‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 76 sur 95 · AURAS VISUELLES · texte numérisé non relu

AURAS VISUELLES

[Lfeux cas,)

Los troubles qui constituent les auras visuelles peuvent être très divers. Les phénomènes hallucinatoires qui les caractérisent varient du plus simple au plus compliqué. On trouve dans les auteurs des exemples d'hallucinations visuelles extrêmement complexes. Les deux cas que nous avons observés sont assez simples. Mais Tun d'eux (Ohs. XV) est particulièrement intéresfiantpar la nature du trouble visuel qui caractérise l'aura.

^B ObSBRVATION XIV.

f Ah.., Julia, 31 ans.

1^^ Début \ Vh^e de 5 ans et demi, par une acrie d'accès siir-

^H^enue dans la nuit, après mie frayeur éprouvée dans la journée

^^réirédonte ; jusqu'à l'apparilion des règles, accès noolurnea.

sans aura, tous les huitjours. Depuis la puberté, acoèa diurnes,

CaraCtérisUques, toujours précédés de l'aura.

Aura: Diplopio subito et de très coiirto durée, puis apparition dans le champ visuel d'une boule jaune, grosse comme une pomme, se déplaçant Dontinuollement, scintillante, visible même les yeux fermés. Durée : un quart d'heure au maximum. Puis sensation rapide d'engourdissement remontant des brus à la tète, enfin perte de connaissance et accès. Quelquefois à à la sensation visuelle s'ajoute une sensation auditive : bruit ,e i^rands coups do marleau.

Prodromes ôloii?nc3 pendant deux ou trois jours: agitation, violence, boulimie, apparitions passagères et courtes de la boule scintillante.

Depuis six mois les accès, exclusivement nocturnes, ne sont plus précédés d'aucune aura.

CHAflCOT, T. U. 26

40^ ÉPILEPSIB ET MIGftAIHB Of HTHALMIQOE.

Observation XV.

Ren... Henriette, t& ans. couturière.

Père orifjinal, aurait eu, à la BUite d'une peur, une perle do connaissance, suivie d'une maladie nerveuse ayant duré un an.

Début à ï'i ana, sans cause connue. Accus caractéristiques. de fréquence variable, onze en quatre ans, avec un intervalie d'un an.

Aura: Pendant les cinq minutes qui précèdent la crise, vision de carreaux lumineux (2 cent, décote environ), d'abord blancs, puis colorés ■succeasivcraent en rouge, bleu, vert et violet. Kn même temps, la malade entend une voix d'tiomm« qui rit. Se produit constamment avant chaque attaque.

De plus la malade présente depuis deux mots, dans Tintervalie des accùiï, tous les signes d'une migraine uphth.\lmiqu6 très violente et très intense. Elle souffre du mtil de tète, souvent localisé au-dessus du sourcil gauche, presque constam* ment, et d'une façon permanente a devant les yeux le (icotom« scintillant parfaitement typique. La crise de miîrraine est quelquefois accompagnée de sensation d'onii^ourdissement dans les doigts do la main droite, jamais dans les lèvre? ou la face.

Aucun signe d'hystérie, sauf un double rétrécissemeat concentrique du champ visuel à 45'> à gauche et hi)'' à droite.

Six mois de traitement bromure à hautes doses ont tout fait disparaître : accès, mierraine. rêtrecissoment du champ visuel. Nous n'avons plus revu la malade depuis cette époque.

Ce cas est rendu curieux parle fait do la coexistence de deux sortes do troubles visuels différents : l'un, constitué par la vision de carreaux lumineux etcoloréa» et formant l'aura de l'accè-s épilejïtiquo; l'autre, représenté par le scotomescintillanttyptquef otfaisfint partie de crises de mig^raine oplUhalmiquc clas.sique. Si ce dernier phénomène avait seul existé, concurremniont avec les crises convulsives, on aurait pu penser qu'il s'agissait .simplement de miffraineophllmlmique accompagnée, les attaques épileptiformes faisant partie de la symptomologie de cette migraine. Mais le trouble visuel qui constituait l'aura était bien différent du scototne scintillant ot la malade savait parfaitement les distinguer l'un de Tautre. Il est donc vraisemblable d'admettre qu'il s'agissait là de doux affections séparées :

AURAS ACDIT1VR8.

mal comitial et migraine ophthalmique, à moins de supposer, ce qui est admissible à la rigueur, que les crises do migraine ophthalmique ne fijcruraient que comme équivalents do l'accès épileptiquo.

Reste le rétrécissement concentrique double du champ visuel, (jui a été constaté dans celte jeune filleà deux reprises ditférontes. Ce phénomène ne peut relever de la migraine dans laquelle c'esi généralement Thémianopsie que Ton rencontre. Mais alors était-elle donc hystérique? Aucun autre symptôme, anesthé6ie,ovarie, etc., n'était là présent pour faire admettre une pareille hypothèse. D'autre part on sait que le rétrécissement concentrique ne s'observe jamaisâ l'état permanentdans répilepsie pure. Il peut, il est vrai, s'y rencontrer à l'étal de phénomène transitoire, dans la période plus ou moins longue qui suit l'accès. Or il est bien certain que tout ce qui n'était pas migraine chez cette jeune fille était indubitablement épileptique. La description de Taccèa avec morsure de la langue faite par une personne intelligente, qui Pavait souvent observé, ne laissait aucune hésitation à cet égard. Force est donc de rester dans le doute au sujet de la nature de ce rétrécissement du champ visuel. S^agissait-il d'hystérie commençante? Peut être; en tous cas il n'est pas inutile de faire remarquer qu'ila disparu avec tout le reste : mal comitial et migraine.

Quant à la durée et au caractère définitif de cette guôrison, nous ne saurions être afflrmatifs à ce uujetj n'ayant plus revu la malade six mois après la disparition des symptômes.

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