t-elle fini que la série reprend comme de plus belle. Un effort de volonté paraît n'avoir aucun effet inhibitoire.
Cependant la respiration est précipitée, peu profonde: on compte environ 56 respirations par minute. Mais <;ette précipitation n'entraîne aucune gêne sensible, aucun malaise, à moins que la malade ne veuille courir. Pas de douleur, pas de chatouillement à la gorge.
' Ici le fonds hystérique est représenté non seulement par les attaques convulsivcs et délirantes aujourd'hui disparues, mais qui ont inauguré la série morbide ; il est représenté encore par la présence de stigmates permanents caractéristiques, à savoir: l**hémianesthésie gauche sensitive et sensorielle avec perte du sens musculaire ; 2* anesthésie pharyngée à droite. Il n'y a pas de rétrécissement du champ visuel.
Dans ce cas, je l'ai fait remarquer, le bruit laryngé se produit au moment de Texpiration et appartient par conséquent au type « toux». Il est inspiratoire, au contraire, et, par ce côté, se rapproche du hoquet, chez le jeune garçon que voici.
2^ Cas. — Il est âgé de quinze ans, un peu adipeux, joufflu et pas mal empâté pour le moment. On ne relève chez lui ni antécédents héréditaires, ni antécédents personnels relatifs à la catégorie nerveuse. Il vit depuis quelques années dans un collège de frères religieux, où il prétend n'avoir eu à se plaindre ni de ses maîtres, ni de ses camarades. Il y a dix semaines environ, sans cause connue, il a été pris de maux de tête^ puis d'inappétence et de divers accidents qui ont été caractérisés, paraît-il, par le médecin, sous le nom d'embarras gastrique, et c'est huit jours après qu'il a commencé
RECHERCHB DES STIGMATES. 4&1
à ressentir les accidents nerveux qui ont persisté jusqu'aujourd'hui. Vous l'entendez, à des intervalles à peu près égaux,donner un bruitaigu qui rappelle assez bien le jappement, le glapissement d'un petit chien, avec cette différence toutefois, relative au mécanisme, qu'il s'agit ici d'un phénomène d'inspiration brusque. Vous pouvez, en effet, reconnaître qu'à chaque émission du bruit l'abdomen se soulève, et en même temps les épaules. Quelques petits mouvements concomitants de la tête et du tronc en arrière démontrent que certains muscles autres que ceux du larynx et de la respiration sont en jeu pendant la production du bruit.
Pas de chatouillement laryngé; aucun malaise; bon sommeil, bon appétit. Rien qui ressemble à des atta« ques, pas d'aura. Il s'agit donc bien là, si hystérie il y a, d'hystérie locale, au premier chef, d'après la définition que j'en donnais tantôt. Cependant la recherche des stigmates, tant s'en faut, n'est pas stérile. Il y a hémianalgésie gauche, et rétrécissement du champ visuel prononcé surtout à gauche. Aucune anomalie à signaler du côté des organes génitaux.
3« Cas. — Voici maintenant un cas comparable au précédent, mais plus accentué dans sa symptomatologie et à quelques égards plus complexe.
Il s'agit d'une jeune fille de vingt-trois ans, nommée B. M..., que je vous ai présentée déjà, dans le temps, comme offrant un exemple de mutisme hystérique, suivi de bégaiement. Le mutisme a disparu depuis plusieurs mois, mais le bégaiement persiste encore. Il n'y a pas à signaler, à proprement parler, chez cette jeune fille, d'antécédents nerveux héréditaires; mais elle appartient cependant à une famille de musiciens endiablés et pour la plupart sans doute un peu toqués. Son grand-père était violoncelliste à Valenciennes et exerçait en même temps la profession de marchand de chaussures; un de ses oncles, établi à Paris, cumule