VUE. — ODORAT
c'est trop cher. Ou bien c'est une amie qu'il rencontre déguisée en jaune : « Pige-la donc ! Elle va à TElysée-Montmartre... En V là une couleur... T'as pas honte de te promener comme ça dans les rues. On dirait que tu fais de la réclame pour un marchand de citrons... Ça te donne un teint de poitrinaire... T'as seulement pas trois sous pour prendre l'impériale. Quand on sort comme ça, au. moins on a de la galette (de l'argent) pour prendre une voiture... »
Un verre vert foncé le transporte auprès d'une ouvrière qui se sert de cette couleur (sans doute l'ouvrière en couronnes avec qui il cause dans son délire spontané, v. plus haut), a Ça déteint... ne te f... pas les doigts sur la fîgure... Alors tu badigeonnes comme ça toute la journée... pour qui ?... Âh ! oui, là-bas, près des Archives, en lettres dorées: fleurs artificielles.., Mais c'est de la camelotte, si ça déteint... Et tu badigeonnes comme cela toute la journée pour quarante sous... juste de quoi danser devant le buffet... Et puis avec ça, ça vous flanque des coliques... Eh bien! ça va bien... Fais attention, en voilà une qui va couler... »
L'odorat donne des résultats analogues. En lui faisant respirer l'odeur du phosphore, il s'adresse à un camarade qui a mis des allumettes dans ses poches. Elles ont pris feu et voilà son pantalon qui brûle.
Avec de l'alcool sous le nez : « Va dire au marchand de couleurs que c'est pas ça qu'il faut^ c'est un litre de vernis copal de vingt-six sous. Faut-il te l'écrire?... En v'ià une saleté! On va coller ça sur un meuble et le client fera une belle vie quand il verra que ça s'en va... Tu ne me crois pas? Tiens! tu vas voir, passe-moi le bec de gaz. C'est-il du vernis, cela? (il fait le geste de mettre le feu à quelque chose) v'ià que tu te sauves? C'en est-il, hein?... »
Respirer l'odeur du camphre lui donne l'hallucination d'un individu qui prise de cette substance. • C'est-il du sucre, gourmand, que vous vous fourrez dans le nez... c'est donc que vous avez un magasin d'épicerie, là-haut, dans le cerveau, que vous y envoyez tout ça par le monte^charges?... »
Avec de l'eau de Cologne, il voit passer une femme parfumée et s'adressant toujours à son camarade imaginaire : « Tiens ! regarde*la donc avec son petit chapeau rouge! Encore une qui va voir le brave général, pour sûr!... fie qu'elle sent bon!... Ah! malheur! passe-lui donc un doigt mouillé sur la ligure, sur son magasin à plâtre... Faut-il qu'elle pue pour se couvrir d'odeur comme ça!... Excusez madame!... je vous demande l'adresse de votre parfumeur... Voyons, ne vous fâchez pas... (à son camarade) chipe-lui donc son mouchoir, parbleu!...»