EIL PATHOLOGIQUE
îèdent, en tout cas, dans la vie commune ainsi que dans un songe, plaçant sur le même plan la réalité objective et le rêve qu'on leur impose, ou, tout au moins, entre les deux ils ne font guère de différence. J'ai fait placer «ous vos yeux un sujet de ce genre. Hab...,hystéroépileptique, est atteinte depuis de longues années d'anesthésie généralisée, complète, permanente, et chez elle les attaques répondent de tous points au type classique. Vous voyez qu'ici, bien qu'on n'ait employé aucune manœuvre d'hypnotisation, par conséquent à l'état de veille, nous pouvons obtenir à la fois et la contracture par la pression exercée sur les masses musculaires, les tendons, ou les troncs nerveux (contracture des léthargiques), et rimmobiïito cataleptiquo des membres placés dans les attitudes les plus diverses, et aussi à l'aide de légers frùlemenls, ou de mouvements à distance, la contracture somnambulique. Tous ces phénomènes somaMques se trouvent donc chez ce sujet en quelque sorte mélanges, coexistant au même moment sans distinction de périodes, contrairement à ce qui a lieu dans le grand hypnotisme. »
Je pensais alors que les caractères somatiques et psychiques du grand hypnotisme existaient chez cette malade à rétat de veille d'une façon permanente. Or, ce n'est pas ainsi que les choses se passent, et, en réalité, cette malade présente deux états; c'est là, en somme, un exemple de ce que Ton connaît sous le nom de dédoublement de la personnalité, et son cas est, comme vous l'allez voir, tout à fait semblable à celui de la jeune D..., que je vous ai récemment présentée (1). On dirait qu'il s'agit ici d'une reproduction en tous points fidèle do ce cas.
A propos de ces études sur les sommeil* pa/^o/ogiques que nous poursuivons actuellement, je trouve opportun de vous signaler le passage suivant que j'em-
HTPNOTISIIE ET SCOGESTION.
prunte h un travail que vient de publier mon ancien interne et chef de clinique M, Ballet, actuellement aLgrèfsé de la Faculté, et dont vous n'ignorez ccrlaineinent pas les importants travaux en neuropathologîe.
« L'histoire du sommeil morhide, dit-il [Ij, est presque à faire tout entière; c'est à peine si elle est aujourd*hui un peu mieux connue que l:i physiologie encore bien obscure du sommeil. Les récents travaux sur l'hypnotisme, les tout récents surtout, n'ont guère éclairci la question. On peut même se demander s'ils ne Font pas, à certains égards, obscurcie en faisant jouer à la suggestion un rôle que l'observation attentive des faits montre singulièrement exagéré, La simplilîcation systématique peut satisfaire l'esprit, mais elle ne projette pas toujours la lumière quand elle n'est pas rigoureusement conforme à la réalité. ■
Vous voyez, sans qu'il soit nécessaire que j'y insiste, à quels récents iraraitx fait allusion M. Ballet. Il est certain qu'on y présente les choses sous une apparence qui, à mon avis, ne répond pas tout à fait à la réalité. En effet, à en croire les auteurs décos travaux, quatrevingt-dix pour cent parmi vous. Messieurs, sOTaiont plus ou moins hypnotisables et susceptibles de présenter par conséquent, sous l'influence de manœuvres appropriées, le sommeil liypnotique que l'on nous dit, du reste, ne pas dilférer notablement du sommeil normal. No serait-il j>as indiqué do pratiquer, dès lors, sur vous, dans un but indicateur, cette hypnotisation en masse, pour ensuite, profitant <Ie la suggcstiblité aiasi développée che/. vous, vous faire entendre celte leçon, qui, on conséquence, serait acceptée sans réserve, et demeurerait gravée sans restriction dans votre esprit par le mécanisme de la suggestion post-hypnotique ?
(I) BalioL — l.d nûinmcil simulé chi'z ha aliéné$. \GA2ette
hàpUsiUx, 27 nov. 1890. n» 13G. p. tî58|
m sens, commo l'observation vulgaire, protestent contre de telles allégations; qu'il se trouve parmi vous un ou deux névropathos, je le veux bien, mais quatre-viniït-djx pour cent, je ne le crois ^uère. On n'hypnotise pas tous les sujets întlilTércmmetil, et, dans le sommeil hypnotique, qui n'est pas le sommeil naturel, soit dit en passant, on ne peut rapporter tous les phi^nomcnes indistirvîtemcnt à la HUg^eation. La su|^gestion, parTabus du terme, est devenue une sorte de n Dell» ex machina » dont il faut beaucoup se dt^fior. I M. Ballet ajoute du reste, fort sagement à mon avis:
« Si Von veut décidément vuirclair dans cette pathologie compliquée qui conccrno les différentes modalités du [ Bommeil morbide ou des états analogues, le mieux est ^^de prendre chaque fait, et chaque groupe de faits, et de ^■l'étudier patiemment sans idée préconçue, abstraction faite de toute idée théorique. L'heure de la systématisation n'est pas encore venue. »
I C'est cette méthode qui nous a guidé dans nos études,
I et c'est en nous y conformant que nous vous exposerons ^^]*histoire, très curieuse, comme vous allez voir, de ^Bnotre malade actuelle.
El
Hab... est née à Saint-Denis le 15 décembre 1853. Elle est donc àçée de 38 ans. Son père, très nerveux, est mort on 1871 d'un uloèro de l'estomac; il était à cette époque employé au chemin de fer du Nord et demeurait boulevard Ornano. 8a mère est morte tuberooleuse. Sa sœur a des enfants qui sont très nerveux.
Elle-même a eu des convulsions pendant son enfance;
levée cfiez les sœurs à Persan, toujours maladive, elle
n'a pu apprendre à lire. Vers 1878 elle entre, comme
infirmière, à l'hôpital Necker;là,elle est prise d'attatiues
coMvulsives et doit i[uitter son service. Elle est reçue,
mmo malade cette fois, à Necker d'aboi d, puis à Laboisière, dans le service de M. le professeur Proust, où elle présenta de la chorée et des crises de nerfs.
DÉOOtBLE34ENT DE LA PEIIS0NN.1LITË.
En 1880, à la suite sans doute de crises plus internes ou suivies de délire, elle est transportée à la Salpètrière, dans le service de M. Legrand du Saulle d^abord, et de là dans mon service où elle est restée depuis. En 188), après une longue période d'état de mal hystérique» — cet état de mal, que vous connaissez, est comparable à l'état do mal épileptique, avec cette différence qu'il ne •Nicccmpagne pas d'éJévation de la température, et no M termine jamais, autant qu'on sache, par la mort — ^o e^st tombée dans un état particulier, que nous i^peUerons son état second ou son état B, lequel a porsû&té depuiSi presque sans discontinuité, coupé seulement par quelques ran&s retours, tantôt spontanés, tantôt pro\oqué6| en tout cas de peu de durée, de l'état aiit«* rieur, état prime^ état A.
Il suit do là que, dans Tétat n* 1, Hab... connait tous l«^ événements de sa vie qui se sont passés avant ISëîs et i^-nort» co qui lui est arrivé de 1885 à 1890, — tandis que, dans l'état n* 2, elle se souvient seulement d«B divers incidents datant de cette dernière jvfrtode,
Ce|>endant ces deux états, si nettement séparés l'un do rauir«^ sont encore rattachés l'un à lautre par un fbnds commun. Dans TéUt D, en effet, il reste de l'aneieiUM paraonnalité les ados automatiques, marche, limiÇr, ntffi ^arguirrïtirnidr Penfanceetdela première JauMiBO^ On no connait pas, du reste, je le crois du moiaa» do cas d« dédoublement de la personnalité, dans liaiquola le nouveau moi n*ait pas hérité de ces mêmes •daa automatiques à un certain degré.
Noua allons maintenant, par une étude successive, cv * *,> 1^ oanictères de l'une et de Tautre
p« malade.
Daiis sa seconde personnalité, dans l'état B, Hab... e«t aneathéttique totale, La perte de la sensibilité est cutané<^ et profonde et intéresse le sens musculaire.
DE VIGILAUBULISME.
le ne sent pas les piqûres faîtes en les divers points du uraent externe : je puis tortire violemment les articulations sans provoquer aucune douleur. Lorsque je 'invite à chercher, sans le secours de la vue, sa main cite avec sa main gauche, elle n'y arrive pas. Si, fin, nous lui fermons les yeux, elle tombe lourdement r terre pour peu qu'on ne la soutienne pas. j Le sons de l'ouïe et de Todorat seuls gardent une intégrité relative ; il existe un rétrécissement du champ [ visuel très prononcé (30"), et, de plus, de l'achromatopsie j pour toutes les couleurs. Je vous rappelle que ce phénoj mène est beaucoup plus fréquent chez les hystériques { femmes que chez les hystériques mâles, et que cette
(achromatopsio diffère de celle des ataxiques en ce que derniers perdent la notion du roufye et conservent au traire le jaune et le bleu.
. ,. offre, en plus, de l'ovarie double, une zone itéro^'-ène sur le vertex, et des zones hystéro-frénaes dans les doux ilancs. Ses attaques convulsives t relativement rares. Elles sont régulièrement conlormes au grand type.
^^ Mais son état psychique est surtout particulier ; elle ^■'est renseignée que sur les faits récents, datant des ^cinq dernières années. C'est ainsi qu'elle ne sait me répondre où elle est née, ce que fait son père, s'il est vivant ; pourquoi elle n'a pas de nouvelles de ses autres parents. Elle ne connaît ni M. LegrancI du Saulle, ni M. Proust, dans le service desquels elle a séjourné longtemps.
Par contre, elle se rappelle qu'elle était Tan passé au
balde la mi-carème, dé^^^uisée en magicienne» qu'elle a
site l'Exposition en compagnie d'une de ses amies ;
M© nous raconte même les détails de cette promenade,
l'y a intéressée, la Tour Eiffel, les Annamites, etc.
croit qu'elle est entrée â la Salpêtrière il y a 5 ans,
**oonnaît, en effet, toutes les personnes du service qui
**ïsont succédé depuis cette époque.
ÉTAT NOBUAL.
Enfin, particularité bien intéressante, elle sait lire, écrire et calculer clans cet état B ; c'est qu'une malade du service (la nommée L...) a entrepris de Tiii^struire A y a ({uatre à cincj anK, et e-st parvenue à lui mculquer ces notions élémentaires.
Je vous fais remarquer, en dernier lieu, que, d^ius ce même état B, Hab... présente tous les caractères du grand hypnotisme. Je frappe, pas bien fort, la table du poin^, et vous la voyez aussitôt s'immobiliser en catalepsie ; le» membres conservent la situation qu'on leur imprime, et, lorsque leurs attitudes sont expressives, elles entraînent dans la pliyHÎonoinie des jeux appro* priés. On provoque aussi aisément chez elle la contrac* ture léthargique par la pres&ion des muscles ou bien des nerfs, et la rontracture somnambulique par lo simple frôlement de la pean. La malade est éminemment su^^estible ; il eut facile delui taire accepter pour vraies les assertions les moins vraisemblables. Ijx seule différence qui existe ici avec les pht^nomènes du frrand hypnotisme est que les divers éléments de cet état y sont mélangés, au lieu d'y élro groupés de façon à constituer des états distmcts.
Nous allons, à présent, examiner coiiiparativemcnt Hab... dans son état A. L'injonction simple suffit, pour peu qu'elle soit énergique et répétée, à provoquer le retour de la personnalité primitive. On lui dit impérieusement, il plusieurs reprises : « Allons, réwille-toi î » elle répond à chaque fois : « Que me voulez-vouH V je ne dors pas, je no dors pas. » Cependant, elle se tord les mains, semble faire un ^Tand t-ffort, et bientôt on voit le cou se gontler, un bruit laryngé se produire, la tête et le tronc se renverser en arrière (esquisse d'arc do cercle!, en même temps ipie les membres s'étendent violemment..., etc. C'est une esquisse d'attaque, et tout parait rentrer dans Tordre, mais dési:)rmais nous allons reconnaitro les caractères de l'état prime, état A.
DAN? LE VtGILAUBULlâMB.
Dans cet état, où vous la voyez maintenant, la malaile esi irèn noUblemcnl moditiêe en eu qui roacurne les sdgtnatcs hystériques. Hab... n'est plus anestbésique totale, mais seulement hémianesthésique gauebe. Son obamp visuel est de 60' au lieu de 30 \ elle n'a plus d^achromatO]>sie que de rœil gauche.
Elle f^e rappelle, maintenant, très précisément les dJTcrs incidents de son cxistenoe jusqu'à J885. Elle répond exactement a men demandes sur son lieu do viaissance, son éducation, la perte de ses parents. Elle sait qu'elle a été autrefois à Nccker, puis à Lariboisière ; ^llc reconnaît parfaitement M. le professeur Proust, qui xious fait précisémentl'hanneurd'assi&terû notre cours, «t qu'elle nous disait tout à Tbeure ne pas connaiLre, %ien qu'elle l'eût rej^ardé attentivement. iVautre part, ^le croit que nous sommes on Tannée 1885 ; elle se dit Mgéo de 32 ans et non plus de 38 comme tout à Tbeure,
c'est en effet l'â^^e qu'elle avait en 1884-1885. Elle
vie connaît plus les personnes du service actuel, mais Ue déc^line les noms des internes et chefs de clinique i se sont succédé do 1880 à 1885.
Elle ne sait plus ni lire, ni écrire, ni calculer et affînne que la malade L,.., qui, vous vous le rappelez, lui a ser\i de professeur en ces matières, n'est ici que «Icpuis quinze jours. Kilo est, en effel, entrée dans le service une quinzaine do jours avant l'état de mal qui a ïhangéla personnalité d'Hab... : « C'est une nouvelle », iit-elle en la voyant. Elle ne sait pas ce que nous voulons dire avec l'Exposition, la Tour Eiffel, les Annamites; [Bûais par contre elle se rappelle la guerre, le sièj^e, les iinbo.s (|ui tombaient dans le quartier Ornano où elle Habitait alors. Enfin, nous ne retrouvons plus chez elle *ueun des caractères somatiques ou psychiques de l'hypnotisme (catalepsie, contracture, suggostibilité) lui se montraient à un si haut dcLTé dans l'état B.
Ces périodes d'état A sont, en içénéral, assez courtes. ËUea ne durent guère que cinq à quinze minutes. Ce
176 ATTAQUE d'htSTÉRIE A FCRMB \ IGILAMBULIQUE.
sont les mêmes phénomènes de commenoement d'atta^ que, moins accentués cependant, qui président a \m transition de Tétat A dans l'état B. Cette transition s4 fait soit spontanément, soit par intimation.
Je ne veux pas entreprendre de vous expliquer ccal phénomènes, car je pense que dans leur étude nous' n'en sommes encore qu'à la phase d'observation cli-! nique. Au point de vue nosographique, mon opinioa est qu'il s'agit là d'une attaque d'hystérie transformée^ Ces états de vigilambulisme me paraissent tout à faîl| analogu&s à ces phases délirantes (somnambulisma! hystérique) dont je vous ai montré des exemples, etqufi sont, elles, incontestablement des modifications de là troisième période de la grande attaque d'hystérie (Voi^ plus haut, n*^ XXVII et XXVIII). Il y a, en tout cas, «I faire valoir, dès à présent, que ces deux manifestations,! si différentes en apparence, délire et \âgilambuliBmeJ ont cependant pour trait commun de se développer entre deux attaques hystériques. La scène dans les deux cas est inaugurée par une attaque et terminée par une attaque. 1
J'aurai, du reste, un jour l'occasion de vous 'présenter des arguments et des faits nouveaux qui me paraissent^ plaider éloquemmenten faveur do cette manière de voir. 1
Documents pour servir à l'histoire des Boxnnaxnbulisznes .
m dédoublement de La personnalité d'origine hystérique {vigilambulisme hystérique] (1).
Dans un travail publié rôccmmont, dans le Progrès mé- Hcail ("2). j'ai étudié, sous ses divers aspects, le somnam- 3)ulismc liy&tériquo considéré en tant (jue représentant, iaforméme:it aux vues do M. le I" CiiaruoL, la troisième période tle la grande attaque d'tiystérie. Dans la description îlaasiqtic do l'attaque, donnée par lui, celte période, tite phase des attitudes passionnelles, présente un lévcloppement proporlionnc à celui des doux autres pélodes. La première, phase épileptoide, est généralement )a plus courte ; la deuxième, celle dos grands mouvements <:onvu1sirs, est de toutes les trois la plus longue et la plus «développée; la troisième tie:it lo milieu entre les deux jîrécédcntcs.
Mais, do môme que les deux premières peuvent ou bien s'isoler complèloment, comme il arrive dans la petite at- T:aque d'hystérie consistant principalement en grands rnouvements, ou bien prendre un développement prépon- <3éninl, ainsi que cela se voit pnr exemple dans l'état de Ttiwl hystérique épileptiforme, où la phase épileptoide prédomine a un haut degré, de mémo la période des attitudes
(Il Par Georges Ouinon. — Ce Iravail, puljliû dans lo l-'rogrès ^^dïc.i/ ilS'îl, est le développement, avec apport d'observations nouvelles, dos idt^cs exposées par M. le P' Charcot dans la leçon P»*c«deQte (n» XXIX). (G. G.).
I*) Georges Ouinon. — Documents pour servir à l'histoire rf« Momnamfjulisrnes ; du somnamoulisme hystérique, etc. tProyr. Mcd., 1891. n ' "^O. 21, Î3, ?0, 29 et 'i\ et plus haut ïCXXVlII. p. 70).
CHAncoT, T. u 12
SOMMAMBrUSUE HTSTÊRIQUE.
passionnelles peut, dans certains cas, prendre la place principale parmi les autres phcnomcnos de ratlaquo. On se trouve alors en présence soil de l'attaque délirante, soit do l'attaque do somnambulisme.
.l'ai montré, dans le travail cité plus haut, sous quels dilTôtents aspects peut se présenter celte modalité piirliculiôro de l'attaque hystérique. On la rencontre fréquemment dans riiystérie des enfants, petits garçons et petites filles, chez qui elle revêt le plus souvent la forme délirante.
Mais, dans ces divers cas, il y a à considérer un certain nombre de nuances (]ui font que tous lus malades, bien qu'identiques quant au fond, ne se ressemblent pas tous quant ù la forme. L'attaque à forme do délire se voit do préférence chez renfant. L'élément convuUif est réduit à peu de chose, mais cependant encore fort accentué. Le délire est surtout de nature hallucinatoire, souvent violent. Los véritables somnambules hystériques, au contraire, sont plus tranciuillcs. Ils sont toujours, bien entendu, en proie à un délire actif, provenant principalement d'hallucinations, au milieu desquelles les visions zoopsiques, revenant plus ou moins souvent, achèvent de donner à ce phénonkène un cachet hystérique non sans importance. Niais encore p;irmi eux que de différences suivant les cas! Les uns, complètement et profondément concentrés dana leur délire, sont incapables de communiquer avec l'extérieur et c'est à peine si les impressions sensorielles les plus simples peuvent arriver à provoquer chez eux des modifications dans les conceptions délirantes, modifications d'ailleurs toujours imprévues chez le malade qu'on examine pour lu première fois, pour celte raison qu'il transforme toujours à son gré^ et en dehors do la volonté do l'operateur, fimpression reçue en une hallucination ou une série plus ou moins complexe d'hallucinations.
D'autres, au contraire, beaucoup moins concentrés, bien qu'Us soient toujours inconscients du lieu où ils se trouvent.supprimant tout ce qui les entoure ou le transformant pour l'incorporer dans leur délire, peuvent entrer jusqu's un certain point en communication avec le monde extérieur. Le médecin peut les impressionner, cliangar I0
PERSONNALITÉ SOUNAUBUUQUB.
cours de leurs idées déliruntes, par des excitations plus compliquées, telles quo la parole, par exempte.
Entre coh derniers, a côté de qui une personne non prévenue risquerait do passer suns se douter qu'ils sont en pleine attaque d*hystérie, et les premiers, les délirants, doat on se gare quelquefois comme de fous furioux, tous les types do transition se rencontrent, constituant les formes très vartoea en apparence, mais identiques dans le fond, sous lesquelles peut se présenter le somnambulisme hystérique.
Mais ce n'est pas le seul aspect clinique quo peut revêtir la troisième phase de Tnltaque d'hystérie. Il en existe enivre un autre, vraiBeniblablcmcnt beaucoup plus rare à la vérité, maiâ non moins intéressant à étudier dans ses manifestations. C'est le dédoublement de la personnalité de nature hystérique.
Déjà, dans le somnambulisme hystérique, on peut dire, en s'en tenant au sens strict dos mots, qu'il y a dédoublement de la personnalité. Il pariUl, on effet, exister deux \ie8 distinctes chez le somnambule hystérique. La personne délirante vit une vie A part dont les morcctiux, constitues par les diverses attaques de somnambulisme, se relient les uns aux autres. On peut voir, en effet, ainsi cjue jeu ai montré un exemple bien probant, le somnaral)ule conserver le souvenir des actes exécutés dans une période somnambuIi(iue antérieure ; et cela avec une pré- <:i8ioa telle que le malade en question était capable, pen- <iant une crise, do continuer, sans erreur dans le numér^oiage des puges, un manuscrit commencé dans une -attaque somnambulitiuo survenue trois semaines aupa- ■*svant. Il y a donc lâ^ en réalité, une seconde vie, vécue jîar une seconde personne, et qui peut prendre, dans cer- Vains cas, un développement assez considérable, puisque l'on voit ce somnambulisme hystérique durer jusqu'à dix .lours pleins (Ous. de la nommée .Sch... dans le travail déjà cité; voir plus haut, p. 102).
Ce n'est jkis, d'ailleurs, dans le somnambulisme hystérique seul que Ton observe un dédoublement de L'individu «ndeux personnalités différentes. La plupart des psycholo^es admettent qu'il existe en nous, à l'état normal.
JbSMÏ