‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 87 sur 95 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Pour nous résumer en quelques mots, il ressort de cette étude que Taura de Taccès épileptique paraît être encore un peu plus fréquente que ne l'ont dit même les auteurs qui donnent les chiffres les plus élevés, et que, parmi les diverses formes de Taura, il en est une, Taura hystéroïde, qui paraît particulièrement fréquente, bien qu'elle n'ait pas jusquaujourd*hui spécialement attiré l'attention.

La Policlinique de M le Salpêtrière

P' Charcot à la

Le service de policlinique, alimenté par la consultation du mardi, constitue l'une des parties les plus importantes do la clinique de M. le P' Charcot à la Salpêtrière. Il comprend tous les malades non hospitalisés, venant pour consulter le professeur, tant de Paris que do la province et souvent même de l'étranger. Le nombre dos individus qui le fréquentent est considérable et c'est parmi eux que se recrutent la plupart du temps les malades intéressants qui font le sujet des leçon» cliniques de AI. Charcot, une fois qu'il les a admis à l'hospice, afin de les étudier mieux et plus complètement. A ce point de vue, c'est donc un rouage presque indispensable du service. Mais c'est de plus un élément très important d'études pour tous les médecins et étudiants attachés à la clinique. En effet, on voit plus là en quelques semaines qu'on ne voit partout ailleurs en plusieurs mois, et l'examen répété du professeur, en particulier dans les cas difilcileH, constitue un élément d'instruction précieux pour tous les élèves qui fréquentent le service (2).

Le service est d'ailleurs organisé d'une façon toute particulière, qui permet à tous do profiter de ces nom-

(1) Par Georços Guinon, clierde clinique (Inédit).

(2) Voir à ce Hujet la prûface de M. Buliusk.i. qui pr(o£do le pieraier volume des Leçons du M&nli de M. ie P'' Charcot.

OnOANISATION DE LA POLICLINIQUE.

breux éléments de travail. Le mardi matin, jour de la consultation, dès la première heure, aussitôt que les malades ont commencé à emplir la salle d'attente, [M. les internes de M. Charcot pratiquent un premier examen. Les malades sont triés d'avance en deux catégories, ceux qui, ayant déjà consulté, sont on cours de traitement et ceux qui viennent pour la première fois. Ces derniers sont examinés sur le champ par MM. les Internes, qui dressent avec le plus de précision possible une première liste de diagnostics.

A son arrivée à l'hospice, M. Charcot trouve cette liste prête et il choisit tout de suite, parmi les cas jugés à première vue les plus intéressants, un certain nombre de malades qui lui l'ourniront une partie des éléments de sa leçon du jour. Une fois la leçon Unie, vient le tour du chef de clinique, qui, aidé de quelques externes du service, finit la consultation, c'est-à-dire pratique Texamen et institue ou change le traitement de tous les malades restants, nouveaux et anciens.

Leur nombre étant toujours considérable (il en reste toujours au moins 60 ou 70, quelquefois 90 et plus], on conçoit quHl n'est possible de consacrera chacun qu'un temps fort court. Lorsque le diagnostic est clair et facile à établir, cela est tout simple: la malade est imiaédiatement nanti de sotï ordonnance, dont il va suivre chez lui les diverses prescriptions.

Mais il est loin don être toujours ainsi. Dans nombre decas il est impossible de poser eA:a6rup/o, en quelques minutes, un diagnostic positif. On fait alors revenir à l'intérieur de Thospice, les autres jours de la semaine, par petits groupes, les malades de cette catégorie et l'on peut consacrer à leur examen tout le temps nécessaire. Leur nombre est assez considérable pour que ce service d'examen, à l'intérieur, des malades difficiles do la policlinique, ait pu occuper exclusivement, en 1891, Tun des trois internes de M. Charcot.

Ce n'est pas tout, A la policlinique se rattachent in-

GUXIOCSS ANNEXES

timement divers ser\ices annexes qui sont de première nécessité au point de vue clinique et thérapeutique. La plupart des cas de tabès, de sclérose en plaques, de paralysie irénérale, d^hystérie, d*épilepsie, de tumeurs cérébrales, de paralysies oculaires, etc., etc., passent auser\ice d'ophthalmologie dirigé par M. Parinaud, qui fournît sou vont sur eux, au point de vue du diagnostic, des renseigneoïents de première importance. Les paralysies facialcâ, les surdités, les mutismes, les aphasies, les vertiges de Ménicrc, etc., sont examinés par M. Gellé, chargé du service d'otologie, derhinologie et de laryngologie. Entin, l'important service d'électrothérapîe, dirigé par M. Vigouroux, est fréquenté par un nombre très considérable d'amyotrophiques, d'hystériques, de paralytiques de toutes sortes, qui y vont chercher une thérapeutique appropriée ou des renseigncmentis d'électro-diagnostic d'un intérêt capital en clinique.

On ne saurait trop insister sur l'importance de ces branches annexes de la clinique et sur [es servioeB nombreux qu'elles rendent tous les jours aux malades et aux médecins. M. Gellé, qui est à la tête du service d'utologie et de laryngologîe, a dressé à deux reprises la statistique de son département rien qu'au point de vue otologique, et les chiffres qu'il a publiés sont assez éloquents par eux-mêmes (i).

En 1890 il a donné 545 consultations et vu 227 malades nouveaux. Parmi ces derniers, 60 appartenaient au service de clinique de Thospice; il restait donc J67 malades venant de la policlinique. En ! 891 -92 (année scolaire), le chiffre des consultations a été de 510; sur un nombre total do malades s'élevant à 334, 268 appartenaient â la policlinique. Il suflit de parcourir les statistiques do M. Gellé pour se rendre un

(I) QoUô. — Clinique otologique annexé du, service de M, U P'Ckarcoti statiHiiquv de 18%. iProy. méd.. 1891, ii** 38, 40. 41, ni et aiaiistique de 189I-y2 {Arch. de Neurol., 181)3, ii* 7^).

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